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La bataille de Na San

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La bataille de Na San

Message par Admin le Jeu 10 Déc - 8:33

La bataille de Na San est un épisode de la guerre d'Indochine qui a opposé à la fin de l'année 1952, les forces de l'Union Française aux forces communistes du Viet Minh.
Au début du mois d'octobre 1952, Na San n'est qu'un simple poste avancé de la province de Son La qui dispose d'une courte piste d'atterrissage. La ville se présente comme une cuvette de 5 km sur 2 km entourées de crêtes permettant de protéger et dissimuler la piste. À la fin novembre, les Dakota civils et militaires vont transporter les troupes et le matériel permettant de constituer un camp retranché suffisamment fortifié pour permettre une confrontation directe avec les divisions Viet Minh qui déferlent sur le pays Thaï.
En octobre 1952, le général Giap, qui a médité son échec de l'année précédente (Cf. article de la bataille de Nghia Lo), décide de reprendre l'offensive en pays Thaï et de dégager la route vers le sud. Il engage alors trois de ses divisions (308, 312 et 316) qui franchissent le fleuve Rouge au début du mois.
Le 14 octobre, les avant-postes de Nghia Lo sont attaqués et rapidement capturés. Le 16, de Linarès fait parachuter le 6e BPC de Bigeard sur Tu Lê, à 40 kilomètres au nord-ouest de Nghia Lo. Le bataillon doit tenir la ville et doit constituer l'avant-garde d'un éventuel assaut sur Gia Hoi.

Le 17 après midi, l'ensemble de la division 308 se lance à l'assaut des deux postes principaux de Nghia Lo qui sont défendus par deux compagnies Thaï renforcées d'un goum du 5e Tabor. Le poste de Nghia Lo « haut » est conquis le soir même tandis que le poste « bas » résiste jusqu'au matin.

Le général Salan, devant la détermination de son adversaire, décide alors de faire évacuer les petits postes de la région et de concentrer ses forces sur Na San qui dispose d'une piste d'atterrissage suffisante pour permettre l'établissement d'un camp retranché.
Salan donne l'ordre à la garnison de Than Uyen et au 6e BPC de se replier sur Na San qu'ils atteignent avec grande difficulté le 24 octobre. Il confie le commandement du camp retranché au colonel Gilles et fait constituer le GOMR destiné à sa défense et aux contre attaques.

Outre une piste atterrissage utilisable par les avions de transport, Na San est idéalement situé sur la RP 41 et dispose du double avantage d'être entourées de sommets permettant sa défense et d'être proche de Hanoï par voie aérienne (45 minutes pour un Dakota).

Salan fait alors établir un pont aérien qui, entre le 16 octobre et le 30 novembre, va acheminer 15 000 hommes (11 bataillons), 6 batteries d'artillerie, 2 500 tonnes de fret et 125 véhicules. Pour arriver à ce résultat il a recours à 655 Dakota militaires, 702 Dakota civiles et 116 avions cargo Bristol 170.

Opération de diversion « Lorraine »
Apprenant la présence d'un important dépôt de matériel et de munition à Phu Doan au nord est de Na San, le général Salan décide de gagner du temps et de lancer une opération de diversion qu'il confie au général de Linarès. L'opération, dénommée Lorraine, se déroule du 28 octobre au 17 novembre et met en œuvre trois groupes mobiles (GM1, GM3 et GM 4 des colonels Boisredon, Moneglia et Kergaravat) et un groupe aéroporté (GAP 1 du colonel Ducournau).

Le butin est de 250 tonnes de munitions, 1 500 armes de tous calibres et 4 camions Molotova. En outre, un régiment au moins de la division 308, le TD 36, a dû se dérouter pour s'opposer à l'opération.

23 novembre, 20 h
Le bataillon 322 du TD 88 tente de s'emparer du point d'appui no 8 (PA no 8) au centre du dispositif. Il est repoussé par la 11e compagnie du III/5e REI, commandée par le capitaine Marcel Letestu, en charge du PA, et par la 5e compagnie du 3e BPC arrivée en renfort. Un second assaut, la même nuit, aura le même dénouement.

Nuit du 30 novembre
Les points d'appuis 22 bis et 24, respectivement situés à l'ouest et à l'est du camp retranché, sont pris à partie par 9 bataillons. Alors que le 22 bis, défendu par une compagnie du BT 2 succombe rapidement au bataillon 115 (TD 165), une compagnie du BT 3 et une section du II/6e RTM, résiste trois heures durant au TD 102 sur le PA 24.

1er décembre
Le colonel Gilles, qui ne peut laisser aux mains du Viet Minh ces deux postes qui dominent la base, fait appel dès l'aube à ses troupes d'interventions. Ainsi, après une préparation d'artillerie, deux compagnies du 2e BEP s'élancent et investissent rapidement en début de matinée le PA 22 bis. Pour le PA 24 la lutte est plus difficile, la position n'est reprise par le 3e BPC qu'en début d'après midi après sept heures de combats[9].

Nuit du 1er au 2 décembre
C'est l'assaut général sur Na San. L'effort principal du Viet Minh se concentre au sud-ouest sur le PA 21 bis et à l'est sur le PA 26. Les 147 hommes de la 10e compagnie du 5e REI du Lt Bonnet, tué lors du combat, résistent à cinq assauts successifs du TD 209 sur le PA 21 bis. À l'extrémité est, le 3e bataillon du 3e REI du commandant Favreau, 560 hommes, va également repousser quatre assauts du TD 174.

Le camp retranché a résisté, Giap admet le 4 décembre sa défaite et retire ses divisions.
Pendant la bataille, le commandement français a employé pour la première fois une nouvelle tactique, appelée « le hérisson ». Il s'agit d'un concept de défense constitué d'un poste principal entouré de plusieurs positions armées appelés points d'appui (PA). L'objectif est de « réaliser autour du terrain d'aviation un ensemble fort avec points d'appuis battus par l'artillerie, plaçant le terrain à l'abri de toute attaque ennemie »[.
Cette tactique, qui permit la victoire française lors de la bataille de Na San, est devenue par la suite la norme en matière de défense jusqu'à la défaite de Dien Bien Phu.


Salan l'écrit dans ses mémoires, « sans elle [l'aviation], Na San n'était pas possible et je perdais la bataille du Nord-Ouest ».
De même, le général Koenig en déplacement dira « Salan, tout était dan l'appui aérien ! ». Dans ce même ouvrage il rend hommage et remercie le colonel Debernardy et les généraux Chassin et Dechaux. En effet, outre le pont aérien pour la mise en place du camp retranché et son ravitaillement, la défense sera assurée de jour comme de nuit par les Privateer, les B 26, les Hellcat et SB2C Helldiver de l'aéronavale et l'armée de l'air.


Récit du Général Raoul Salan Le Général Salan remet la Croix de Guerre à la 10ème Compagnie du 3/5ème R.E.I. à Na-San.


Extraits de "MÉMOIRES FIN D'UN EMPIRE" du Général Raoul Salan P. 348 et suivantes.
Pourquoi ai-je choisi Na-San pour me battre ? Son choix s'imposait par sa position même au cœur du pays Thaï noir où Giap a lancé son offensive. Situé pour ainsi dire au lieu géométrique des routes reliant Laï-Chau à Thanh-Hoa, le Nord Laos à la rivière Noire et au fleuve Rouge, Na-San offre particulièrement l'avantage de posséder un terrain d'aviation "dakotable" accessible en toute saison, et dont la défense peut être aisément organisée à partir du compartiment montagneux qui l'entoure. Ce terrain se trouve à cent quatre-vingt-dix kilomètres à vol d'oiseau d'Hanoï, soit quarante minutes de trajet pour un dakota qui dispose d'une ressource de près de huit heures. La chasse et le bombardement ont aussi de larges possibilités de soutien : un système de guidage est très vite installé. Le terrain sera recouvert de grilles. Sa position sur la R.P. 41, coupe l'unique voie de communication permettant aux camions et aux charrettes de remonter du Nord Annam sur Laï-Chau et Diên-Biên-Phù. Elle assure la couverture du Laos dans la seule région où nous pouvons livrer bataille dans les meilleures conditions possibles.
Na-San, c'est la base aéroterrestre type pour les opérations en Haute-Région telles que nous pouvons les conduire. Le terrain, long de 1.100 mètres, se situe au milieu d'une cuvette dont le grand axe est-ouest mesure cinq kilomètres et le petit axe deux kilomètres. Les mouvements de terrain qui couvrent permettent une installation défensive tenant la piste d'atterrisage hors des tirs d'infanterie et des vues de l'adversaire.


Na-San, qui veut dire "petite rizière", et où quelques chaumières abritent des travailleurs ne venant là qu'à la saison de la culture du riz, prend brusquement une dimensions exceptionnelle. Sous la direction du génie, qui dispose de deux compagnies aux ordres du Commandant Casso, des milliers de coolies aménagent un ensemble articulé de points d'appui qui couvre le terrain d'aviation. Cet ensemble comprend, outre un réseau de communications enterrées, des P.C., des dépôts et épaulement d'armes automatiques à rondins. Cinq cents tonnes de barbelés y ont été transportées au début et chaque jour ce sont vingt autres tonnes qui y sont décahrgées. Le groupement du Colonel Gilles, fort tout d'abord de huit bataillons et de quatre batteries de 105 M2, est sans cesse entretenu. Un pont aérien amène, certains jours de crise, jusqu'à quatre vingt dakotas qui apportent renforts, vivres, munitions, bulldozer, mulets… L'agitation à Na-San est extraordinaire, les mulets apportent l'eau de la cuvette jusque sur les pitons, ainsi que les vivres et les munitions. Le Colonel Gilles trône sur cet ensemble qu'il anime par une volonté et une activité débordantes. Moi-même, Linarès, Allard, Gracieux ou Dulac, y venons chacun à notre tour et repartons pour Hanoï donner à l'état-major les instructions nécessaires pour satisfaire les demandes du camp de Na-San……
S.M. Bao-Daï me demande à se rendre sur les lieux. Je l'y conduis le 28 novembre à 10 heure trente. De cette visite il conserve une impression de puissance et de force. Il me dit :
- "S'ils viennent s'y frotter, ils y laisseront des plumes. Souhaitons que Giap commette l'erreur d'y venir !…"
L'étau enserre la base aéroterrestre. Pendant la journée du 29, nos patrouilles ont des contacts tout autour du périmètre défensif. Nos points d'appui sont tâtés la nuit par un ennemi qui cherche visiblement à découvrir nos points faibles. L'aviation décèle de nombreux mouvements, des insdices d'organisation d'assaut, d'épaulements d'armes lourdes. Nos bombardiers prennent à partie sans relâche, du lever du soleil à la tombée du jour, les ennemis qui se mettent en place au plus près de l'objectif. L'adversaire sent que nous recomplétons à la hâte nos installations enterrées… Il nous voit dégager nos champs de tir, incendier les hautes herbes à paillote qui nous masquent les vues aux abords de nos positions, dérouler toujours plus de barbelés, poser des mines….
Il décide de ne plus attendre et de pousser l'attaque sans retard. Je renforce Na-San par deux bataillons de parachutistes, qui portent à à quatre le groupement Ducourneau. Je prescris à Gilles de les tenir soigneusement abrités car ils ne doivent être utilisés qu'en troupe de contre-attaque. Nous sommes bien d'accord sur le fait précis que tout point d'appui enlevé devra être repris immédiatement. Gilles dispose ainsi d'un ensemble qui est capable de rétablir la situation en cas de danger. L'ennemi ne doit à aucun moment pouvoir dominer la piste d'atterrissage et la placer sous ses feux. C'est une question de vie ou de mort pour la garnison de Na-San. Je renforce également le système d'artillerie par une batterie de 105 long et une de mortiers de 120 dont les obus feront de beaux dégâts…

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les points d'appui 22 bis et 24 sont attaqués avec une rare violence par des unités qui se précipitent par vagues sur nos défenses. L'adversaire prend pied dans les points d'appui, c'est grave. Gilles réagit très vite, lance les unités de choc à la contre-attaque avec un soutien massif d'artillerie. Dès le début de l'après-midi l'affaire se règle à notre avantage, le Viêt-Minh est repoussé et chassé. Nous conservons nos positions. Mais l'adversaire ne s'arrête pas là. Dans la nuit du 1er décembre, à 22 heures, on vient me prévenir qu'il attaque Na-San. Je me rends immédiatement à l'état-major où se trouvent également Gracieux et Juille, ainsi que Dulac. Je peux suivre le déroulement de la bataille, les oreilles collées aux écouteurs. C'est un vacarme infernal de toutes les armes tirant en même temps et on se croirait sur le front de Verdun lors de la grosse attaque allemande ! Gilles conserve tout son sang-froid, et dit :
- "Nous ne sommes pas entamés ! Ca tient partout ! C'est un déluge de feu indescriptible !"
De 21 heures à 7 heures du matin, attaquant à quinze contre un sur certains points d'appui où il porte particulièrement son effort, le Viêt-Minh se déchaîne sans remporter l'avantage. Toute la nuit, les dakotas tirent leur feu d'artifice et le champ de bataille s'éclaire d'une lueur rougeoyante. Nos canons placent leurs tirs contre les masses d'attaques devant nos réseaux et sur les colonnes qui montent par les vallons pour soutenir le combat.

Nos avions de bombardement, les Privateers de la marine, venus à la rescousse, attaquent les objectifs sur cette scène éclairée. Bataille fabuleuse !

Ce sont les P.A. 21 et 21 bis, et surtout le P.A. 26 tenu par le 3/3ème R.E.I. qui supportent l'assaut continu. Puis tout bruit cesse. Nous nous regardons, étourdis par l'intensité de ce vacarme indescriptible. Le matin même du 2 décembre, le Lieutenant Gauchetier, de l'armée de l'air, arrive de Na-San. Il a pu, au cours de cette nuit extraordinaire, enregistrer sur bande magnétique les péripéties du combat et nous les fait entendre. Puis il nous situe les pertes. Grâce à notre fortification de campagne, nous n'avons qu'une trentaine de tués et de blessés. Cinq cent quarante cadavres ennemis ont été décomptés devant les barbelés qui n'ont pas été détruits. Cinquante-quatre fusils-mitrailleurs, soixante-dix pistolets-mitrailleurs, deux mitrailleuses ont été récupérés, les deux tiers de ce bilan devant le seul P.A. 21 bis tenu par la 10ème Compagnie du 3/5ème R.E.I. Une rangée de douze F.M. a été littéralement hachée par le tir de flanquement d'une mitrailleuse lourde de cette unité…

Giap tenait à tout prix à nous détruire et à avoir sa victoire à Na-San. Il ne l'a pas eue… Nous sentons l'étau se desserrer.



…sans [l'aviation], Na-San n'était pas possible et je perdais la bataille du Nord-Ouest. J'ajoute que la flotte civile nous a apporté le concours de tous ses appareils. Au total, entre le 16 octobre et le 30 novembre, la piste de Na-San a reçu : 702 dakotas civils, 655 dakotas militaires et 116 Bristol cargos. Les aérotransports ont ainsi posé à Na-San quinze mille passagers dont onze bataillons, six batteries, tout un matériel opérationnel, deux mille cinq cents tonnes de fret divers et embarqué, en retour, les évacués sanitaires et les civils. Soit un traffic de vingt mille personnes, trois mille tonnes de fret et cent vingt cinq véhicules, en huit cent dix-huit missions civiles et six cent cinquante-cinq missions militaires. Le pont aérien a fonctionné presque tous les jours, pendant six heures durant à la cadence d'un avion toutes les dix minutes, permettant ainsi d'assurer la vie de Na-San.
Les missions de feux ont atteint une moyenne de quatre vingt-dix sorties par jours, et même de nuit pour les 30 novembre et 1er décembre, sans compter les éclairages presque chaque nuit… En parlant d'elles, les légionnaires et les "paras" disent : "Chapeau !". Il n'y a pas, à l'heure actuelle, de plus solennelle consécration dans le vocabulaire du corps expéditionnaire. Dans la bouche d'un capitaine d'infanterie, ce mot là équivaut à une citation à l'ordre de l'armée décernée à un caporal.
…J'avais bien mesuré toutes les difficultés de mon entreprise, et j'étais sûr de mon plan. Je connaissais le terrain, je connaissais mon adversaire et savais de surcroît que je pouvais tout obtenir des hommes placés sous mon commandement…

Puis je décore de la Croix de Guerre avec palme le fanion du 3ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, qui s'est distingué lors de la fameuse contre-attaque du 30 novembre qui a repris le point d'appui 24. Je remets la même distinction aux fanions du 3/3ème R.E.I. et de la 10ème Compagnie du 3/5ème R.E.I. grands gagnants de la nuit du 1er au 2 décembre…

Je termine ma visite en félicitant les reporters-photographes Jean Péraud, Daniel Camus et Corcuff, ainsi que les reporters-cinéastes Schoendoerffer et Lebon. Leurs armes, ce sont leurs appareils… Ils ont pris des images saisissantes de ces combats épiques, au mépris du danger. Leurs films serviront à réaliser un court métrage intitulé "la bataille de Na-San". Les clichés de Jean Péraud, reproduisant la contre-attaque du 30 novembre, constituent un document de vérité de tout premier ordre.









L'un des points d'appui tenu par le 3ème Bataillon du 5ème Régiment Étranger d'Infanterie au matin après une nuit de combats.
(Photo ECPA)




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Re: La bataille de Na San

Message par Invité le Jeu 10 Déc - 11:23

Merci Daniel

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Re: La bataille de Na San

Message par olivier le Lun 14 Déc - 18:18

Merci Daniel les viets ont compris pourquoi ils avaient perdu!!!!
mais NOS stratéges non pas compris eux et en 54 ont a payer le prix !!!!!
A MON HUMBLE AVIS
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Re: La bataille de Na San

Message par Admin le Mar 15 Déc - 5:08

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Re: La bataille de Na San

Message par Admin le Sam 31 Juil - 8:39

Un de ces Combattants peu ordinaire :

Le lieutenant Fourié s’étant porté volontaire pour les troupes parachutistes il est affecté en mai 1950 au 1er régiment de chasseurs parachutistes basé à Philippeville (Constantinois).

Cependant les événements s'aggravent en Indochine; en octobre, l'évacuation de Cao Bằng tourne au désastre: un bataillon de parachutistes coloniaux, le 3e BCCP est anéanti près de That Khe. En France, on décide de reformer, à Vannes, un nouveau bataillon, le 3e bataillon de parachutistes coloniaux, où le lieutenant Fourié sera affecté. Le 3e BPC embarque pour l'Indochine en décembre 1951.

Chef de section parachutiste, le lieutenant Fourié participe à toutes les opérations du Bataillon menées au Tonkin : c'est d'abord la très difficile évacuation de Hòa Bình, en février 1952, puis, dans la partie sud du Delta, l'opération "Mercure", où le Bataillon anéantit deux compagnies viêtminh.

Le 3e BPC est ensuite envoyé au Contre-Annam. Engagé successivement dans l'opération amphibie "Sauterelle" puis dans l'opération aéroportée "Caïman", il contribue de façon décisive à l'écrasement du 101e régiment viêtminh.

Pas un instant de répit pour le lieutenant Fourié qui est de tous les combats. En octobre, le bataillon est de retour au Tonkin. Il est parachuté à Phu Doan, au nord-ouest du delta, entre le fleuve Rouge et la rivière Claire, avec les 1er et 2e BEP (bataillons étrangers de parachutistes). Ce groupement para, aux ordres du colonel Ducourneau, s'empare à Tuyen Quang d'un très important dépôt de matériel.

C'est ensuite la bataille de NA SAN. Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les Viêtminhs lancent une attaque générale contre le camp retranché et submergent un point d'appui, le P.A. 24, ouvrant une brèche dans la défense. Le lendemain, le 3e BPC, le lieutenant Fourié, à la tête de sa compagnie, contre-attaque et reprend le point d'appui, qu'il défend âprement la nuit suivante.

À l'issue de ces combats d'une exceptionnelle violence, le lieutenant Fourié est cité à deux reprises à l’ordre de l’armée et se voit attribuer la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures avec palme.

Son commandant de compagnie raconte la suite : « Rentrés au Tonkin, le séjour se poursuit par une succession d'opérations dont émerge pour nous l'évacuation du camp retranché de NA SAN en août 1953. Fin août, nous apprenons que le 3e BPC doit donner naissance au 5e bataillon de parachutistes vietnamiens (5e BPVN). FOURIÉ est mon officier adjoint : il fait merveille auprès des Indochinois séduits par sa patience et sa gentillesse. Nous sommes parachutés à Dien Bien Phu le 22 novembre. Tout est calme et nous revivons les premiers jours de Na San. Malade, je passe la compagnie à Fourié en toute tranquillité d'esprit... »

Poursuivant sa mission avec la même détermination, le lieutenant Fourié tombe mortellement blessé lors des violents combats de décembre 1953 dans la région Nord de Dien Bien Phu où il s’illustre particulièrement comme en témoigne sa dernière citation.

Jeune commandant de compagnie d'une valeur exceptionnelle et d’un admirable courage. Vient encore de se distinguer par son allant et son indomptable énergie au cours des opérations menées dans la région nord de Dien Bien Phu (pays THAÏ) du 11 au 15 décembre 1953. Le 13 décembre 1953, sous un feu ennemi extrêmement violent et meurtrier, s'est élancé à la tête de sa compagnie à l'assaut de la côte 1168 puissamment organisée et tenue par l'adversaire. Par une manœuvre rapide, a occupé l'objectif qui lui avait été assigné, infligeant aux Viêt-minh des pertes extrêmement sévères. A trouvé une mort glorieuse au cours de l'action, après avoir eu la fierté d'installer son unité sur la position conquise, faisant l'admiration de tous par son sang-froid et son abnégation .
Nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, type même de l'Officier para au feu, il est entré dans la légende des parachutistes et dans celle de sa Promotion.

Il a été choisi comme parrain de promotion de la Corniche Brutionne du Prytanée militaire pour 2005-2006
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Re: La bataille de Na San

Message par olivier le Sam 31 Juil - 13:32

merci Daniel
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