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Guerre de Bosnie-Herzégovine

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Guerre de Bosnie-Herzégovine

Message par Invité le Ven 24 Mai - 13:26

Guerre de Bosnie-Herzégovine


Guerre de Bosnie-Herzégovine

À gauche : le parlement de Sarajevo en flammes après avoir été touché par un tir d'artillerie ; en haut à droite : Ratko Mladić avec des soldats serbes en Bosnie ; en bas à droite : un soldat norvégien de l'ONU à Sarajevo.
avril 1992 – 21 décembre 1995
Bosnie-Herzégovine
Accords de Dayton

Belligérants
1992 :
Bosnie-Herzégovine
1994 – 1995 :
Croatie
Bosnie-Herzégovine
1992 – 1994 :
République d'Herceg-Bosna
1994 :
Croatie
1992 – 1994 :
République serbe de Bosnie
République fédérale de Yougoslavie
1994 – 1995 :
République serbe de Bosnie
Province autonome de Bosnie occidentale
Commandants
Alija Izetbegović
Sefer Halilović
Rasim Delić
Franjo Tuđman
Janko Bobetko
Mate Boban
Milivoj Petković
Dario Kordić
Slobodan Milošević
Radovan Karadžić
Ratko Mladić
Forces en présence
100 chars
200 000 soldats
300 chars
70 000 soldats
600-700 chars
120 000 soldats
Pertes
31 270 soldats tués
34 555 civils tués
5 439 soldats tués
1 899 civils tués
20 649 soldats tués
2 145 civils tués
La guerre de Bosnie-Herzégovine (souvent appelé Guerre de Bosnie par abus de langage) est une guerre entre les peuples Serbes, Croates et Bosniaques ayant eu lieu sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine et ayant impliqué principalement la Yougoslavie (RFS Yougoslavie puis RF Yougoslavie), la Serbie, la Croatie et les différentes entités de l'actuelle Bosnie-Herzégovine.

Elle débuta le 6 avril 1992 lorsque l'armée populaire yougoslave attaqua la Bosnie-Herzégovine, qui venait de déclarer son indépendance le 1er mars. La guerre s'est achevée par les Accords de Dayton le 14 décembre 1995.



Sommaire




Préludes


Articles détaillés : Yougoslavie et Guerre de Croatie.
La guerre en Bosnie est une conséquence de la dislocation de la Yougoslavie,
elle-même liée à la chute des régimes communistes en Europe de l'Est en
1989. La renaissance des idées nationalistes en Yougoslavie a fragilisé
le rôle central du Parti communiste. Les arrivées au pouvoir de Slobodan Milosevic en Serbie en 1987, et de Franjo Tudjman en Croatie en 1990, accentuent la crise. En juin 1991, la Slovénie déclare son indépendance, et la Croatie en fait de même. Après un rapide conflit en Slovénie, la JNA sous le commandement serbe, appuyée par les para-milices serbes, et les serbes de Krajina en Croatie, attaque la Croatie. Le symbole du début de cette guerre est certainement la bataille de Vukovar.

La Bosnie ne voulant pas participer à ce conflit contre la Croatie,
décide de déclarer sa souveraineté en octobre 1991. Mais la commission
Badinter précise alors qu'elle ne reconnaîtrait l'indépendance de la
Bosnie que si un référendum était organisé à cet effet en Bosnie .

Un référendum d'autodétermination est alors organisé le 29 février 1992.
Il est boycotté par la plupart des Serbes, qui constituent 32 % de la
population. Les Croates et les Musulmans votent, à savoir 68 % de la
population. Le résultat du référendum est de 99 % des voix en faveur de
la Bosnie indépendante. L'indépendance de la Bosnie est en conséquence
proclamée par le parlement bosniaque le 5 avril 1992.

Comme il a été prévu par la commission Badinter, à la suite de ce
référendum, la Communauté européenne reconnaît la Bosnie en tant qu'État
indépendant, le 6 avril 1992. Cette reconnaissance est suivie de celle
des États-Unis. La Bosnie adhère ainsi le 22 mai 1992 à l'Organisation
des Nations unies, avec la Croatie et la Slovénie.

La République serbe de Bosnie, l'entité des Serbes dirigée par Radovan Karadzic,
déclare à son tour, mais sans aucune procédure constitutionnelle, son
indépendance. Cette république ne sera jamais reconnue en tant que telle
par la communauté internationale. Si, à la suite des accords de Dayton,
il existe dans les faits une république serbe de Bosnie, aucune
personnalité morale n'a été reconnue à cette dernière.

Tentatives de paix


En septembre 1991, le diplomate portugais José Cutilheiro et le britannique Peter Carington proposent un projet de cantonalisation de la Bosnie-Herzégovine (sur le modèle suisse des cantons), où chaque canton se verrait attribuer une ethnicité croate, bosniaque ou serbe. Le 18 mars 1992, Alija Izetbegović pour les Bosniaques, Radovan Karadžić pour les Serbes et Mate Boban
pour les Croates signent l’accord avant qu'Izetbegović ne retire sa
signature le 28 mars 1992 en déclarant son opposition à toute partition
ethnique de la Bosnie-et-Herzégovine.

Le 27 avril 1992, la Serbie et le Monténégro, c'est-à-dire les deux seules républiques non-sécessionistes, forment la République fédérale de Yougoslavie,
mais celle-ci n'est pas reconnue comme successeur et noyau restant de
l'ancienne Yougoslavie (comme ce fut le cas pour la Russie lors de
l'implosion de l'URSS), en vertu des conclusions de la commission Badinter.

L'ONU tente de pacifier en vain la situation en dépêchant des Casques bleus.
La Bosnie-Herzégovine connaît trois ans et demi d'une terrible guerre
d'agression et d'extermination des populations bosniaques, croates et
serbes.

Le plan de David Owen et de Cyrus Vance connu sous le nom Plan de paix Vance-Owen
propose en janvier 1993 une partition de la Bosnie-Herzégovine en 10
régions semi-autonomes. Le plan est approuvé par Radovan Karadžić avant
d'être rejeté par l’assemblée des Serbes de Bosnie le 6 mai 1993, et marquera la désolidarisation de Slobodan Milošević vis-à-vis du nationalisme serbe en Bosnie-Herzégovine[réf. nécessaire].

Opérations militaires


Organisation


L'ex-Yougoslavie, et surtout la Bosnie-Herzégovine, ont alors connu
plusieurs années de guerre, marquées par des épisodes particulièrement
violents : crimes de guerres, massacres, viols, création de camps de concentration,
déplacements forcés de populations, des crimes commis par chaque
partie. Ces crimes de guerre ont pris une tournure raciste, selon le
principe de purification ethnique.
Toutefois, les déplacements de populations ont souvent été davantage un
enjeu stratégique. En effet ceux-là désorganisaient notamment le camp
adverse en lui imposant de prendre en charge des populations civiles
supplémentaires et instauraient un climat de terreur. Dans bien des cas,
cela a été suffisant pour faire fuir les populations locales avant
l'arrivée des troupes ennemies.

Les dirigeants ont aussi fait appel à des groupes paramilitaires et des groupes du crime organisé, comme les Tigres' du Serbe Arkan ou les Scorpions. De nombreux combattants étrangers ont aussi participé à cette guerre, notamment des russes, grecs et des Moudjahiddin venus surtout de pays islamiques1.
Les actes de violences ne sont pas le seul fait des armées, mais
souvent d'actes individuels puisque que beaucoup de Yougoslaves
possédaient une arme et un vieil uniforme chez eux. Beaucoup de paysans
ont cherché à se protéger ou à se faire justice eux-mêmes.

Déroulement


En 1992, les Serbes de Bosnie, qui ont pris pour capitale Pale, à proximité de Sarajevo, entreprennent donc un long et violent siège
de la ville, le plus long que l'Europe moderne ait connu. Les premiers
bombardements des forces serbes frappent la ville le 6 avril 1992, le
lendemain de la déclaration d'indépendance. Sarajevo est soumise à un
blocus complet. Les convois de nourriture et de médicaments sont bloqués
sur les routes, l'eau et l'électricité coupés. Le siège de Sarajevo devient une guerre d'usure.

L'armée des Serbes de Bosnie est commandée par Ratko Mladić et principalement formée par les unités bosno-serbes de l'Armée fédérale yougoslave (JNA).
Elle s'empare progressivement des principales villes (en dehors de
Sarajevo) et des zones peuplées par des Serbes au début de la guerre et
pratique une méthode dite d'épuration ethnique contre la population bosniaque.

Les efforts de la communauté internationale pour mettre fin au
conflit et protéger les populations civiles sont sans résultats, malgré
l'envoi de plus de 38 000 militaires aux couleurs de l'ONU. 167 hommes de la Forpronu sont tués et plus de 700 d'entre eux sont blessés, dont environ la moitié appartenant à l'armée française.

En mars 1994,
un accord est signé entre les dirigeants croates et musulmans de
Bosnie, sous la pression de la communauté internationale, surtout celle
des États-Unis envers le président Croate Tudjman. Opposées depuis près
d'un an, d'avril 1992 (notamment lors des combats durant lesquels fut
détruit le pont ottoman du XVe siècle de Mostar) à mai 1993, les deux communautés forment dès lors un front commun contre les Serbes de Bosnie.

Les prises de position internationales


Articles connexes : Musulmans (nationalité), Bosniaque et Bosniens.
Les déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie en
juin 1991, pourtant annoncées six mois avant, prennent la diplomatie
française au dépourvu. Cette dernière s'accroche au principe essentiel
de la guerre froide : le statu quo, le refus de toute modification de
frontières. Son attitude envers la Bosnie-Herzégovine
sera identique : Le Quai d'Orsay parle toujours des « belligérants »,
montrant une volonté claire de les renvoyer dos à dos, de ne pas prendre
parti. La France s'illustrera surtout par des discours humanitaires,
par une volonté de protéger les populations en faisant abstraction de la
guerre en cours. Cette position atteindra son paroxysme avec la visite
du Président François Mitterrand aux casques bleus français à Sarajevo
lors de laquelle il prononcera sa célèbre phrase : « Il faut laisser du
temps au temps ».

La Bosnie-Herzégovine attire l'attention des pays occidentaux. Certains intellectuels (comme Bernard-Henri Lévy) et hommes politiques présentent la Bosnie-Hérzegovine comme un succès du multiculturalisme, et un exemple réussi d'intégration d'une population musulmane en Europe. À leurs yeux, soutenir la Bosnie-Herzégovine, c'est avant tout soutenir les Musulmans, non pas les « musulmans », fidèles de l'Islam, mais les « Musulmans » (ou Bosniaques), nationalité créée par Tito en 1971
pour équilibrer les populations en Bosnie-Herzégovine. Les Musulmans
deviennent en ces temps de guerre une nationalité à protéger.

Il y a toutefois des nuances à apporter à cette description. La
Bosnie-Herzégovine est partagée en communautés distinctes, malgré le
nombre important de mariages mixtes (5,5 % de la population se déclarant
« yougoslave » selon un recensement de 1991, le taux le plus élevé en Yougoslavie).

Bernard-Henri Lévy reçoit Alija Izetbegović à Paris en janvier 19932 et est nommé avec Bernard Kouchner docteur Honoris causa de l'université de Sarajevo.

Le dénouement


Article détaillé : Massacre de Srebrenica.
Du 13 au 16 juillet 1995, l'armée des Serbes de Bosnie, commandée par Ratko Mladic, s'empare de Srebrenica,
une enclave bosniaque encerclée depuis le début du conflit où se sont
réfugiés des milliers de personnes. Jusqu'à cette offensive serbe,
Srebrenica était sous la protection des Casques bleus. Les forces serbes
commettent un massacre (8 000 disparus).

Devant l'inefficacité des Casques Bleus, les forces de l'Alliance Atlantique (OTAN)
sont alors intervenues en 1995 directement contre les milices serbes de
Bosnie. En août de cette même année, la Croatie reconquiert la Krajina lors d'une opération-éclair de 3 jours, l'opération Tempête, appuyée par des bombardements de l'OTAN
200 000 réfugiés serbes sont déplacés et 2 000 morts. Dans le même
temps, les forces bosniaques et croates acculent les Serbes à la
défensive et reprennent le contrôle d'importants territoires. Les Accords de Dayton signés le 14 décembre 1995 par Izetbegovic (bosniaque), Tudjman (croate) et Milosevic (serbe), mettent fin au conflit. La Bosnie-Herzégovine devient une confédération de deux entités, la Fédération croato-bosniaque (51 % du territoire, 65 % de la population) et la République serbe de Bosnie (49 % du territoire, 35 % de la population).

Le TPIY créé durant la guerre a arrêté tous les dirigeants serbes incriminés (Ratko Mladic étant le dernier et a été arrêté le 26/05/2011), jugé et condamné des criminels de guerre.

Victimes et bilans


À la fin de la guerre, la plupart des estimations quant au nombre de
victimes oscillaient entre 200 000 et 260 000 morts. Ces chiffres ont
depuis été revus à la baisse.

Selon le Centre de documentation et de recherche de Sarajevo, en mars 2006, le conflit en Bosnie-Herzégovine a coûté la vie à 96 175 3 personnes (dont 38 645 civils), se répartissant ainsi :


  • Bosniaques : 63 994 (dont 34 555 civils)
  • Serbes de Bosnie : 32 723 (dont 2 145 civils)
  • Croates : 7 338 (dont 1 899 civils)

En janvier 2007, le Centre a revu ses chiffres légèrement à la hausse, et annonce le chiffre de 97 901 tués4.

Dispositif des forces de paix après 1995



  • Sous commandement de l'OTAN

IFOR : opération « Joint Endeavour » de décembre 1995 à décembre 1996 (60 000 hommes).

SFOR : opérations « Joint Guard » et « Joint Forge » jusqu'en décembre 2004 (de 32 000 à 7 000 hommes).


  • Sous commandement de l'Union européenne

EUFOR : opération « Althea » jusqu'en décembre 2005 (7 000 hommes).

33 nations participent à l'opération Althea, dont 11 nations hors Union européenne. La France est le 5e pays contributeur, avec 460 hommes5.

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