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Indochine 9 Mars 1945

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Indochine 9 Mars 1945

Message par Invité le Mar 10 Nov - 18:27



Pendant huit ans, le meilleur sang de France a coulé en Indochine. Dans ce pays qui -souffrance, charme et fascination mêlés- l'a si profondément imprégné, le Corps expéditionnaire a livré un combat ingrat, attachant, magnifique, où se sont révélés et forgés des hommes et des corps d'élite dont les qualités, l'expérience et les souvenirs marqueront l'évolution politico-militaire de la guerre d'Algérie. Tout avait commencé le 9 mars 1945. Ce jour-là, que le colonel Romain-Desfossés a vécu, se sont écrites les pages d'héroïsme sans doute les plus ignorées des Français.



Le colonel parachutiste Romain-Desfossés servit pendant douze années en Indochine. Il y était le 9 mars 1945. Il a fait la retraite de Chine, "une harassante" longue marche" dans la colonne Alessandri. En Algérie il commanda un régiment para de la 10e D.P.
HA GIANG, le 9 mars 1945, 18 h 50. Dans le salon de la résidence, son épouse à ses côtés, entouré de six officiers, le chef de bataillon Moullet, commandant le 3" territoire militaire, attend la visite du commandant Sawano.
La veille, celui-ci a invité les officiers français à venir dîner ce soir, 9 mars, à 19 heures, au cantonnement japonais. Mais la situation, depuis quelques semaines, s'est tellement tendue que Moullet s'est méfié et a convié au contraire le commandant Sawano à venir à la résidence avec ses officiers pour l'apéritif.
Or à 17 heures, il a reçu un télégramme chiffré du résident supérieur' au Tonkin lui signalant l'imminence d'une attaque japonaise. Il a aussitôt mis en alerte la moitié de la garnison, et maintenant il attend ... L'atmosphère est lourde de menaces, oppressante ...
La traîtrise
18 h 55. Le commandant Sawano, escorté de ses officiers, la main sur leur sabre, fait son entrée. Raide, il joint les talons, salue, se casse en deux à la japonaise. Puis, souriant, il dit son désir d'avoir de bonnes relations avec l'armée française.
Les verres sont distribués. Chaque officier nippon se place devant un offic.ier français et lève son verre ...
19 heures. Le commandant Sawano, se disant subitement fatigué, sort. Le commandant Moullet monte à l'étage et appelle la caserne.
19 h 5. L'électricité s'éteint brusquement. Chaque officier japonais bondit sur son vis-à-vis. Une section japonaise jaillissant de la nuit encercle la maison.
Avant d'avoir pu faire un geste, le capitaine Jolly et le lieutenant Van den Akker sont abattus, le médecin commandant Courbière, le capitaine Vaillant et l'aspirant Viret capturés. Le lieutenant Kéréneur se dégage et rejoint le commandant Moullet en haut de l'escalier. Revolver au poing, ils tiennent les Japonais en respect.
Au même moment une fusillade intense se déclenche dans la ville. Les panneaux de bambous cachant les cantonnements japonais au pied de la caserne française s'abattent et neuf cents Japonais hurlant montent à l'assaut du fort en construction. Ils attaquent à la grenade et au lance-flammes ...
A la résidence, poussant devant eux Mme Mollet, tenant son bébé de cinq mois dans ses bras, à demi étranglée par un nœud coulant, les Japonais gravissent l'escalier ... Au fort et dans les casernes, le combat fait rage. Deux cents Européens et Indochinois se battent à un contre quatre avec acharnement. A 3 heures du matin, les Japonais réussissent à prendre pied sur les superstructures du fort. Ils font ébouler de la terre devant les créneaux ou les obstruent avec les corps des prisonniers capturés ... Au lever du jour, les Japs tirent au canon de plein fouet dans les embrasures des casemates et sur la caserne dont les murs s'effondrent...
A la résidence, le commandant Mollet et le lieutenant Kéréneur qui ont abattu quatre Japonais, sont capturés dans les combles. Mais au fort, le feu faiblit, les munitions s'épuisent. Bientôt les défenseurs brûlent leurs dernières cartouches.
A 7 heures, ils doivent se rendre. Soixante-dix coloniaux, légionnaires et tirailleurs ont été tués. Bien davantage blessés. Deux cent cinquante cadavres japonais jonchent les lieux du combat.
Alors après la traîtrise, l'horreur:
La plupart des femmes françaises sont livrées à la soldatesque japonaise ivre de rage. Elles sont publiquement violées par des grappes de brutes qui se disputent leurs corps. Plus de cent prisonniers pris les armes à la main sont massacrés: quarante-quatre sont tués à coups de pelles et de pioches. Les autres sont emmenés au bord de la rivière où la population civile a été rassemblée, les femmes françaises devant. Ils sont abattus par un nationaliste que les Japonais ont installé à une mitrailleuse.
L'adjudant R. s'est battu toute la nuit. Il est garrotté et mis à genoux avec une barre de bois dans les articulations qui se brisent: Sous ses yeux, sa femme est violée par des dizaines de Japonais. Puis il est massacré devant elle. .
Au moment de la reddition, quelques hommes, dont plusieurs blessés, réussissent à prendre la jungle. Des détachements japonais les prennent en chasse. Epuisés, ils sont presque tous rattrapés et tués. Un des détachements traîne avec lui, attachées, la femme et la fille d'un sous-officier tué. Aux haltes, ils « s'en servent ». Elles tentent de s'échapper. Elles sont décapitées au sabre.
Decoux maintient l'influence française
La même nuit, à la même heure, un drame semblable s'est déroulé sur tout le territoire, partout où les troupes françaises ont eu le temps d'ouvrir le feu.
C'en est fait de la souveraineté française que l'amiral Decoux avait réussi depuis cinq ans à sauvegarder sous l'obédience de Vichy d'abord, puis secrètement sous celle du gouvernement provisoire qui l'a maintenu dans ses fonctions. Pourtant, en 1940 Tokyo s'était engagé vis-à-vis du maréchal Pétain à respecter l'intégrité de l'Indochine française. Que s'est-il passé depuis?








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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Invité le Mar 10 Nov - 18:33

L' indochine se met à l'heure de la révolution nationale et les relations franco-japonaises sont"correctes". Decoux dcoreNishikara du Dragon d'Annam et reçoit l'ordre du soleil levant.
Le 19 juin 1940, alors que la défaite de la France est consommée, le Japon exige du gouverneur général Catroux:

- L'arrêt du transit vers la Chine par le Tonkin;
- La mise en place de détachements de contrôle japonais à Haiphong et dans les villes frontières.
Devant la menace de trois divisions japonaises du Kouang Si, et le refus rl'intervenir des Anglais et des Américains, Catroux doit s'incliner. Vichy le désavoue, le remplace par l'amiral Decoux, mais n'en est pas moins obligé de signer avec Tokyo les accords du 30 août, donnant en outre aux Japonais qui ont accru leurs demandes, trois aérodromes et le droit de faire stationner six mille hommes au Tonkin. En échange, Tokyo s'engage à respecter la souveraineté française sur l'Indochine.
Mais sans attendre la conclusion de la convention. militaire d'application, la 5" division de l'armée de Canton attaque par surprise la région de Lang Son le 22 septembre. Malgré la résistance acharnée de certains postes (les Japs perdent huit cents hommes devant Na Cham défendu par le capitaine CarIi), la défense est submergée.
Un ordre du Mikado met cependant fin à l'agression et la mise en place des effectifs japonais prévus s'achève pacifiquement.
Les Japonais engagent alors une « opération séduction » ; visites, sourires, courbettes, cadeaux ... Mais les Français, après•« l'affaire de Lang Son », sont encore plus anti-Japonais qu'anti-Allemands. Plus tard, l'intervention diplomatique des Nippons à notre détriment, lors des hostilités franco-siamoises, puis l'aggravation de leurs exigences, après Pearl Harbor, sur le stationnement de leurs effectifs, avivent encore leur ressentiment. Les militaires des deux armées ne se saluent pas. Il se crée un « modus vivendi » d'ignorance mutuelle.
Les services diplomatiques et les autorités militaires japonaises respecteront, en principe, les accords signés. Par contre, la Kempeïtaï - la Gestapo japonaise - qui mène discrètement une action autonome, va engager une action intense pour activer ou susciter tout ce qui peut être antifrançais.
Le gouvernement Decoux s'emploie à neutraliser ces menées et à montrer que notre souveraineté n'est pas qu'une façade. Les Indochinois qui affichent une appartenance japonaise illégale sont poursuivis et des opérations militaires réduisent les tentatives de rébellion. Les rapports des Européens et des Indochinois s'approfondissent et, en face des Japonais, se développe une• solidarité française.

La population indochinoise est, dans son immense majorité, attachée à la France dont elle respecte l'administration et l'armée. Avec réalisme, l'amiral Decoux exploite à fond la concordance qu'on peut faire apparaître entre le « travail- famille - patrie » et la morale confucéenne, base d'une société très policée et encore ignorante du marxisme. On développe .un mythe du maréchal, et un peu partout apparaît au-dessus de l'autel des ancêtres l'image du vieillard majestueux el serein, si conforme à l'éthique d'un peuple profondément respectueux de l'ordre et de la sagesse des anciens.
Decoux est conscient, par ailleurs, d'un malaise qui se fait jour dans la jeunesse évoluée et insatisfaite de n'avoir pas suffisamment accès aux affaires du pays. Il s'intéresse à cette jeunesse, lui faisant entrevoir un avenir français où elle aura sa place. Il concrétise cette action par des réformes immédiates facilitant l'accession des Indochinois à la fonction publique à égalité de traitement avec les Européens. Il acquiert de ce fait auprès de la population un ascendant et une confiance qui, ultérieurement, auraient pu changer bien des choses.
Le nationalisme
Il existe des mouvements nationalistes bourgeois ou révolutionnaires, dont les principaux sont le Viêt-nam Quoc Dan Dang, inspiré du Kouo-Min-Tang chinois, et le Viêt-Nam Cong Sang Dang, parti communiste indochinois, indépendant du parti communiste français et créé à Hong Kong en 1930 par Nguyen Aï Quoc, délégué du Kominterm. Ce dernier, après dix-sept ans d'absence en Russie et en Chine, a refait surface en 1940, sous le nom d'Hô Chi Minh. Possédant à fond toutes les techniques de structuration et de maniement des foules, il va s'employer à fusionner les divers groupes nationalistes dans un « front national », le Viêtnam Doc Lap Dong Minh Hoï, qui deviendra le Viêt-minh. Cependant, si efficace que soit l'action menée par Hô Chi Minh, l'ensemble de ces mouvements n'a auprès de la population qu'une faible audience, limitée aux milieux urbains.
La Kempeltaï va s'employer à les dynamiser.
Pétainistes ou gaullistes, tous les Européens sont violemment antijaponais, car ils savent que la victoire des Nippons entraînera l'éviction des « Blancs » de l'Asie. Les pétainistes estiment que, dans la conjoncture, une action antijaponaise n'aura d'autre résultat que d'accroître la pression nipponne; les gaullistes, qu'il faut s'assurer des atouts dans le camp des Anglo-américains. Dès J'arrivée des Japonais, des contacts sont pris par les « premiers résistants » - dans le Sud avec les Anglais de Malaisie, dans le Nord avec des agents américains de Chine.
Ces activités, limitées au renseignement, restent très localisées. La propagande des Français gaullistes en Chine incite les officiers des postes frontières à déserter, leur promettant un avancement immédiat - elle n'a pas d'effet. Ils restent à leurs postes, sachant que leur départ entraînera aussitôt une extension de l'emprise japonaise.
Toutefois, lorsque les Allemands occupent la zone libre, la crainte de voir les Japonais en faire autant emporte les hésitations.
Deux officiers, les capitaines Levain et Milon prennent l'initiative d'un contact secret avec Alger, via la Chine et les Indes. Dans un premier temps, un E-M. clandestin, sous le couvert du Bureau de statistiques militaires (B.S.M.) doté de matériel radio parachuté - en liaison avec la « Force 136 » - Organisation anglaise des Indes de renseignement et d'action dans les territoires occupés par les Japonais - s'efforce de mener une action semblable. Les révolutionnaires annamites renseignent les Japonais sur certaines activités des résistants.
Courant 1944, la Résistance est réorganisée dans l'obédience du gouvernement provisoire dont le délégué général devient le général Mordant - précédemment commandant supérieur, ayant cessé ses fonctions atteint par la limite d'âge - qui coiffe les autorités civiles et militaires. L'amiral Decoux lui est ainsi subordonné, secrètement afin de ne pas donner l'éveil aux Japonais.
L'amiral accepte cette organisation, mais convaincu que le vrai problème est le maintien sans discontinuité de la souveraineté française, il réprime officiellement avec rigueur les manifestations inconsidérées de « certains résistants » afin d'ôter aux Japonais tout prétexte d'intervention. L'avenir lui donnera malheureusement raison
Decoux dispose en effet de moyens dérisoires. L'armée ne compte que 54 000 hommes, dont 12 000 Européens plus ou moins usés par six à huit ans de séjour tropical. Ne pouvant manœuvrer qu'à pied, ne disposant que de quelques blindés périmés et de quelques avions de reconnaissance anciens, celte armée n'a de munitions que pour cinq jours de combat.



« Premier flirt ... "
De mai 1941 à début 1944, l'Indochine, à l'écart de la guerre mondiale, vit dans une tranquillité troublée seulement par les bombardements américains. Français et Nippons s'ignorent. Mais durant l'année 1944, l'attitude des Japonais se durcit progressivement. Ils nous imputent (avec raison) l'efficacité accrue des bombardements américains... En outre, si les Américains débarquent, la réaction de l'armée française est prévisible.
Fin 1944, les « Japs » renforcent partout leurs détachements et en placent de nouveaux ... Parallèlement, ils présentent de nouvelles exigences: participation à l'entretien des troupes nipponnes …remise des aviateurs américains abattus…
Decoux refuse.
Ils provoquent des incidents de rue.
Un jour, une .compagnie de tirailleurs tonkinois (capitaine Chansard) doit forcer un de leurs barrages, baïonnette au canon. Des officiers japs rôdent autour de nos cantonnements.
Nos services de renseignements « sentent » que le danger se précise, mais les indices matériels manquent. Cependant, le 6 mars, le commandant Reul, chef du 2" territoire militaire, prévient le général Sabatier, commandant le Ton.kin, que, de très bonne source chinoise, une attaque japonaise est imminente (1).
L'ambassadeur Matsumoto, à Saigon, demande à l'amiral Decoux une audience pour le 9 mars à 19 heures au sujet du ravitaillement de l'armée japonaise. Le 8 mars, le général Sabatier est prévenu par le résident supérieur que, selon la Sûreté l'attaque japonaise est pour le soir ou le lendemain. Aussitôt il met le territoire en alerte, donne au général Massimi, commandant la citadelle d'Hanoi, l'ordre de consigne immédiate, puis va rejoindre son P.C. opérationnel.
« Premier flirt »... « Saint-Barthélémy »,.. Tels sont les messages conventionnels qui doivent prévenir les troupes d'une agression japonaise localisée ou d'une attaque brusquée générale.
A '18 h 30, l'amiral Decoux reçoit l'ambassadeur Matsumoto qui parle de ravitaillement des troupes nipponnes ... puis de propos tenus à la radio par le général de Gaulle ... puis de la possibilité d'un débarquement américain. Brusquement, il pose un ultimatum: « Intégration immédiate des troupes françaises dans les forces japonaises » ... L'amiral a « jusqu'à 21 heures pour donner sa réponse ».
En, cas de réponse négative, l'armée japonaise attaquera sur-le-champ. « Les 40000 civils en supporteront les conséquences. » L'amiral sait que le refus est un suicide: aucune intervention alliée n'est prévue avant des mois.
Mais il Y a l'honneur de la France. Il répond « non

LES ATROCITES JAPONNAISES





(Les grottes de Ky-Lua qui ont été le théâtre des massacres de prisonniers Français par les Japonnais. Ceux qui furent épargnés allaient etre trés souvent
enfermés dans des gages jusqu'à la capitulation du Japon. Beaucoup d'entre eux, déja affaiblis par le climat, n'y résistèrent pas.





A 21 heures, il est arrêté ... La fusillade et les explosions éclatent dans toute la ville, accompagnées par rumeur immense rumeur de hurlements.
Humilier le Blanc
La KempéÏtaÏ, la féroce gendarmerie japonaise, se déchaîne particulièrement contre les résistants qu'abritait Saigon. Perquisitions, arrestations. Les colonnes de prisonniers sont promenées à travers la ville.
Enfermés dans des cages, Obligés, chaque jour, pendant dix-sept heures consécutives de rester accroupis sans pouvoir s'appuyer, ni parler, ni même fermer les yeux, ils n'en sortent que pour les interrogatoires sous la torture.
Tout est mis en œuvre pour en' faire des Loques humaines. Il faut humilier le Blanc, le briser, l'avilir par tous les moyens pour enlever aux Asiatiques leurs derniers complexes.
Les Nippons incitent les groupes révolutionnaires à ameuter la population contre les Européens.
Hanoi, 19 h 30. Après vingt-quatre heures de tension extrême, le climat semble s'être allégé dans l'après-midi. On se dit « Ce n'est pas encore pour ce soir » et On se met à table pour dîner.
20 heures. Les portes des cantonnements japonais s'ouvrent. Des camions bondés de soldats sortent à toute vitesse.
Aux carrefours, ils mettent des armes automatiques en batterie et ouvrent le feu, prenant les rues en enfilade.
Des milliers d'hommes se déploient autour de la citadelle. Celle-ci n'est qu'une enceinte rectangulaire formée d'un simple mur de brique percé de 'créneaux verticaux. Aucune protection contre les grenades ou les Obus. La garnison : le personnel des états-majors et des services du 4" régiment d'artillerie coloniale, du g" régiment d'infanterie coloniale, du 1" régiment de tirailleurs tonkinois, les employés de l'intendance et de l'arsenal, plus ou moins « bras cassés > et inaptes sanitaires.
Seules unités de combat, deux batteries de 75, un peloton motorisé de coloniale et un de Légion. Au total: trente Officiers et neuf cent soixante sous-officiers et soldats, dont un certain nombre de recrues tonkinoises à l'instruction.
Sur les faces Nord, Est et Sud, la citadelle est dominée par des immeubles à étages de la ville d'où les Japonais qui les occupent tirent à vue directe à l'intérieur de l'enceinte.
A 20 h 20, une pluie d'obus tombe dans la citadelle, causant de lourdes pertes aux défenseurs qui n'ont pas d'abri, mais cependant font face partout.
Bazeilles et Camerone à Hanoi
A 20 h 40, les Japs lancent une violente attaque contre la face Est où se trouve l'entrée principale. Ils sont repoussés. Jusqu'à 23 heures ils attaquent sans interruption. Les défenseurs savent qu'il leur faut ménager leurs munitions. Sous un déluge de feu, ils ne tirent qu’à coup sûr. Les cadavres des Japonais jonchent les abords. Vers 24 heures, les canons japs ont fait une brèche de quinze mètres dans le mur d'enceinte. Elle est colmatée par des chevaux de frise. Une automitrailleuse et un canon en interdisent l'accès. A plusieurs reprises, des masses d'assaillants tentent vainement de forcer le passage. Ils y laissent des monceaux de cadavres.
Nos artilleurs tirent de plein fouet et à bout portant. Les servants, à découvert sous le feu, sont remplacés au fur et à mesure qu'ils tombent.
A 2 h 30, un groupe de Japs réussit à s'infiltrer, mais doit se replier. A 4 h 45, la pression de l'ennemi augmente sur les positions des tirailleurs tonkinois, mais ceux-ci, galvanisés par le commandant Dumaine, ne cèdent pas un pouce de terrain. Les pertes des Japonais sont terribles, mais des troupes fraîches leur arrivent en renfort sans discontinuer.

A 5 heures, après un violent bombardement, ils s'emparent du poste de police de la porte Est et du bâtiment de commandement du g" R.I.e., mais ne peuvent aller plus loin. Ils tentent de franchir la porte Sud, mais sont repoussés au canon.
A 7 h 30, les Marsouins du commandant Jacoby, renforcés par des groupes à pied du 4 e R.A.C., contre-attaquent, appuyés par trois chars et trois automitrailleuses. Les blindés sont aussitôt détruits par les antichars japs. Cependant la contre-attaque récupère tout le terrain perdu.
A 13 h 30, la situation est bonne. Les hommes, épuisés, ont un moral extraordinaire. Il y a cinq ans qu'ils attendaient ce combat. Cependant les cartouches manquent... le feu des fantassins ralentit. Mais les Bigors du colonel Cadoux et du commandant d'Argencé ont encore des obus. Alors, à découvert, ils poussent leurs pièces à bras jusqu'à cinquante mètres des Japs et tirent, tirent ... Ils sont tous tués. D'autres les remplacent.
A 15 h 45, le général commandant supérieur, capturé la veille par surprise, ordonne de cesser le feu afin d'éviter des morts inutiles. Le général Massimi exige les honneurs de la guerre.

Le général Mikouni vient le saluer et fait rendre les honneurs par le général Okada qui a commandé les troupes d'assaut. C'est le seul combat d'alors où les Japonais se sont conduits honorablement.
En dix-neuf heures de feu ininterrompu, sur mille hommes, nous avons perdu deux cents tués dont dix officiers et deux cent soixante et un blessés.
Les Japonais ont eu plus de mille tués. Les coloniaux et légionnaires, Indochinois et Européens, ont refait ensemble Bazeilles et Camerone.
Et ainsi, partout on se bat...
A Na Cham, la compagnie tonkinoise du capitaine Méric repousse toutes les attaques pendant trois nuits consécutives. Le poste, écrasé par l'artillerie, est submergé. La compagnie a perdu la moitié de son effectif. Mais les Japs ont eu plus de deux cents morts. Le capitaine Méric, pris les armes à la main, est exécuté.
Décapités au sabre
Dong Dang, également détruit par l'artillerie, a repoussé tous les assauts pendant trois jours. Le général japonais qui a conduit l'action félicite publiquement le capitaine Anosse, puis le fait abattre devant lui. Cinquante-deux prisonniers, dont deux femmes tonkinoises qui ont soigné les blessés, sont massacrés. Les Tonkinois sont utilisés comme mannequins vivants pour l'escrime à la baïonnette et les Européens décapités au sabre. Et c'est la mort héroïque du marsouin Bravaqui. Il reçoit trois coups de sabre avant de mourir. Chaque fois, il hurle « Vive la France. »
A Ha Coi, le capitaine Régnier, invité et capturé par les Japs, est sommé, sous menace de mort, de donner à ses hommes un ordre de reddition. Nouveau chevalier d'Assas, il leur crie : « Faites votre devoir » et il est tué.
A Thakkek, au Laos, les Japs se sont heurtés à une sérieuse résistance. Ils rassemblent la petite colonie européenne et tuent cinquante personnes dont deux évêques missionnaires.
A Hué, comme à Hanoï, il y a aussi une défense héroïque de la citadelle. Une partie de la garnison arrive à sortir de l'encerclement. Certains parviennent en Chine, après 1 500 kilomètres à travers la jungle. D'autres n'y arriveront jamais.
A Lang Son l'affaire est mal engagée : malgré le message d'alerte, le colonel Robert a accepté de se rendre avec le résident Auphelle à l'invitation des Japs qui lancent aussitôt leur attaque, appuyée par un violent bombardement.

Une partie des troupes n'est pas à ses emplacements de combat. La position, étendue, comporte des points d'appui éloignés les uns des autres. Chacun se bat où il se trouve. Les lignes téléphoniques ont été détruites. Les chefs ne peuvent donner leurs ordres. Le général Lemonnier, isolé, se bat au mousqueton dans un blockhaus. Le combat se pour-' suit durant quarante-huit heures.
Quand la garnison succombe, elle a perdu quatre cents tués et blessés, mais les Japonais, sur plusieurs milliers d'hommes, ont laissé la moitié de leur effectif.
Les 12 et 13 mars, quatre cent soixante prisonniers sont exécutés sauvagement : égorgés" fusillés ou massacrés à la baïonnette. Le colonel Robert, le général Lemonnier et le résident Auphelle ont refusé de servir de parlementaires : le colonel est exécuté dans sa prison. Le général et le résident sont décapités.
Le lieutenant de Légion Duronsoy a vu tous ses vieux chars Renault détruits. Deux fois blessé, il a continué à combattre à pied. Au lieu d'exécution, il demande aux Japonais de ne fusiller que les officiers et fait chanter « la Marseillaise » à ses compagnons.
Le lieutenant d'artillerie Ducasse, percé de onze coups de baïonnette, se dégage à la mitraillette et va rendre' compte de sa mission avant de s'écrouler.
Le cantonnier Nguyen est séparé des Européens par les Japs qui disent n'en' vouloir qu'aux Français. Il va rejoindre ses camarades en disant: « Je suis aussi français qu'eux» et meurt en chantant « la Marseillaise ».
Et tant d'autres ...
Après ces trois jours de combat sans merci, il ne reste plus comme unités pouvant combattre que 'celles qui ont pu décrocher à temps et qui, à travers la brousse, cherchent à rejoindre la zone nord-ouest où le général Alessandri s'efforce de les regrouper le long de la route de Son-La, axe de la manœuvre dans ce qui reste du plan initial.
La longue marche
C'est une course de vitesse contre les Japs qui foncent en camions depuis Hanoi sur cette route. Alessandri peut arriver à temps, grâce au sacrifice des disciplinaires du 9" colonial qui bloquent les Japonais dans les défilés de Cho Bo.
C'est alors la « Longue Marche », restée dans la mémoire des rescapés du Tonkin.
Ne cédant le terrain que pied à pied, les légionnaires du 5• étranger, les anciens d'Alessandri, ne passeront la frontière chinoise qu'après deux mois d'une retraite harassante et soixante engagements. D'autres détachements en Annam et en Cochinchine ont réussi à prendre la brousse. Certains tiennent jusqu'à la capitulation japonaise, mais ce sont des squelettes vivants que la jungle rend six mois après et la plupart y ont disparu à jamais.
Finalement, 320 officiers, 2 150 sous-officiers et soldats européens, 3 300 sous-officiers et soldats indochinois se regroupent au Yunnan.
Au cours des combats : 250 officiers, 550 sous-officiers et plusieurs milliers de soldats sont morts pour l'honneur de nos armes.
Pourtant, dans un territoire de l'Union indochinoise, le drapeau a flotté jusqu'à la fin. Au Sud Laos, le capitaine Dumonet, avec sa compagnie de chasseurs laotiens - appuyé sur l'influence de son ami le prince Boum Omm et soutenu par le groupe Legrand, parachuté par la Mission française des Indes, maintient la présence française jusqu'à la capitulation japonaise.

Dans le Nord, le capitaine Rottier, soutenu par le groupe Ayrolles, parachuté lui aussi, et appuyé sur les partisans du Tranninh du chef Méo Touby, accomplit le même tour de force dans des conditions plus difficiles encore, malgré de furieux coups de boutoir des colonnes japonaises.
Leur présence et leur soutien permet au roi du Laos, lors de la défaite japonaise, de proclamer sa fidélité à la France en dépit des violentes réactions d'une importante colonie annamite soulevée par le Viêt-minh.
Les prisonniers européens et indochinois qui n'ont pas été exécutés au moment du coup de force sont séparés:- Les Indochinois sont emmenés comme porteurs par les unités japonaises en opérations. Traités comme des bêtes, ils meurent par centaines et leurs cadavres jalonnent la route des colonnes japonaises.
- Les Européens sont peu à peu rassemblés dans un camp, à Hoa Binh, l'une des régions les plus malsaines de l'Indochine. Ce sera « le Camp de la Mort »: soumis à des travaux forcés, presque sans nourriture, sans médicaments, ils sont en proie au paludisme pernicieux, à la dysenterie. Une mortalité effrayante se déclare. Ramenés à Hanoi lors de la capitulation des J japonais, ils continueront à mourir, ayant dépassé les limites de la résistance humaine.
Une indépendance surveillée

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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Invité le Mar 10 Nov - 18:35



Dans les jours qui suivent la défaite française, les Japonais obligent les gouvernements d'Annam, du Cambodge et du Laos à se déclarer « indépendants ». En fait, il~ passent sous l'autorité japonaise.
Le 11 mars, à l'invitation des Japonais, Bao Daï, le jeune empereur d'Annam, proclame l'indépendance du Viêt-Nam et son adhésion au Manifeste Commun à la grande Asie orientale sous leadership japonais et dénonce le traité de protectorat de 1885. Mais ses ministres ne sont pas assez anti-français, de l'avis des Nippons. Ils sont donc invités à démissionner le 19 mars et finalement, le 17 avril, Tran Trong Kim - l'homme des Japonais qu'ils gardaient en réserve à Singapour, à l'abri de la police de l'amiral Dec.oux - est nommé premier ministre. '
En réalité, toujours avec le soutien de la Kempeïtaï, la partie se joue au Tonkin.
Là, Hô Chi Minh, qui a pris en main tous les mouvements antifrançais, s'est fait parachuter des armes par les Américains en leur faisant croire qu'il luttait sérieusement contre les Japonais. Il se prépare à se poser comme le chef du Front national avec l'adhésion du Viêtnam Quoc Dan Dang qu'il éliminera par la suite.
Et, bientôt, ce sera lui le plus farouche des anti-français, léniniste ardent, l'homme que Khrouchtchev décrira dans ses Mémoires comme le prototype du révolutionnaire irréductible et fanatique à l'état pur, qui va se faire considérer comme « l'interlocuteur valable » par les nouveaux Français venant remplacer les anciens, épurés.




DE GAULLE:"UN SANG UTILE POUR LA FRANCE"
A propos des événements du 9 mars 1945, dans les « Mémoires de guerre» :
« Pour pénible que dût être localement cet aboutissement, je dois dire que, du point de vue de l'intérêt national, j'envisageais volontiers qu'on en vînt aux mains en Indochine ... (En raison de) notre position en Extrême-Orient, je tenais pour essentiel que le conflit ne s'y achevât pas sans que nous fussions, là aussi, devenus des belligérants ... Le sang français versé sur le sol de l'Indochine nous serait un titre imposant. L'agression finale des Japonais ne faisant pas, pour moi, le moindre doute, je voulais donc que nos troupes se battent, en dépit de ce que leur situation aurait de désespéré. »

COLONEL ROMAIN-DESFOSSES

(1) Le 5 mars, les écoutes radio de l'état-major australien ont capté un message japonais annonçant l'attaque. Notre attaché militaire le transmet à Paris qui ne le retransmet pas.

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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par olivier le Mar 10 Nov - 20:22

est ce que cette période tragique est inscrite dans les manuels scolaire??
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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Invité le Mer 11 Nov - 3:55

Merci Jacques

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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Admin le Mer 2 Juin - 6:40

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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Admin le Mer 2 Juin - 6:54



Les Japonais vaincus saluent le 6° Commando du CLI.

-:-
Le Corps Léger d'Intervention a été créé en Afrique du Nord en 1943, uniquement avec des volontaires sévèrement sélectionnés, cadres en majorité, militaires d'actives, réservistes ou engagés pour la durée de la guerre mondiale, pour servir en EXTREME ORIENT contre les Japonais et placé sous les ordres du Lt Colonel P. HUARD
Ses commandos ont été mis sur pied et entraînés en ALGERIE, puis aux INDES, à CEYLAN ou en AUSTRALIE par les anglais sur le modèle des Chindits du Général WINDGATE employés en BIRMANIE. Ils sont destinés à être introduits sur les arrières japonais, pour des actions commandos reposant essentiellement sur la surprise, la violence et la précision du feu, suivie de la rupture immédiate du combat, genre où la cohésion et l'efficacité individuelle compte beaucoup plus que le nombre.
Rompus aux opérations de guérillas et à la guerre de jungle les premiers sous le nom de GAURS, sont parachutés en INDOCHINE dès 1944 par "la Force 136 Britannique"
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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Invité le Mer 2 Juin - 9:49

Merci Badboy et Daniel;
Un truc que je ne comprends pas, c'est l'attitude tres souvent hostile des Britanniques vis a vis de nous, la France;
mais pas toujours, en effet, le CLI a ete entraine par ces memes britanniques, il est vrai sur le sol australien, ce qui peut expliquer cela.

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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par olivier le Mer 2 Juin - 11:33

lafleur931 a écrit:Merci Badboy et Daniel;
Un truc que je ne comprends pas, c'est l'attitude tres souvent hostile des Britanniques vis a vis de nous, la France;
mais pas toujours, en effet, le CLI a ete entraine par ces memes britanniques, il est vrai sur le sol australien, ce qui peut expliquer cela.
et oui Michel mais je pense que cela viens de loin, depuis le moyen age en fait a cause des histoires de droit sur la couronne avec les différent mariage et succession, le sud de la FRANCE , bordeaux et le comté de toulouse etaint revendiqué par la couronne d'ANGLETERRE
une histoire d'héritage en fait
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Re: Indochine 9 Mars 1945

Message par Admin le Jeu 3 Juin - 3:40

et je crois aussi l'attitude de la grande zorah de qui tous le monde se méfiaient
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