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L'Infâme Boudarel

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L'Infâme Boudarel

Message par Admin le Jeu 26 Nov - 8:29

GE
Né à Saint-Étienne en 1926, il étudie dans un séminaire des Pères maristes. Chrétien progressiste et marxiste, militant du Parti communiste français, il obtient du Bureau colonial du PCF un poste de professeur d'histoire au Lycée Marie-Curie à Saigon (Indochine) à la fin des années 1940. Il anime l'antenne indochinoise du PCF, le Groupe culturel marxiste, auquel Jean Chesneaux a appartenu.
Professeur de philosophie au lycée Yersin de Dalat pendant la Guerre d'Indochine (1946-1954), il abandonne son poste en 1949 pour rejoindre le Việt Minh dans le nord du Tonkin : il est nommé commissaire politique dans un camp de prisonniers, le camp 113, et est appelé Dai Dong. D'après de nombreux témoignages de rescapés du camp, il s'y serait rendu coupable de tortures contre des soldats de l'Armée française. Durant l'année de son activité au camp 113, sur 320 prisonniers français, 278 ont péri.
Georges Boudarel quitte le Viêt Nam où il a été condamné à mort pour insoumission et désertion en 1964 et se rend en URSS, puis travaille en Tchécoslovaquie pour la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous domination de l'URSS.
Il rentre en France en 1966, profitant de la loi d'amnistie votée en juin 1966 : devenu l'assistant de Jean Chesneaux — professeur et fondateur, avec Emmanuel Leroy-Ladurie, de la section Histoire du Département de « Géographie - Histoire et Sciences de la Société » —, il est ensuite promu maître de conférences à l'Université de Paris VII et chercheur au CNRS, se spécialisant dans l'histoire du Vietnam et acquérant dans ce domaine une renommée internationale.
Le 13 février 1991, lors d'un colloque organisé au Sénat par le Centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie modernes, il est reconnu par Jean-Jacques Beucler, secrétaire d'État aux Anciens combattants ayant lui-même participé à la guerre d'Indochine durant laquelle il avait été prisonnier pendant 4 ans dans le camp 113. D'autres témoignages sont déposés ensuite contre Georges Boudarel qui fait l'objet en 1991 d'une plainte pour crimes contre l'humanité déposée par d'anciens prisonniers français du camp 113. Cette plainte a donné lieu à un rejet de la Cour de Cassation motivé par la loi d'amnistie de 1966.ORGES BOUDAREL

mieux comprendre ce que fut cet infâme personnage par Claude Baylé, qui nous livre ce récit

le tortionnaire aux mains propres

16 avril 1953, la colonne de prisonniers français encadrés par les Bo-Doïs arrivent après vingt et un jours d'une marche épuisante au camp 113, un camp dans la haute région du Tonkin. La plupart d'entre eux ont été faits prisonniers dans le courant du mois de novembre 1952, lorsque les Viets ont enlevé, lors l'offensive qu'ils lançaient contre Na San, une série de petits postes de la région. Les nouveaux arrivés trouvent là d'autres prisonniers dans un état effrayant. Ils sont décharnés, usés, voûtés, brisés, ont des regards de loups affamés ou de bêtes traquées.

« Le camp est commandé par le vieux Vinh. C'est lui qui nous a accueillis à notre arrivée, explique un ancien. Tout peut se résumer en un seul mot : c'est un mauvais con.
Mais il n'est pas le seul de l'espèce. Il y a aussi son adjoint direct. Un Français, Georges Boudarel. Il serait né à Saint-Etienne, ou dans la région; il paraît avoir une trentaine d'années. Rallié au Vietminh, il est plus marxiste que les Viets ; persuadé que son anticolonialisme en fait d'autorité le défenseur de tous les opprimés. Antimilitariste, bien sûr. Il n'y a aucune pitié à attendre de lui. Il est insensible. Il n'a jamais eu la moindre pitié pour les malades, il est presque satisfait de leur mort. Et en plus, au sein de la direction du camp, il est sûrement le plus influent ».
Claude Baylé, qui nous livre ce récit, fait partie des nouveaux arrivants et ne va pas tarder à s'apercevoir que la réalité est encore pire. Né à Périgueux, dans une famille qui vénérait Staline et œuvrait pour l'avénement du communisme, il s'engage en 1948. Il part pour l'indo. Sergent au troisième bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocains, il est fait prisonnier le 20 novembre, 1952 à l'ouest d'Hanoï. Il effectue d'abord des transports de riz, travaille à réparer pistes et routes bombardées par l'aviation française, avant d'être envoyé, avec d'autres camarades, au camp 113, Il passe là neuf mois, neuf mois d'enfer. Car ce camp est un véritable « mouroir ». Les prisonniers, minés par l'épuisement physique, la famine, des conditions d'hygiène désastreuses et les maladies, tombent comme des mouches.
Le « Commissaire » en action
Libéré dans les derniers jours de décembre 1953, pour les fêtes de la nouvelle année, Claude Baylé êcrit en 1971 un épais manuscrit où il narre toutes ses aventures. Ce texte massif effraie les éditeurs. Les Français surtout, traumatisés par l'affaire d'Algérie, refusent d'entendre les drames des diverses décolonisations. L'Indochine ? Connais pas.
La date de rêdaction de ce manuscrit est tout à fait importante. En 1971, quand Claude Baylé écrit, Georges Boudarel mène en France des jours heureux. L'ancien commissaire politique, le bourreau du camp 113, authentique tortionnaire aux mains propres est devenu, au sein de l'université, un docte. Il enseigne. L'homme, il est vrai, a toujours eu une prédilection certaine pour éduquer les masses.
Au camp 113, il se dépense sans compter. Prodiguant ses cours de marxisme-léninisme, féru des techniques mises au point par les rééducateurs chinois, il fait tout, selon la conception des disciples de Mao, pour tuer le vieil homme afin que naisse l'homme nouveau. Sous sa férule, les hommes meurent.
Dans son livre, enfin publié (1), Baylé raconte :
« Il est là, devant nous. Il est entré dans la paillotte et nous dévisage, les uns après les autres. Avec un curieux regard. Des yeux bleus, injectés de jaune pâle, qui cherchenl à repérer les faibles, à détecter les plus coriaces.
Il me paraît grand ; maigre, il a le ventre creux, les fesses plates. Un nez crochu lui donne des allures de rapace. Le visage allongé aux traits tirés de fatigue, les pommettes saillantes et les joues hâves. La peau est basanée, les yeux noyés sont enfoncés dans leur orbite aux cernes très prononcés, d'un ton brun-gris, laissant supposer qu'il est paludéen ou sort d'une crise de dysenterie. Les cheveux sont blonds, ondulés et courts ».
Vêtu à la mode vietminh, il porte la tenue bleu-gris des responsables viets. Paternel et bienveillant, il explique aux nouveaux qu'ils sont très en retard sur les anciens dans le domaine de la prise de conscience politique. Afin de pallier cette carence, il leur propose de suivre des cours de rattrapage, en dehors des conférences obligatoires. « En clair, écrit Claude Baylé, cela veut dire qu'après le déjeuner, notre poignée de riz avalée avec quelques légumes, nous ne profiterons pas du temps de repos précèdant le retour des corvées ; nous irons sur les bancs de l'école. Il a l'air radieux en nous annonçant cela ; il tient entre ses tentacules une nouvelle fournée d'élèves à instruire, c'est-à-dire à endoctriner ... »
Les prisonniers épuisés par les corvées, minés par le béribéri, la dysenterie, l'amibiase, dévorés par les tiques, les poux et rongés de gale, se traînent aux séances de rééducation. « Debout, sur ce qui veut être une scène, Boudarel assiste, radieux, à l'arrivée des détenus. Il a un oeil de connaisseur. II jauge ses victimes, contemple les dégâts, mesure le degré de délabrement de captifs apparemment résignés, contraints et forcés de venir là, au centre de l'esplanade, absorber leur drogue quotidienne, la leçon de marxisme ».
Rien à attendre
Il contemple ceux qu'il a transformés en clochards de la guerre, titubant en cette Cour des Miracles sur laquelle il règne. Fier, arrogant, il lance ses idées. Il esl là, « développant ses arguments, testant ces hommes usés, diminués, en sachant qu'aucun d'entre eux n'a plus la vigueur intellectuelle suffisante pour répliquer, ni même l'éducation qui aurait pu le pousser à la réflexion. Impitoyable, il les humilie, les traite de violeurs, d'assassins, de mercenaires, de persécuteurs » ...
Point de répit dans le camp, car les cours politiques, les séances d'autocritique, les réunions d'analyses et de réflexion ne font pas oublier le rythme accablanl des corvées. Epuisés, les hommes s'écroulent, vaincus par les maladies, et sont tranportés, déjà moribonds, à l'infirmerie.
« Je vois, rapporte Baylé, Boudarel passer indifférent devant ces hommes à l'agonie, sans un regard, sans un geste, comme la pitié n'existait pas, participant à ce génocide en faisant semblant de ne pas se salir les mains. Comme si l'on ne tuait pas à coup sûr en refusant des soins, une alimentation minimum, en voulant laver les cerveaux au lieu de laisser les âmes en paix.»
Les prisonniers savent depuis longtemps qu'ils n'ont rien à attendre de leurs bourreaux. Il est totalement illusoire d'espérer trouver chez Boudarel pitié, ou compréhension. « Cette crevure a vendu son âme ; que cherche-telle, sinon à remplir le cimetière ? Un mort, ce n'est qu'un adversaire de moins, un cadavre à bénir au nom de l'amitié entre les peuples. Dire que ce type est français, comme nous, est pourtant plus viet qu'un Viet ! »

DE GAULLE et les déserteurs du Viet Minh

De Gaulle et ses affidés ont joué un rôle capital dans le rapatriement et l'amnistie des déserteurs français en direction du Viet Minh et des dittérents collaborateurs de Hô Chi Minh.
Dès 1962, des discussions se sont ouvertes entre fonctionnaires nord-vietnamiens et la délégation générale française.
L'amnistie arrive. Un accord est signé entre les Vietnamiens du Nord et le gouvernement Pompidou.
Le 23 novembre 1962. quarante Français avec leurs femmes, leurs enfants, se retrouvent sur l'aéroport de Hanoï. Un avion de la Croix-Rouge va les rapatrier (cette Croix-Rouge mal vue des Saoudiens). Boudarel, comme nous l'avons raconté dans notre précédent numéro, ne fait pas partie de cette tournée. Il aura droit à des égards spéciaux.
Un de ces rapatriés sera - avec d'autres - jugé par un tribunal militaire français. Il s'appelle Robert Vignon. Il est soutenu par le Secours Populaire français, une filiale du parti communiste. et défendu par Me Noël. qui est plutôt de droite,Vignon est condamné à cinq ans de réclusion.
Il est scandalisé par ce verdict. Allons ! Allons ! On se calme, on se calme... Le Secours Populaire mène campagne pour lui. L'Huma vole à son secours. Pierre Messmer, ministre e la Défense nationale émet un avis favorable le 16 juin 1964 désavouant implicitement le verdict d'un tribunal d'officiers. Le ministre des Armées va beaucoup plus loin que le gouvernement de la IVe République à l'égard d'Henri Martin (saboteur communiste) et suspend la peine de Vignon, cinq mois seulement après le verdict.
Communistes, gaullistes, même combat ? Au fait, c'est bien le général De Gaulle qui a amnistié, en 1944, Maurice Thorez ? Non ?
En tout cas, pour Vignon, l'horizon s'éclaircit. Il devient un syndicaliste actif dans les aciéries. « Un militant ouvrier important de sa fédération communiste. II a renoué la boucle: F. T. P., Can-bô , syndicaliste. C'est la continuation d'une même idée : la lutte ».
Quelques années plus tôt. Bastien-Thiry, Dovecar, Piegts et Roger Degueldre ont été fusillés. Des centaines de combatants de l'OAS ont été condamnés à de lourdes peines.
Si cette comparaison entre le sort réservé par le régime gaulliste aux combattants de l'Algérie française et celui des traîtres communistes ne vous donne pas envie de « gerber », c'est que vous avez certainement un bon vaccin. Dites-nous lequel.


il y eu un résultat avec la proposition de Loi que je vous met en copie :


ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

DOUZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 13 juillet 2005.

PROPOSITION DE LOI




visant à rendre inamnistiables les crimes contre l'humanité,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration
générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais
prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)


PRÉSENTÉE


par MM. Lionnel LUCA, Patrick BALKANY, Patrick BEAUDOUIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques-Alain BÉNISTI, Jean-Louis BERNARD, Marc BERNIER, André BERTHOL, Jean-Michel BERTRAND, Mme Véronique BESSE, MM. Gabriel BIANCHERI, Roland BLUM, Gilles BOURDOULEIX, Philippe BRIAND, Bernard BROCHAND, Bernard CARAYON, Richard CAZENAVE, Roland CHASSAIN, Philippe COCHET, Mme Geneviève COLOT, MM. Jean-Yves COUSIN, Jean-Michel COUVE, Charles COVA, Olivier DASSAULT, Christian DECOCQ, Bernard DEFLESSELLES, Lucien DEGAUCHY, Stéphane DEMILLY, Jean-Jacques DESCAMPS, Philippe DUBOURG, Jean-Michel FERRAND, André FLAJOLET, Jean-Claude FLORY, Philippe FOLLIOT, Mme Arlette FRANCO, MM. Georges GINESTA, Charles-Ange GINESY, Louis GISCARD-D'ESTAING, Claude GOASGUEN, Jacques GODFRAIN, Mme Arlette GROSSKOST, MM. Louis GUÉDON, Jean-Claude GUIBAL, Jean-Jacques GUILLET, Christophe GUILLOTEAU, Pierre HELLIER, Michel HERBILLON, Francis HILLMEYER, Edouard JACQUE, Christian JEANJEAN, Mme Maryse JOISSAINS-MASINI, MM. Patrick LABAUNE, Yvan LACHAUD, Robert LAMY, Jean-Marc LEFRANC, Jean-Louis LÉONARD, Mme Geneviève LEVY, MM. Alain MADELIN, Richard MALLIÉ, Thierry MARIANI, Jean MARSAUDON, Philippe-Armand MARTIN,
Mme Henriette MARTINEZ, MM. Jacques MASDEU-ARUS, Christian MÉNARD, Alain MERLY, Damien MESLOT, Pierre MICAUX, Georges MOTHRON, Étienne MOURRUT, Jacques MYARD, Jean-Marc NESME, Jean-Pierre NICOLAS, Jean-Marc NUDANT, Étienne PINTE, Mme Bérengère POLETTI, MM. Bernard POUSSET, Jean PRORIOL, Didier QUENTIN, Michel RAISON, Jean-Luc REITZER, Jacques REMILLER, Marc REYMANN, Jean-Marc ROUBAUD, Rudy SALLES, Michel SORDI, Daniel SPAGNOU, Mme Hélène TANGUY, MM. Michel TERROT, Rodolphe THOMAS, Léon VACHET, Christian VANNESTE, François VANNSON, Francis VERCAMER, François-Xavier VILLAIN, Philippe VITEL, Michel VOISIN, Laurent WAUQUIEZ et Gérard WEBER


Députés.



EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Pendant les huit années de Guerre d'Indochine, les forces de l'Union française ont déploré 76 000 morts au combat parmi lesquels 2 000 officiers. Elles ont perdu 37 000 prisonniers dont 16 000 Vietnamiens. Sur ces 37 000 prisonniers, 10 750 seulement ont été libérés. Parmi ces libérés, figurait Jean-Jacques Beucler (Président du Comité d'Entente des Anciens d'Indochine, ancien Ministre, ancien Officier et prisonnier du Camp N° 1 au Tonkin) qui démasqua publiquement, lors d'un colloque à la Sorbonne, le Professeur Georges Boudarel. De juin 1952 à février 1954, Georges Boudarel a en effet été commissaire politique du Viêt-minh, et c'est à ce titre qu'il fut chargé de la rééducation idéologique des militaires français prisonniers dans des camps de brousse.

En effet, après la défaite de Diên Biên Phu, sur les 4 436 hommes blessés durant la bataille, 858 ont été évacués par la Croix Rouge. Les 3 578 autres soldats, jugés aptes à la captivité, selon les critères viêt-minh, ont été transportés vers des camps de concentration. Les 400 prisonniers valides ont dû rejoindre à pied leur camp situé à près de 600 kilomètres. Le « Convoi 42 » a perdu 83 hommes au cours de la longue marche. 250 hommes reposent à jamais dans les fondrières de l'effroyable « Camp 42 ». Moins de 70 recouvrent la liberté en septembre 1954.

Tous les prisonniers ont souffert des marches forcées, des privations de nourriture, et de l'absence de soins, ce qui a favorisé l'apparition de maladies : paludisme, dysenterie, tuberculose, dénutrition, affection neuropsychiatriques... qui ont souvent entraîné leur mort. Ces hommes n'ont pas bénéficié de l'application de la Convention de Genève, puisqu'aux yeux des soldats viêt-minh, ils n'étaient pas des prisonniers de guerre, mais les « instruments aveugles » du colonialisme et du capitalisme.

Le 7 février 1953, Georges Boudarel, alors professeur d'histoire, prit en main le camp 113 situé au Nord Tonkin dans la région de Ha-Giang. Avec une cruauté perverse, il appliqua sur ses compatriotes la méthode d'avilissement par la faim, la déchéance physique, l'endoctrinement politique et la délation entre détenus. Durant l'année de son intervention au camp 113, sur 320 prisonniers français, 278 ont péri.

Profitant de la loi d'amnistie de 1966, il n'eut aucun mal à obtenir le rétablissement de ses droits universitaires.

Quelques années plus tard, se préoccupant de sa retraite, il demanda la validation de ses « loyaux services » du 19 décembre 1950 au 30 septembre 1967, en indiquant pour la période 1951-1954 : « Voyage d'études en Extrême-Orient » et pour celle de 1955 à 1958 : « professeur de français à l'école de pédagogie de Hanoi ».

En 1991, Wladislas Sobanski, sergent des Troupes Coloniales, dépose avec l'ANAPI (Association Nationale des Anciens Prisonniers et Internés d'Indochine) représentée par son président, le Général Yves de Sesmaisons, une plainte pour « crime contre l'humanité » à l'encontre de Georges Boudarel, avec constitution de partie civile entre les mains du Doyen des Juges d'Instruction de Paris contre Georges Boudarel « du chef de crimes contre l'humanité ». Ils dénoncent les agissements de ce dernier qui, en tant que commissaire politique adjoint au commandant du camp 113 en 1953, s'était rendu responsable de la persécution et de la mort de nombreux prisonniers français.

Au vu de cette plainte, le Procureur de la République de Paris prend des réquisitions de refus d'informer fondées sur l'article 30 de la loi n° 66-409 du 18 juin 1966, portant amnistie. Le juge d'instruction émet une ordonnance estimant que les actes énoncés par les parties civiles, à les supposer établis, sont constitutifs de crimes contre l'humanité, selon l'article C-6 du statut du tribunal Militaire International de Nuremberg, annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945, et à ce titre imprescriptibles. Il décide donc, contrairement aux décisions du Parquet, d'informer sur la plainte aux fins d'établir si les comportements reprochés à Georges Boudarel par les parties civiles pouvaient être qualifiés de crimes contre l'humanité.

Statuant sur l'appel interjeté le 13 septembre 1991 par le Ministère Public, un arrêt de la Chambre d'Accusation de la Cour d'Appel de Paris qualifie, à l'appui de cette plainte, les faits susceptibles d'être reprochés à Georges Boudarel de crimes contre l'humanité, mais admet que la loi d'Amnistie du 18 juin 1966 leur est applicable et que, par l'effet de cette amnistie, l'action publique est éteinte de sorte qu'il n'y a pas lieu d'informer. Elle confirme ainsi la bonne foi des plaignants.

Il en résulte que ces faits ont été tenus pour amnistiés, sans que la Cour de Cassation se pose la question de savoir s'ils pouvaient, en égard à leur nature, être englobés dans une amnistie. C'est ainsi que Georges Boudarel, tortionnaire de soldats français prisonniers du Viêt-minh, a échappé aux poursuites engagées contre lui sur plainte avec constitution de partie civile de ses victimes, du chef de crimes contre l'humanité.

Il n'est pas question de rouvrir le débat auquel a donné lieu cette affaire qui a été jugée définitivement, et ce, d'autant plus que Georges Boudarel est décédé en 2003. Toutefois, pour l'avenir, il importe, par cohérence avec le principe d'imprescriptibilité posé à l'alinéa premier de l'article 213-5 du code pénal, de préciser que les crimes contre l'humanité sont inamnistiables.

Au-delà de cet exemple, cette précision serait également applicable à tous les conflits contemporains.

Tel est, Mesdames, Messieurs, l'objet de la présente proposition de loi que nous vous demandons de bien vouloir adopter.



PROPOSITION DE LOI

Article unique


L'article 213-5 du code pénal est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Ces crimes sont inamnistiables. »
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Re: L'Infâme Boudarel

Message par Invité le Jeu 26 Nov - 8:45

Ecoeurant...Comment a t-il pu vivre aussi tranquillement aussi longtemps...

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Re: L'Infâme Boudarel

Message par Invité le Jeu 26 Nov - 10:22

B-O je suis d'accord avec toi.

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Re: L'Infâme Boudarel

Message par Invité le Jeu 26 Nov - 11:59

je suis aussi d'accord

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Re: L'Infâme Boudarel

Message par olivier le Jeu 26 Nov - 18:22

c'est une merde
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Re: L'Infâme Boudarel

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