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Embuscade de Surobi

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Embuscade de Surobi

Message par Admin le Mar 9 Mar - 7:14

L'embuscade de Surobi, ou bataille de Surobi (aussi écrit Saroubi) ou embuscade de la vallée d'Uzbin (aussi écrit Uzbeen) est un engagement militaire entre une patrouille de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) composée de soldats français, afghans et américains, et des insurgés talibans et du Hezb-e-Islami Gulbuddin dans le cadre de la guerre d'Afghanistan. Elle s'est déroulée les 18 et 19 août 2008 à une cinquantaine de kilomètres de Kaboul autour du village de Sper Kunday, dans la vallée d'Uzbin, au nord du district de Surobi.

Dix soldats français ont été tués et 21 autres ont été blessés.

Le 18 aout, une patrouille composée d'une centaine d'hommes quitte la base opérationnelle avancée de Tora à bord d'une vingtaine de véhicules blindés. Elle comprend une section du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine Carmin 2, une section du régiment de marche du Tchad Rouge 4 accompagnés de 2 sections : une de l'Armée nationale afghane (ANA), l'autre de la garde nationale, composées de 15 hommes sur 2 pickups, et 12 membres des forces spéciales des États-Unis, composés d'une équipe de soutien aérien rapproché JTAC et son escorte. La mission consiste à reconnaitre le terrain et prendre contact avec les populations, point important dans une guerre contre-insurrectionnelle, c'est-à-dire reprendre une zone abandonnée aux talibans. La vallée d'Uzbeen est moins déserte que les autres vallées alentour et est peuplée de 30 000 habitants. La patrouille s'attend à trouver des insurgés talibans dans la vallée.

Pendant ce temps, 140 insurgés prennent position sur le col que la patrouille doit traverser. Cette préparation des insurgés avait fait suspecter une fuite d'information volontaire ou forcée provenant notamment de traducteurs afghans, disparus peu auparavant du camp de Tora. L' embuscade été préparée en deux heures à peine par trois unités de talibans afghans. Une partie d'entre eux vit au Pakistan qui n'est qu'à trois heures de la vallée de Surobi. Le pays et les zones tribales pakistanaise abritent des millions de réfugiés afghans, la frontière est extrêmement poreuse et permet le passage de combattants ou de nombreux trafics tel que l'opium et les armes. Ces talibans étaient généralement soutenus par les services secrets et une partie du gouvernement pakistanais du président Pervez Musharraf. Une certaine rivalité existe entre les talibans et le Hezb-e-Islami Gulbuddin qui ne sont alliés que momentanément contre les forces de la FIAS.

Vers 13 heures 30, après avoir débarqué de quatre véhicules de l'avant blindé (VAB) parce qu'il était impossible de poursuivre par la piste[22], une partie de la section Carmin 2 accompagnée d'un légionnaire du 2e régiment étranger de parachutistes et d'un interprète, soit 24 hommes, effectue à pied une reconnaissance d'un petit col à 1 750 mètres d'altitude situé à l'est de la vallée d'Uzbeen et contrôlant les accès dominant le village de Sper Kunday, et situé à 10 kilomètres à peine de leur base. Les quatre VAB de Carmin 2 et leurs équipages, soit 8 hommes, restent en soutien au pied du col, plus loin se trouve la section Rouge 4. La section de l'ANA est retardée suite à une panne et rejoindra le village plus tard. La section de la garde présidentielle, en fait une unité de police, garde un barrage plus bas dans la vallée.

La colonne s'étalant, les premiers éléments arrivent à 15 heures 30 ou 15 heures 45 selon les sources à 50 mètres du but. C'est alors que les talibans, situés sur la crête nord, ouvrent le feu avec des fusils de sniper SVD Dragunov, des fusils d'assaut AK-47 et des lances-roquettes RPG-7. L'avant garde de la section Carmin 2 est débordée, prise par surprise et combattant à un contre cinq. Les combats sont confus, ont lieu dans la poussière, les belligérants sont très proches et il y a des pertes des deux côtés dès les premières minutes de l'engagement. Le chef de section, l'adjudant Gaëtan Evrard, blessé, compare à la radio la situation à la bataille de Bazeilles. L'interprète et un opérateur radio sont mortellement blessés, une deuxième radio est détruite et la colonne se disperse pour chercher des abris et s'éparpille sur 200 mètres. Simultanément, les talibans attaquent depuis une crête au nord du village l'arrière de Carmin 2, c'est-à-dire le groupe de VAB qui est 600 mètres plus bas. Les VAB répliquent à la mitrailleuse de 12.7mm pour soutenir l'avant de la colonne qui est fixée, c'est-à-dire immobilisée par les tirs ennemis. Les soldats français décrivent des talibans combattant avec des techniques occidentales, et ayant parfaitement préparé l'embuscade, coinçant les Français dans ce qui est décrit par les survivants comme une « zone [qui] était comme un fer à cheval. Nous étions en plein centre, encerclés.» La section Rouge 4 du régiment de marche du Tchad, qui était placé en appui à un kilomètre du village, se porte au secours de la section prise sous le feu et atteint les abords de Sper Kunday huit minutes plus tard, mais sans faire la jonction avec l'arrière de Carmin 2, toujours fixée, et ne peut que la soutenir à distance avec ses mitrailleuses et quatre tirs de missile Milan. Elle est aussi engagée par les tireurs talibans et ne peut déployer ses mortiers, pourtant réclamé par Carmin 2. Les positions des talibans sur les crêtes d'un cirque leur permettent de manœuvrer pour essayer d'encercler la patrouille en descendant vers les abords du village. La patrouille est prise au piège et presque encerclée, elle peine à maintenir libre l'accès vers la vallée.

La patrouille demande des renforts dès 15 heures 52, puis le chef de section de Carmin 2 demande un appui aérien, à 16 heures 10, guidé par l'équipe JTAC américain. Deux McDonnell Douglas F-15 Eagle américains en alerte arrivent quelques minutes plus tard mais ne peuvent bombarder car français et talibans sont trop proches les uns des autres, une manœuvre tactique des talibans qui avaient anticipé la riposte aérienne. Les Fairchild A-10 Thunderbolt II arrivent 10 minutes plus tard, mais sans pouvoir tirer dans l'immédiat, eux non plus, à cause de l'imbrication. Une autre explication est que le JTAC américain était encore en formation et n'a probablement pas pu fournir un ciblage complet, ce groupe a été relayé une heure plus tard par un autre JTAC américain posté sur une crête proche.

La position est intenable pour la partie de Carmin 2 en haut du col qui essaye de se mettre à couvert des tirs croisés extrêmement précis en ripostant au Famas, des duels de snipers ont lieu, les talibans sont si proches que les français utilisent des grenades à main pour se dégager, certains soldats se sacrifient pour couvrir la retraite de leur section et de leur sous-officier, maintenir le contact radio ou pour tenter de secourir les blessés. Les munitions commencent à manquer pour Carmin 2. Le lieutenant qui dirige la section rouge 4 dira plus tard que « C'est un miracle qu'on s'en soit sorti ! ».

La force de réaction rapide appelée en renfort depuis Tora rejoint la zone de combat une heure vingt minutes après le début de la bataille, soit 17 heures 05. Elle est composée d'une section Rouge 3 du Régiment de marche du Tchad et Carmin 3 du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, renforcée d'un groupe d'appui disposant de mortiers, de VAB avec canons de 20 mm et de missiles Milan ainsi qu'une équipe EOD. Elle est prise à partie avant d'arriver au village mais réussit à fournir un tir d'appui à Carmin 2 et Rouge 4 et ravitailler l'équipage des VAB de Carmin 2 en munitions. Pendant ce temps, les talibans reçoivent également des renforts.

À 17 heures 50 les talibans continuent l'encerclement malgré les renforts et s'approchent dangereusement de Sper Kunday. La situation devenant critique les Fairchild A-10 Thunderbolt II et les Bell OH-58 Kiowa commencent leurs appuis aériens malgré la proximité des combattants. Ils attaquent les positions des insurgés pendant une heure pour les empêcher d'encercler Sper Kunday et de poursuivre les éléments de Carmin 2 qui commencent à regagner le village, le plus souvent par petits groupes. Certains témoignages de soldats feront état de tirs amis lors de ces bombardements ou par des soldats de l'armée nationale afghane, informations démenties par l'état-major. Deux hélicoptères UH-60 Black Hawk américains essayent d'évacuer les blessés mais ne peuvent se poser à cause des nombreux tirs talibans.
Au crépuscule vers 19 heures 30, Carmin 2 continue à se désengager, mais l'essentiel de la colonne est toujours quasiment encerclée, les talibans essayant encore d'encercler le village et les mitrailleuses de 12.7 de Carmin 2 commencent à manquer de munition. En tout certains éléments de Carmin 2 vont rester 4 heures encerclés sans renfort, dont une bonne partie sans autre munition que celles de leur FAMAS, d'autres plus de huit heures. Une partie d'entre eux a l'impression d'avoir été abandonnés, mais l'état-major souligne que la perception du temps au cours d'un combat est altérée et que la compréhension des événements est réduite.D'autres ravitaillements en munitions et surtout en eau ont été effectués pendant la nuit.

Une demi-heure plus tard, les renforts en provenance de Kaboul arrivent par la route. Ils sont constitués de trois sections du RMT ainsi que des appuis lourds sous la forme de mortier de 120 mm. Les premiers blessés sont évacués par hélicoptères. Des drones Predator guident les tirs alors qu'il fait nuit.
À 22 heures 00, les renforts venant de Kaboul reprennent les abords du village. Des hélicoptères Bell OH-58 Kiowa et des avions Lockheed AC-130 américains traitent les crêtes aux alentours. Deux heures plus tard la zone est sous contrôle, les tirs ont cessé à Sper Kunday et la section Carmin 3 suivie de la section Rouge 3 du RMT reprend les positions perdues sur les pentes menant au col. À 1 heure 40 le 19 août, les premiers corps des soldats sont retrouvés. Pendant la nuit les forces spéciales norvégiennes aident à retrouver et à évacuer les morts. La plupart des cadavres ont été dépouillés et certains corps ont été retrouvés alignés. Les derniers ne seront retrouvés que le matin. Tout au long de la nuit, les éléments de Carmin 2 coincés en haut du col redescendent en rampant dans l'obscurité, parfois à quelques mètres des talibans. Un des chefs taliban de l'embuscade, le commandant Farouki, déclarera plus tard que si la nuit n'était pas tombée ils auraient tué tous les français.

À l'aube les troupes de la FIAS ont repris le contrôle du col, où une section Carmin 1 est héliportée en renfort en Caracal. Ses éléments commencent à reconnaître les crêtes commandant le col, mais ils sont rapidement pris à parti par des tirs de mortier, d'armes légères et de mitrailleuse depuis le nord. Ils réussiront à se dégager et à détruire les positions de leurs assaillants en réglant un tir de mortier de 120 mm. À midi les talibans ont fui, la vallée est à nouveau sous contrôle de la FIAS qui procède au désengagement complet

Bilan : Les pertes de la FIAS sont surtout lourdes pour les militaires français qui selon l'armée, perdent 10 hommes dont 8 tués par balles ou éclats d'obus, un tué à l'arme blanche et un dernier dans un accident alors qu'il se rendait sur les lieux du combat, mais des témoignages de soldats font état de plusieurs Français égorgés. L'interprète afghan qui accompagnait les Français a été tué après avoir été torturé et son cadavre a été retrouvé mutilé. Il y a en outre 21 blessés français et l'armée afghane compte 2 blessés. Les premières communications officielles évoquaient des pertes françaises seulement lors des premiers tirs talibans alors que des soldats témoins ont évoqué des pertes tout le long de l'affrontement, certains morts ayant succombés à leurs blessures car ne pouvant être évacués. La section Carmin 2, celle fixée en haut du col, compte à elle seule 9 morts et 17 blessés pour 31 hommes engagés. Selon un porte parole des talibans, cinq véhicules ont également été détruits, et des mines ont été utilisées au cours de l'attaque. De l'équipement militaire de valeur a été capturé par les insurgés, dont quatre FA-MAS, deux mitrailleuses légères FN Minimi, deux fusils de précision FR-F2, des jumelles, des radios, des gilets par balles et des casques. Six VAB ont été endommagés.

L'ampleur des pertes talibanes est plus débattue, l'état major français parlant de 30 à 80 morts talibans, alors qu'un seul cadavre a été découvert au lendemain de l'embuscade par les troupes de la FIAS selon des sources du Canard enchaîné, confirmé plus tard par l'armée française. Le 24 septembre 2008, le chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar revendique la responsabilité de l'attaque, et affirme que dix de ses hommes sont morts dans les combats. Les talibans ont également perdu selon l'armée française un important cadre fondamentaliste



















Les morts au combat de la vallée d'Uzbin
8e RPIMa
L' Adjudant Sébastien Devez / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Sergent Damien Buil / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Sergent Nicolas Grégoire / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Caporal Kevin Chassaing / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Caporal Damien Gaillet / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Caporal Julien Le Pahun / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Caporal Anthony Rivière / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée
Le Caporal Alexis Taani / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée



2e Régiment Etranger Parachutiste
Le Sergent Rodolphe Penon / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire, avec citation à l'ordre de l'armée



Régiment de Marche du Tchad :
Le Caporal Melam Baouma / Chevalier de la légion d'honneur / Croix de la valeur militaire Avec citation à l'ordre de l'armée
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Re: Embuscade de Surobi

Message par Invité le Mar 9 Mar - 9:12

merci Daniel
à ces Hommes .

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Re: Embuscade de Surobi

Message par Invité le Mar 9 Mar - 9:28

dure réalité de cette guerre merci Daniel

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Re: Embuscade de Surobi

Message par olivier le Mar 9 Mar - 12:01

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Re: Embuscade de Surobi

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