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la Bataille de Dong Khé.

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la Bataille de Dong Khé.

Message par Admin le Jeu 10 Déc - 9:35

Vô Nguyen Giap, voulait tenir la route coloniale 4 afin de pouvoir bénéficier du ravitaillement en armes et munitions en provenance de Chine.
La première étape consistait à prendre la place de Dong Khé qui tomba entre les mains du Viêt-minh le 18 septembre 1950. Les autorités décidèrent alors d'évacuer la place de Cao Bang se trouvant à quelques 150 kilomètres au nord de Dong Khé. Cao Bang, possédant une garnison d'environ 3 000 hommes, totalement isolée, ne pouvait pas résister à un assaut massif du Viêt-minh.
Le colonel Charton reçut l'ordre de se replier sur la ville de That Khé à environ 100 kilomètres au sud de Cao Bang.
Une colonne de secours conduite par le colonel Lepage venant de That Khé devait venir à la rencontre des hommes de Cao Bang. Ce repli sur That Khé fut un véritable supplice.
Le Viêt-minh tendait des embuscades et décimait les rangs des soldats français.
Seuls quelques Légionnaires conduits par la capitaine Jeanpierre parvinrent à rallier That Khé.
En quelques jours, les Français y perdirent 4 800 tués ou disparus et 2 000 blessés sans compter un important matériel. La captivité des soldats faits prisonniers dura 4 longues années. Une minorité survivra.
La majorité de ces hommes mourut dans ces camps des suites de privations ou sous la torture infligée par des geôliers cruels.
Parmis ces geôliers, on y trouva même un Français, Georges Boudarel (qui était professeur de philosophie) qui devint l'un des responsables du camp de prisonniers No 113.
Il revint en France dans les années 1960 alors que sa condamnation à mort pour haute trahison avait été abolie...


Au cours de l'année 1949, le conflit indochinois change de visage et s'insère plus directement dans le contexte de la guerre froide. Avec la victoire des communistes en Chine, le Viet minh dispose de sanctuaires pour développer ses forces. Il bénéficie des approvisionnement en armes, en munitions et en vivres nécessaires à la conduite d'opérations de plus grande envergure.
L'armée régulière, la Chu Luc, compte désormais 100 000 combattants répartis en 70 bataillons. 36 de ces bataillons forme 4 divisions (Dai Doan). Les forces régionales rassemblent 40 000 hommes en 33 bataillons et 60 000 autres agissant localement. Malgré son échec de Phu Tong Hoa, Giap décide de maintenir la pression sur les postes français au nord du Tonkin.
En octobre 1948, la RC3 doit être abandonnée, y compris la forteresse édifiée par les légionnaires de la 4e compagnie du capitaine Mattei sur un piton rocheux dominant Ban Cao, une vingtaine de kilomètres au sud-est de Cao Bang.
Les postes qui s'égrènent sur les 116 kilomètres de la RC4 entre Cao Bang et Langson, apparaissent tout aussi inutiles et vulnérables. Les destructions, les pièges et les embuscades se multiplient, prélevant un lourd tribus sur les convois de ravitaillement, notamment au nord de Na Cham où la route est encaissée entre des massifs calcaires recouverts de jungle. Protégée par de puissantes fortifications bétonnées et ses légionnaires, Cao Bang reste cependant un objectif trop coûteux à prendre pour le Viet minh.
Son choix se porte sur le gros poste de Dong Khé qui succombe dans la nuit du 26 au 27 sous l'assaut de 3 bataillons. Le 3e BCCP saute directement sur les assaillants. Surpris, ceux-ci perdent 300 tués et décrochent en désordre.
Après de nombreuses hésitations, le haut commandement français choisit d'évacuer Cao Bang et les postes de la RC4. Une forte colonne de secours doit venir recueillir la garnison de Cao Bang au nord de Dong Khé. Cependant, le secret de l'opération est mal conservé et Giap décide de frapper le premier.



Dong Khé

Le 16 septembre, 5 bataillons d'infanterie et 1 d'armes lourdes encerclent le poste de Dong Khé. La place est gardée depuis le 8 septembre par les 5e et 6e compagnie du 2e bataillon du 3e REI, soit environ 300 hommes soutenus par un canon de 105 et un de 57.
La préparation d'artillerie ébranlent les fortifications malgré l'intervention des kingcobras de l'armée de l'air qui cherchent à museler les pièces ennemies dans l'après-midi. Les " bo doï " montent à l'assaut à 8 reprises et pénètrent dans l'enceinte du poste. La garnison compte déjà 40 morts et 86 blessés. Une violente contre-attaque lui permet de reprendre un peu du terrain perdu. Les combats se poursuivent toute la nuit. Certains blockhaus changent de mains à plusieurs reprises avant d'être définitivement perdu. Le toit de celui du sud-est s'effondre vers 6 heures du matin. Un seul rescapé peut rejoindre la trentaine de survivants acculés dans la citadelle.
Après un dernier message radio à l'aube, les légionnaires résistent encore toute la journée. Le capitaine Jaugeon (ou Vollaire ?) fait alors distribuer aux 19 légionnaires encore valides les 300 dernières cartouches. Trois groupes tentent de s'infiltrer dans les lignes ennemies sous le couvert de l'obscurité. Cinq jours plus tard, le capitaine Allioux arrive à That Khé avec 8 légionnaires dépenaillés et épuisés. Dans les jours suivants, deux caporaux puis un sergent les rejoignent après s'être évadés.
85 légionnaires sont morts. 140 autres prennent le chemin de la captivité, blessés ou ensevelis sous une marée humaine. Les pertes ennemies oscillent probablement entre 500 et 800 hommes hors de combat.



Les plans opposés

Malgré la chute de Dong Khé, l'évacuation de Cao Bang par la RC4 est maintenue à la grande colère du colonel Charton, averti au dernier moment par le général Alessandri, lui aussi opposé à l'opération. La garnison comporte le 3e bataillon du 3e REI (600 hommes) du commandant Forget, un bataillon de partisans, une section du génie, une section d'artillerie et 600 goumier du 3e tabors récemment aérotransportés en renfort.
Forte de 1 600 hommes, la colonne quitte Cao Bang le 1er octobre après avoir détruit 150 tonnes de munitions et les fortifications de la place. Elle est ralentie par ses véhicules et près de 600 civils qui craignent les représailles du Viet minh et n'ont pu être évacués par avion. Il faut néanmoins parcourir 22 kilomètres sur la RC4 pour rejoindre le groupement Bayard du colonel Lepage fort de 3 500 hommes. Le haut commandement pense ainsi prendre le Viet minh par surprise et constituer une force capable de repousser toutes les attaques.
Après quelques jours passés à That Khe, le colonel Lepage reçoit donc l'ordre de reprendre le poste Dong Khé. Il dispose pour cela du 1er et du 11e Tabors, d'un bataillon de marche du 8e RTM et vient d'être renforcé par l'arrivée du 1er BEP du commandant Segrétain, largué le 17 et le 18 septembre. 28 kilomètres séparent le groupement Bayard de Dong Khé et il faudra en couvrir 6 de plus pour rejoindre la colonne de Charton. Or, pour des raisons de sécurité discutables, le colonel Lepage n'est pas encore informé de cette partie de sa mission. En face, le piège est prêt à se refermer. Protégé par la jungle, le Viet minh engage sans éveiller l'attention les régiments 36, 88, 99, 165, 174, 175, 209 et 246 mais aussi la brigade 308 (La fameuse " brigade de fer ", unité d'élite bientôt transformée en division.) et des unités régionales, soit au total une trentaine de bataillons dont 6 ou 7 d'armes lourdes.
Pour diriger cette masse de 20 000 hommes, Giap dispose pour la première fois de moyens radios. La réaction française, lente et prévisible, lui permet de concentrer l'essentiel de ses moyens sur la zone d'opération et de monter une gigantesque embuscade.



Echec à Dong Khé

Le 1er octobre, le groupement Bayard approche de la cuvette de Dong Khé après avoir occupé le poste de Na Pa, abandonné par l'ennemi. Le peloton d'élèves gradés du lieutenant Faulque ouvre la marche. Vers 16 heures, après un bref accrochage, il fonce vers Dong Khé, distant d'à peine un kilomètre, entraînant le reste du BEP à sa suite.
Mais alors que les légionnaires commencent à descendre dans la cuvette, les Viets déclenchent un tir nourri d'armes automatiques et d'armes lourdes. Vers 17 heures, les parachutistes sont cloués au sol par les unités installées sur les crêtes avoisinantes. Toutefois, le poste lui-même semble faiblement occupé et le commandant Segrétain pense qu'il est possible d'emporter la décision avant la nuit. Le colonel Lepage opte pour la prudence et décide de remettre l'attaque au lendemain avec l'appui de l'aviation. Ce premier combat coûte 30 tués au BEP.
Le 2 octobre à l'aube, le groupement Bayard tente une attaque en tenaille pour occuper les hauteurs qui entourent Dong Khé. Les tirailleurs et le 1er Tabor doivent progresser par l'ouest, le 1er BEP et le 11e Tabor par l'est. Les Viets se sont considérablement renforcés dans la nuit et bloquent tous les axes d'attaque. A midi, malgré quelques progrès obtenus au prix de lourdes pertes, il devient vite évident que l'opération doit être abandonnée, d'autant plus qu'une météo défavorable a interrompu l'appui aérien.
Plus grave encore, les avions d'observation ont aperçu d'autres unités Viet minh en marche pour rejoindre le champs de bataille. Le colonel Lepage ordonne un retour vers That Khé, où le 3e BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes) vient de sauter en renfort, quand un message lancé par avion lui apprend l'évacuation de Cao Bang et sa mission de recueil. L'ordre vieux de deux jours est alors totalement inapplicable. Lepage décide donc de contourner Dong Khé par l'ouest en empruntant l'ancienne piste de Quang Liet puis de rejoindre Charton sur la RC4, une quinzaine de kilomètres plus au nord. Il laisse le BEP et le 11e Tabor au sud de Dong Khé pour fixer l'adversaire.
Si cohérent qu'il puisse paraître, ce plan est dès le début voué à l'échec en raison de l'énorme supériorité numérique des Viets. Les unités qui se tournent à l'ouest de la RC4 doivent progresser dans une jungle épaisse et accidentée où les communications radios sont difficiles et l'ennemi omniprésent. Les Viets se contentent en effet de masquer la position du BEP à Na Pa et poursuivent les hommes de Lepage. Le 2 octobre, en fin d'après-midi, ils attaquent en force, balayant une compagnie entière du 8e RTM.
Pendant ce temps, près de la RC4, les goumiers du commandant Delcros sont chassés de Na Kéo après des combats d'une rare violence où l'ennemi n'est pas comptable de ses pertes. Le commandant Segrétain ne dispose déjà plus que de 500 à 600 légionnaires-parachutistes sur un effectif initial de 800. Plutôt que d'être pris au piège dans la cuvette, il choisit de contre-attaquer pour prendre les hauteurs environnantes et de fournir une diversion susceptible de desserrer l'étau autour des troupes de Lepage.
L'assaut commence dans l'obscurité avec le soutien des goumiers rescapés. Tout d'abord surpris, les Viets se reprennent et déciment les légionnaires. Ceux-ci continuent néanmoins à avancer. Puis la progression devient impossible devant la formidable puissance de feu déployée par l'ennemi. Le commandant Segrétain ordonne à ses hommes de s'accrocher à la mi-pente. Avec le commandant Delcros, il informe par radio Lepage de son intention de décrocher peu avant l'aube. Celui-ci fini par accepter mais demande au BEP de le rejoindre.
Segrétain et Delcros décident de faire un détour par le col de Lung Phaï pour faire évacuer la centaine de blessés par les goumier encore valides. La colonne commence à peine à s'engager sur la route que les Viets la submergent. Les goumiers sont abattus ou dispersés et la plupart des blessés achevés. Les survivants refluent vers le BEP qui fonce droit devant lui. Une trentaine de légionnaires tombent mais les autres réussissent à se dégager. Le 3 octobre en fin de journée, les 400 survivants du BEP et quelques goumiers atteignent la côte 765, située à deux kilomètres au sud-ouest de Dong Khé. Ils sont fatigués et manquent de munitions mais leur calvaire ne fait que commencer.



Le piège se referme

Entre-temps, la situation du reste de la colonne de secours n'a cessé de se dégrader. L'ennemi semble partout. Depuis le poste de commandement de Langson, le commandement français envoie Charton à son secours par la piste de Quang Liet. Lepage décide alors de se retrancher dans la cuvette de Coc Xa qu'il estime plus facile à défendre. Le BEP rejoint les crêtes dominant la position de Lepage qui lui ordonne de descendre le rejoindre puis accepte que l'opération se fasse de jour et enfin préfère le laisser sur sa position toute la journée !
Charton ne reçoit ses nouveaux ordres que le 4. Il détruit ses véhicules et ses armes lourdes puis perd du temps pour trouver l'entrée de la piste, abandonnée depuis de nombreuses années. Toute la journée du 4, la progression est lente car il faut ouvrir la route au coupe-coupe.
A Coc Xa, Lepage ordonne finalement au BEP de le rejoindre sans tarder dans la cuvette. Les légionnaires doivent descendre une pente abrupte de 300 mètres dans l'obscurité. Une dizaine de légionnaires se tuent en tombant dans le vide, d'autres succombent aux coups des Viets qui s'infiltrent dans leurs rangs. A l'aube, ils ne sont guère plus de 300 autour de leur commandant.
A peu près au même moment, le 3e bataillon du 3e REI débouche dans la vallée de Quang Liet et se trouve immédiatement accroché par l'ennemi. Charton doit déborder par les crêtes pour que la colonne puisse poursuivre sa marche. A la tombée de la nuit, il établit enfin un contact radio direct avec Lepage et prend connaissance de la gravité de la situation. Pourtant la jonction ne peut s'effectuer le lendemain. Le terrain plus que l'ennemi ralentit la marche d'une colonne de plus en plus étirée. Dans la soirée du 6, le 3e bataillon de la Légion atteint seulement la cote 590 après de sévères combats d'arrière-garde.
Lepage a pris le commandement des deux forces dans l'après-midi du 6 et donne l'ordre à Charton de l'attendre, alors même que celui-ci pense pouvoir faire sa jonction avec les renforts en provenance de That Khé. Une nouvelle fois, Lepage place tous ses espoirs dans le BEP et lui demande d'ouvrir la voie à l'ensemble du groupement Bayard. C'est une mission suicide. L'assaut commence vers 3 heures du matin. Les légionnaires doivent affronter une muraille de feu. Epuisés, à court de munitions, ils progressent quand même en lançant les dernières grenades, baïonnette au canon ou couteau à la main. Au bout de quelques minutes, il ne reste que 110 hommes valides sur 300 et l'ennemi. Rendus fou de terreur, les Marocains foncent alors droit devant eux. Tirant indistinctement sur les légionnaires et les Viets, ils réussissent enfin à forcer le passage. Le groupement s'engage en désordre dans la brèche, perdant toute cohésion et une grande partie de ses effectifs.
Désormais, les Viets sont en place pour l'assaut final. Giap a rassemblé une quinzaine de bataillons et des armes lourdes autour des Français. Dès 6 heures du matin, des mortiers pilonnent les positions de Charton puis les pitons avoisinants sont enlevés un à un. Ordre est donné au 3e bataillon d'ouvrir la route vers That Khé en passant à l'ouest de la côte 477, toujours tenue par le 3e Tabor. Les légionnaires prennent un premier piton mais échouent devant un second où l'ennemi engage sans cesse de nouvelles troupes. Blessé à la cuisse, au bassin, à la poitrine puis à la tête, le commandant Forget tombe à la pointe du combat qu'il n'a pas quitté depuis le début de l'attaque. Ces derniers mots avant de mourir seront pour ses hommes : " Je meurs fier de mon bataillon ".
Le colonel Charton effectue deux tentatives de débordement infructueuses par l'ouest. L'arrivée des rescapés du groupement Bayard provoque un désordre général. Lepage et ses derniers officiers essayent vainement de reprendre le contrôle de leurs troupes quand les Viets s'emparent de la côte 477 qui domine les positions françaises.
Charton ordonne aux légionnaires de fixer l'ennemi et entraîne avec lui une poignée d'officiers et des éléments épars pour reprendre la côte 477. Blessé à plusieurs reprises, il finit par tomber aux mains de l'ennemi. Certains éléments réussissent cependant à s'échapper pour rejoindre le groupement Labaume parti de That Khé et arrivée sur la côte 608, 2 ou 3 kilomètres au sud-est. Le 3e BCCP du capitaine Cazeaux n'est pas loin non plus. En fin de séjour, il ne comporte plus que deux grosses compagnies. On lui adjoint la compagnie de marche du lieutenant Loth, formée d'un renfort de légionnaires initialement prévu pour le 1er BEP.
Pour le reste des colonnes Lepage et Charton toute résistance organisée est désormais impossible. Lepage et ses officiers optent pour une percée par petits groupes. Au total, 12 officiers et 475 hommes réussissent à rejoindre That Khé directement ou avec l'aide des éléments envoyés en renfort. Le capitaine Jeanpierre, les lieutenants Marce et Roy et 20 légionnaires du BEP et du 3e REI sont parmi les rescapés.
L'évacuation de Dong Khé commence le 9 octobre à la tombée du soir. La 4e compagnie du 3e REI est accrochée en couvrant le passage de la rivière. Le 3e BCCP la franchit à son tour le 11 octobre à 7 heures 30. Talonné par les Viets et bientôt morcelé, il ne pourra éviter une destruction quasi-totale.



Un bilan catastrophique

La 2e compagnie du 1er bataillon tient encore Na Cham. Le capitaine Mattei a fait hisser dans les falaises calcaires environnantes les pièces d'artillerie laissées à sa disposition par le groupement Bayard. Avec de maigres renforts, il va conserver ses positions plusieurs jours encore, recueillant les derniers rescapés du drame.
Malgré l'absence de menace, Langson est évacuée dans la précipitation. Le 2e bataillon du 5e REI forme l'arrière-garde. En quelques jours, le Corps expéditionnaire vient de perdre 4 800 tués ou disparus et 2 000 blessés sans compter un important matériel : 13 canons, 450 véhicules, 120 mortiers, 940 mitrailleuses, 1 200 fusils-mitrailleurs et 8 500 fusils.
Le haut commandement, la troupe et l'opinion publique prennent brutalement conscience que le conflit s'est transformé en une véritable guerre. La Légion, jusqu'à présent engagée avec succès contre le Viet minh, essentiellement dans le sud du pays, est abasourdie par la complète destruction de deux de ses bataillons parmi les plus solides.
Le corps expéditionnaire français se trouve désormais dans l'obligation de mener une véritable guerre. Le 17 décembre 1950, le général de Lattre de Tassigny arrive en Indochine avec les pleins pouvoirs civils et militaires. Pour la première fois depuis le début du conflit, une véritable stratégie va être mise en place.

A la suite des désastres de Cao Bang, de Dong Khê et de Langson, au nord du pays, le gouvernement chercha à rétablir la confiance en nommant, le 6 décembre 1950, le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef des troupes d'Indochine et, sur sa demande, il fut également nommé Haut-Commissaire.
Il chercha à redresser une situation militaire extrêmement difficile : le Viêt-minh contrôlait désormais une part importante du nord du pays.
Les Français redressèrent la situation en remportant les batailles défensives de Vinh-Yen en janvier 1951, au cours de laquelle furent utilisés des bombardements au napalm, et de Dong-Trieu en mars 1951.
Il chercha enfin à isoler le delta du fleuve Rouge, qui était la région la plus prospère, du reste du pays.
Mais, gravement malade, et éprouvé par la mort de son fils en Indochine, il fut rapatrié en France où il mourut le 11 janvier 1952.




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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Invité le Jeu 10 Déc - 11:23

Daniel

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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Admin le Jeu 27 Mai - 4:49

autre point de vue sur cette bataille :
La seule chance de réussir :prendre Dong Khé

Le samedi 30 septembre, « Bayard » s’est mis en route sous les ordres de Lepage. A 13 heures, les goumiers quittent That Khé à pied : objectif Dong Khé, qu’il faut re- prendre. L’opération, baptisée « Tiznit », ne sera pas de tout repos, car il est évident que les Viets, qui ont utilisé des moyens formidables pour anéantir les défenseurs de Dong Khé deux semaines plus tôt, tiennent solidement non seulement le poste et le village, mais surtout les sommets environnants. Le 1" octobre, Lepage occupe au passage le poste de Na Pa que les Viets ont abandonné. Plus loin, le peloton d’élèves gradés du 1" B.E.P. commandé par le lieutenant Faulques, se porte en tête de Bayard pour aborder la cuvette de Dong Khé. On ne peut mieux choisir pour cette mission. Ce peloton est le fer de lance d’une unité, le 1" B.E.P., que l’on peut classer parmi les meilleurs du Corps expéditionnaire français. Depuis deux ans, ses paras ont fait la preuve de leur efficacité au combat. Il est près de 16 heures, Dong Khé se trouve à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau. En bas, au fond d’une vaste cuvette, le village s’étale, ceinturé de rizières. Les assauts successifs ont laissé des traces : le poste est en ruines. Tout semble calme. Soudain, Faulques et ses hommes se font prendre à partie par une patrouille ennemie. Bilan : trois rebelles tués. Les survivants détalent. L’alerte va être donnée. Faulques prévient immédiatement le reste du bataillon. Le gros des forces viets ne va pas tarder à connaître la présence des Français. Il faut agir vite. Le capitaine Jean-pierre, commandant en second le bataillon, ordonne à Faulques de foncer sur Dong Khé avec son peloton. Le reste du B.E.P. suivra. Avec un peu de chance, se dit Jean-pierre, les Viets enfermés dans la citadelle ne sont pas nombreux. La surprise jouera. Faulques s’élance. Dong Khé n’est pas aussi proche qu’il le croit. Le lieutenant doit s’élancer sur plusieurs centaines de mètres, dégringoler dans la cuvette en empruntant la R.C.4. Les Viets ne sont pas pressés. Ils attendent, se préparent. Faulques et ses hommes débouchent dans la cuvette. Un feu violent de mortiers et de mitrailleuses s’abat sur eux. Les Viets tirent de partout : de la montagne, du poste sud, du blockhaus de la petite pagode. Il est 17 heures. Ni Faulques et son peloton, ni le reste du 1" B.E.P. qui les a rejoints ne peuvent bouger. Le tir le plus nourri vient de la montagne. A Dong Khé même, il y a peu de monde. « On pourrait, se dit le commandant Segrétain, patron du bataillon, prendre la ville sans trop de difficultés si Lepage faisait donner tout le groupement. » L’artilleur Lepage hésite. Sa méconnaissance du terrain et de l’ennemi le trahit. Il se rend mal compte de la situation, tergiverse et finalement refuse. Il préfère attendre le lendemain et monter une grande opération avec l’appui de l’aviation et de l’artillerie. Sans plus attendre, il demande par radio à la Z.F.N.E. de lui faire parachuter deux canons et leurs servants. Puis, après avoir installé son P.C. dans l’ancien poste de Na Pa, le chef du groupement dispose ses moyens sur les crêtes qui surplombent la cuvette. Jeanpierre et Faulques reçoivent l’ordre de se replier. Bilan de la journée : 30 morts et la seule chance de réussir qui vient de leur échapper. La fin de la soirée du 1" octobre est assez calme, de part et d’autre. Cela permet, la nuit du 1 au 2, la mise en place d’un dispositif en tenaille qui déborde Dong Khé par les côtés : à l’ouest, le 1" Tabor et le 8’ R.T.M. ; à l’est, le let B.E.P. et les deux goums du 11’ Tabor sur le Na Kheo. A l’aube du 2 octobre, commence la ter- Plus haut, le 5e Goum a progressé au prix de multiples accrochages qui ont fait de nombreuses victimes, jusqu’à une ligne de crêtes solidement tenue. Le goum placé face à la crête du Na Kheo est attaqué furieusement. Les pertes sont énormes des deux côtés, les cadavres et les blessés jonchent les deux pentes de l’arête. Pour comble de malheur l’aviation, qui a profité d’une éclaircie pour mitrailler les lignes ennemies, se met à straffer du mauvais côté de la crête. Les Viets, entendant venir les avions, se sont mis à couvert, seuls restent en vue les goumiers. Hélas ! ils portent une tenue verte qui ressemble à celle des Viets. Les aviateurs s’y trompent et mitraillent nos lignes. Impossible de corriger leur tir par radio directe. Ils font plusieurs passages meurtriers. Enfin le lieutenant des transmissions du goum, Raoul Montaud, réussit a trouver un emplacement pour placer ses panneaux de signalisation, malgré le feu d’enfer qui l’entoure sans le toucher. Grâce aux panneaux et aux relais radios, les aviateurs comprennent enfin qu’il faut déplacer leurs interventions. Le temps se couvrant à nouveau, l’appui aérien doit cesser. Pour « Bayard » c’est une catastrophe, car l’intervention de l’aviation pourrait tout changer en permettant d’occuper solidement les sommets qui entourent Dong Khé et en paralysant la citadelle occupée par les Viets. rible bataille. Dans la nuit, les Viets ont, en effet, rameuté toutes leurs unités. En pleine jungle, sur les pitons calcaires, avec leurs milliers de grottes qui servent d’abris aux canons, mortiers et mitrailleuses, l’ennemi est partout. Les Français ne savent pas comment le trouver et les Viets eux-même semblent souvent ignorer où « crapahutent » les unités de Lepage. Les paras du 1" B.E.P. découvrent dans la matinée les officiers d’un régiment viet en train de faire le point sur une carte. Les officiers sont descendus à grandes rafales mais leur régiment réagit et, pendant plus d’une heure, se déroulent des combats d’aveugles dans une végétation étouffante. Circonstance aggravante, les Morane de reconnaissance signalent la présence de grandes concentrations viets qui se dirigent vers Dong Khé. Le piège se referme. A midi, terme échu de la mission, celle-ci n’est pas remplie. Dong Khé n’a pas été reprise. Le verrou qui bloque la route de Cao Bang n’a pas sauté.

Sources "Connaissance de l’histoire" Hachette 1982
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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Admin le Mar 15 Juin - 3:42

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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Invité le Mar 15 Juin - 4:32

merci Daniel

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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Invité le Mar 15 Juin - 8:01

Merci Daniel

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Re: la Bataille de Dong Khé.

Message par Admin le Mer 16 Juin - 3:55

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