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Opération Turquoise - Rwanda

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Opération Turquoise - Rwanda Empty Opération Turquoise - Rwanda

Message par Invité le Ven 24 Mai - 13:46

Opération Turquoise


L’opération Turquoise est une opération militaire organisée par la France au Rwanda pour mettre fin au génocide au Rwanda. Elle était dirigée par le général français Jean-Claude Lafourcade. C'est une opération de l'ONU décidée par la résolution n° 929 du Conseil de sécurité qui précise :



« ...donne son accord à ce qu'une opération multinationale puisse
être mise sur pied au Rwanda à des fins humanitaires jusqu'à ce que la
MINUAR soit dotée des effectifs nécessaires.
» Elle doit être « ...une
opération temporaire, placée sous commandement et contrôle nationaux,
visant à contribuer, de manière impartiale, à la sécurité et à la
protection des personnes déplacées, des réfugiés et des civils en danger
au Rwanda
. »


Opération de l'ONU comme la Minuar, le statut de l’opération Turquoise lui donne plus de moyens militaires puisqu'il se réfère au chapitre VII1 de la Charte de l'ONU (Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression), contrairement à la Minuar qui relève du chapitre VI2 (Règlement pacifique des différends).



Sommaire




La genèse


Médecins sans frontières avait lancé dans le Monde du 18 avril 1994 un appel célèbre : « On n'arrête pas un génocide avec des médecins »3.

Après avoir voté la réduction des effectifs de la Minuar [Pourquoi ?]
le 21 avril 1994, la France devint très active à l'ONU dans les
discussions sur le renforcement de la Minuar en mai 1994 mais refuse de
la renforcer par ses propres forces4. Les Tchèques [réf. souhaitée] et les Néo-Zélandais
notamment souhaitaient renforcer la Minuar. Mais l'ONU ne parvenait pas
à se mettre d'accord pour que cette Minuar 2 se mette rapidement en
place. Devant ce qu'elle qualifie comme une inertie de la communauté
internationale, la France obtint difficilement5 l'aval du Conseil de Sécurité de l'ONU, pour conduire l'opération Turquoise,
du 22 juin au 21 août 1994, date prévue du renforcement de la Minuar
tant demandé par son commandant depuis le début du génocide. La
difficulté de l'obtention de cette mission était liée à la perception
que de nombreux pays avaient de la politique de la France au Rwanda et
de ses intentions réelles ou supposées, compte tenu de son implication
au Rwanda depuis plusieurs années, de son opposition au FPR, et du fait qu'elle ait été le seul pays à reconnaître le Gouvernement intérimaire rwandais, responsable du génocide6. Ce débat existait également au sein de l'État français. Face aux tenants7 d'une intervention militaire pour s'opposer au FPR, Édouard Balladur, alors premier ministre de la France, précisait par écrit le 21 avril au président français François Mitterrand qu'une des conditions de réussite de l'opération nécessitait de « limiter
les opérations à des actions humanitaires et de ne pas nous laisser
aller à ce qui serait considéré comme une expédition coloniale au cœur
même du territoire du Rwanda
»8. En outre, la présence française était limitée à deux mois.

La France rédigea elle-même la résolution 929 du Conseil de sécurité[réf. nécessaire]. Quelques pays africains9 acceptèrent de se joindre à la France dans cette opération.

Le déroulement de l'opération


Le lancement, le 22 juin 1994


Cette opération fut conduite à partir du Zaïre. L'ordre de mission de Turquoise du 22 juin 1994 dispose que l'armée française doit pénétrer au Rwanda à partir de Gisenyi, dans le nord-ouest du Rwanda, et par Cyangugu dans le sud-ouest du Rwanda.

L'objectif affirmé est de protéger, dans une « zone humanitaire sûre », les « populations menacées » aussi bien par le génocide que par le conflit militaire entre le FPR et le gouvernement intérimaire rwandais.
Aucune hiérarchie n'est établie entre les personnes menacées par le
génocide et celles qui sont menacées par les effets collatéraux du
conflit armé. Elles étaient assimilées aux deux parties d'un conflit
militaire. Le génocide était donc perçu comme un phénomène collatéral de
la guerre. Il était ordonné de rester neutre entre ces parties. En
particulier, il n'était pas question de procéder à des arrestations de
responsables du génocide. La mission avait pour but de faire cesser les
massacres en incitant les Forces armées rwandaises (responsables du génocide) à rétablir leur autorité10. La neutralité de l'intervention fut critiquée en particulier par Jean-Hervé Bradol, responsable de programme à Médecins sans frontières, une opération simplement humanitaire lui paraissant largement insuffisante pour stopper un génocide11.

La composition de la force Turquoise


La force comptait 2 550 militaires de l'armée française et 500 autres venus de sept pays d'Afrique (Sénégal, Guinée-Bissau, Tchad, Mauritanie, Égypte, Niger et Congo). Elle a bénéficié d'une couverture satellitaire de l'Union de l'Europe occidentale qui lui a permis de localiser les camps de réfugiés et les colonnes en mouvement. La flotte d'Antonov du trafiquant d'armes Viktor Bout a pour l'occasion été utilisée par l'armée française pour le transfert du matériel et des troupes12.

Unités françaises engagées :


Les premières interventions



Opération Turquoise - Rwanda 220px-French_milouf_DF-ST-99-05514

Opération Turquoise - Rwanda Magnify-clip
Parachutistes français le 14 août 1994 gardant l'aéroport de Kigali.


Un commando explore le nord du Rwanda jusqu'aux environs de Kigali


Les tutsis du camp de Nyarushishi


Sauvetages de populations diverses [réf. souhaitée]


[réf. souhaitée]

Massacre de tutsis à Bisesero


Article détaillé : Bisesero (1994).
Bisesero est une chaîne de collines de l'ouest du Rwanda, au sud de Kibuye, où 65 000 tutsis sont enterrés dans un mémorial. Ils ont été massacrés pendant le génocide.

Bisesero faisait partie de la zone nord de l'opération Turquoise. Au début de l'opération Turquoise, les commandos du COS avaient reçu des informations fausses des autorités rwandaises selon lesquelles des infiltrés du FPR
seraient concentrés à Bisesero. En réalité il s'agissait de rescapés
affaiblis par trois mois de résistance au génocide. Alertés par des
journalistes, un détachement du COS découvre le 27 juin 1994 quelques
dizaines de ces réfugiés et constate la réalité. Trois jours plus tard
le 30 juin 1994, un autre détachement retrouve ces rescapés et leur
porte secours. Mais la moitié d'entre eux a été massacrée entre temps,
soit environ un millier sur les deux mille restant. Ces événements
donneront lieu à une vive polémique en 1998 : pourquoi l'armée a-t-elle
attendu trois jours pour porter secours à ces rescapés ? Les
informations du premier détachement ont-elles bien été transmises à sa
hiérarchie ? Celle-ci en a-t-elle tiré les conséquences ? Le deuxième
détachement a-t-il découvert les rescapés par hasard ? A-t-il reçu
l'ordre de les secourir ? A-t-il agi de sa propre initiative ? Cette
polémique sera ravivée en 2005 par des plaintes de Rwandais devant le tribunal aux armées de Paris.

L'affrontement avec l'armée du Front patriotique rwandais


Selon le mandat attribué par l'ONU,
tout contact militaire hostile entre militaires de l'Opération
Turquoise et FPR devait être évité. Cependant, des affrontements
militaires ont eu lieu avec les soldats du FPR de Paul Kagame autour du 2 juillet 1994.

La création de la « Zone Humanitaire Sûre »


Une « zone humanitaire sûre » fut créée dans le sud-ouest du Rwanda, visant à empêcher les affrontements entre les Forces armées rwandaises du gouvernement génocidaire et le Front patriotique rwandais qui gagnait du terrain. Cette zone servit alors de refuge à plusieurs responsables du gouvernement intérimaire rwandais
qui purent ensuite passer au Zaïre. En particulier, le 17 juillet 1994,
un convoi civil escorté de membres de la garde présidentielle (GP)
rwandaise s'arrête dans une villa de Cyangugu, sur les bords du lac Kivu, dans le sud de la ZHS contrôlée par les Français. Le commandant du secteur, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, s'assure de l'identité des personnalités présentes, avec un groupe de commandos du 2e REP
(Régiment Étranger Parachutiste), et identifient deux responsables
politiques du Gouvernement Intérimaire Rwandais (GIR) : le président de
la république par intérim, Théodore Sindikubwabo, et le ministre des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka.
Les militaires français, sans informations ni instructions sur le sort à
réserver à ces personnalités, leur donnent 24 heures pour quitter la
Zone Humanitaire Sûre et demandent des consignes à l'ONU. Les militaires
français attendent toujours ces consignes ! — Réf « les Larmes de
l'honneur » de Jacques Hogard, éditions Hugo Doc 220513.

Le repli des forces génocidaires au Zaïre


Désarmement symbolique et non-arrestation des génocidaires


Le rapport parlementaire français montrera de nombreux éléments qui
attestent que le désarmement des génocidaires fut insuffisant, et
qu'aucune arrestation de génocidaires n'a eu lieu. Lors de son audition,
Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères en 1994, arguera
que, « compte tenu des effectifs affectés à l’opération Turquoise,
il n’a pas été possible d’y procéder à l’arrestation de probables
criminels de guerre, le Conseil de Sécurité de surcroît n’ayant jamais
accordé un tel mandat
»14.

D'après la Commission d'enquête citoyenne15, les autorités françaises auraient fourni des passeports [réf. souhaitée] à plusieurs membres du gouvernement intérimaire rwandais, aujourd'hui tous jugés ou en attente de jugement devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Le choléra dans les camps de réfugiés au Zaïre


Les militaires de l'Opération Turquoise furent confrontés à une grave
épidémie de choléra qui se déclara dans les camps des réfugiés hutus à Goma, au Zaïre. Près de 100 000 consultations médicales et 25 000 vaccinations furent effectuées16.

Médecins sans frontières quitta les camps de réfugiés au Zaïre en novembre 1994 devant le constat de la mainmise des génocidaires sur les camps. Selon Médecins sans frontières :

Les camps […] sont transformés en base arrière pour la reconquête
du Rwanda via les détournements massifs de l'aide, la violence, les
recrutements forcés, la propagande et les menaces contre les candidats
au rapatriement
.
Le départ du Commando des opérations spéciales


[réf. souhaitée]

Le départ de la force Turquoise le 21 août 1994


[réf. souhaitée]

Les controverses soulevées par cette opération


La classe politique française fut presque unanimement en faveur de cette opération. Valéry Giscard d'Estaing
fut l'un des rares hommes politiques français à critiquer ouvertement
l'existence même de cette opération, le 7 juillet 1994 par des propos
rapportés par le journal le Monde : « …Qu’est-ce qu’on va faire ? s’est interrogé l’ancien président de la république française. Il y a des tutsis qui avancent. Est-ce qu’on va s’opposer à leur avance, de quel droit ? s’est-il exclamé. Actuellement
on a les tutsis qui avancent, c’est-à-dire les victimes, et on a
derrière nous une partie de ceux qui ont procédé aux massacres…
».

Les réticences des ONG


Les ONG ne s'associèrent pas tout de suite au rôle humanitaire que l'armée attendait d'elles.

Les relations entre les responsables de la Minuar et ceux de Turquoise


Lors du déploiement des troupes de l'opération Turquoise à la frontière zaïro-rwandaise, Roméo Dallaire, commandant de la Minuar, se rendit à Goma
pour discuter des modalités de l'opération avec les militaires
français. Ceux-ci lui réservèrent un accueil glacial. Les militaires
français se dirent choqués que Roméo Dallaire n'ait pas pu retarder le
FPR. Les militaires français étaient historiquement alliés aux FAR et en voulaient ouvertement à Roméo Dallaire ; ils lui reprochaient les déroutes des FAR17.
Les Français ont accusé Dallaire d'aider les rebelles (FPR) à gagner
sur le terrain parce que les FAR perdaient du terrain face au FPR18.

Les articles de Patrick de Saint-Exupéry dans le Figaro


Après ceux de 1994, les articles de Patrick de Saint-Exupéry relancèrent en 1998 la controverse sur la politique de la France au Rwanda, l'opération Turquoise et plus particulièrement les événements de Bisesero dont il fut un des témoins principaux. En 2004, il reprit son analyse dans un livre19. Il est généralement reconnu que le travail de Patrick de Saint-Exupéry est à l'origine de la création de la mission d'information parlementaire française sur le Rwanda en 1998.

L'attitude française à l'égard des génocidaires


Procédure judiciaire en France


En juin 2004, selon leurs avocats qui se sont exprimés lors d'une conférence de presse le 3 février 2005 [réf. souhaitée], trois femmes tutsies ont porté plainte contre X pour viol par des militaires français devant la justice française. [réf. souhaitée]

Une seconde série de plaintes pour « complicité de génocide et
complicité de crimes contre l'humanité » a été déposée en février 2005
par six survivants (cinq hommes et une femme de la caste tutsie) des
massacres de 1994 au Rwanda. Ils accusent de complicité dans le génocide des soldats français engagés dans l'opération Turquoise, menée entre juin et août 1994 au Rwanda sous mandat de l'ONU. Selon les plaignants, des soldats français auraient aidé les miliciens « Interahamwe », principaux auteurs du génocide, à débusquer leurs victimes et ont commis eux-mêmes des exactions. [réf. souhaitée]

Cette plainte donne lieu à une controverse politique et judiciaire
car le gouvernement français a toujours nié tout rôle dans le génocide,
sauf Bernard Kouchner a posteriori.

Une instruction est en cours au tribunal militaire aux armées de Paris (TAP). [réf. souhaitée]

Le 29 mai 2006, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a validé cette plainte20 Elle a ainsi rejeté une requête du parquet de Paris qui estimait que quatre de ces plaignants n'avaient pas qualité à agir car ils n'avaient pas subi de préjudice direct. [réf. souhaitée]

Le 3 juillet 2006 une seconde décision de la cour d'appel de Paris a débouté le parquet de sa demande d'annulation [Pourquoi ?] des auditions des six plaignants rwandais, faites à sa demande au Rwanda fin 2005 par la juge d'instruction Brigitte Raynaud. [réf. souhaitée]

La juge d'instruction Florence Michon a pris la suite de Brigitte Reynaud en 200721.

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