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Les Commandos Katangais et Jean Schramme

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Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Admin le Jeu 12 Nov - 8:33

L’origine des commandos katangais remonte à fin de la sécession katangaise, lorsque la Gendarmerie Katangaise s’opposait à l’armée congolaise avec des groupes mixtes de Katangais et d’Européens commandés par des officiers mercenaires. Les plus connus étaient les groupes rouge, vert, bleu et noir créés en 1962. Le groupe rouge du major Bob DENARD, baptisé 1er commando, était cantonné à Kabondo Dianda et son emblème était le « Diable Baluba ». Le groupe vert du major Jean SCHRAMME, formé avec des jeunes recrues baluba et batabwa de la région de Kansimba, avait pour emblème le Léopard. Ses membres l’arboraient sur leur badge qui portait l’inscription « commando Kansimba ». Réfugiés en Angola en janvier 1963, ces commandos s’intégrèrent aux 3000 gendarmes katangais d’origine Lunda commandés par le col TSHIPOLA et internés par l’armée portugaise à Vila Luso. Suite à des querelles inter-ethniques, les hommes de Jean SCHRAMME furent internés séparément à Lutuaï. Lors de la nomination de Moïse TSHOMBE comme premier ministre du gouvernement congolais en juillet 1964, il fut question d’intégrer dans l’ANC les anciens gendarmes katangais qui avaient pris le maquis au Katanga et ceux qui s’étaient réfugiés en Angola. C’est ainsi que 150 Katangais furent recrutés à Jadotville le 11 juillet pour former le 2e commando commandé par le lt NIEMBO. Il participa aux combats de Kabongo, Kabalo, et Albertville en juillet et août 1964 avec le 12e Bn d’Inf ANC du ltcol KAKUDJI et le 4e commando ANC du major UTSHIDI. En septembre 1964, le groupe du major SCHRAMME et les gendarmes katangais du col TSHIPOLA furent rapatriés au Congo par chemin de fer pour combattre la rébellion muléliste et le premier ministre Moïse TSHOMBE signa une décision qui mettait tous les gendarmes katangais aux ordres de son conseiller militaire, le col BEM Frédéric VANDEWALLE.
L’équipe d’officiers et de sous-officiers de l’Assistance Technique Militaire Belge (ATMB), commandée par cet officier, entreprit de constituer à Baka la 5e Brigade Mécanisée, dont le 5e bataillon commando sud-africain du major Mike HOARE devait former la force principale pour lancer l’offensive contre la rébellion. Quant aux mercenaires recrutés en Europe dès le mois d’août 1964 par René WAUTHIER, Pierre BOTTU et Roger LAURENT, ils furent envoyés à Baka pour former le 6e bataillon commando européen qui fut mis aux ordres du col BEM Frédéric VANDEWALLE. Le ltcol LIEGEOIS, un des officiers de l’ATMB détaché à la 5e Brigade Mécanisée, organisa à Baka la colonne « Lima 1 » qui devait s’emparer, au départ de Kongolo, du port fluvial de Kindu sur le Lualaba, et poursuivre ensuite vers Stanleyville avec la colonne « Lima 2 » du ltcol LAMOULINE. La colonne « Lima 1 » en cours de formation à Baka comprenait trois pelotons du 5e bataillon commando sud-africain, un bataillon commando katangais recruté à Kongolo, un peloton de génie, un peloton de Police Militaire (PM), une section de dépannage et le 61e peloton blindé du lt BERO, formation mixte dépendant du 6e bataillon commando européen dont faisait partie le lt François LATINIS, ancien du groupe vert. Pro-katangais dans l’âme, il portait sur ses passants d’épaules les croisettes katangaises d’un côté et les étoiles congolaises de l’autre. Pendant que la colonne « Lima 1 » de la 5e Brigade Mécanisée prenait forme à Kamina, le lt VAN PUT et l’adjudant HENRARD de l’ATMB s’occupaient du recrutement et de l’entraînement de 300 Bahemba de l’ancienne garnison katangaise de Kongolo destinés à former le 7e bataillon commando katangais de « Lima 1 ». La conception d’origine prévoyait, pour chaque bataillon katangais, cinq officiers pour l’Etat Major, 13 officiers et sous-officiers pour l’encadrement et 300 hommes de troupe, regroupés dans trois compagnies de trois pelotons (armement prévu 282 fusils SAFN et 18 Falo), une compagnie spéciale de 38 hommes s’y ajoutait avec son peloton mortiers (4 Mo de 60 mm) et un peloton éclaireurs avec deux blindicides et deux mitrailleuses 7,62 mm. Chaque bataillon katangais devait être encadré de mercenaires du 6e bataillon commando européen et des sous-officiers de l’ATMB assuraient les transmissions radio (il était normalement prévu quinze Européens par bataillon).
De son côté, le ltcol LAMOULINE, qui organisait la colonne « Lima 2 » de la 5e Brigade à Baka, obtint la collaboration de Kasongo Niembo, le grand chef des Baluba Shakandi du Lomami, dont il était l’ami personnel. Il fut autorisé à recruter d’anciens militaires de l’armée privée que cet officier belge avait créé en 1960 à Kinkuki et qui avait été dissoute à la fin de la sécession. Le 26 septembre, 600 Baluba Shakandi se présentèrent au ltcol LAMOULINE qui en engagea une centaine pour former la compagnie de Police Miltaire de l’adjudant HENRARD, 150 pour former la compagnie UDA du cpn avi SERVAIS, 300 pour former le 8e bataillon commando katangais et les cinquante restant furent incorporés dans le 62e peloton blindé de « Lima 2 », commandé par le cpn KOWALSKY, autre formation mixte dépendant du 6e bataillon commando européen. Les lieutenants Jean DRUEZ, Louis MEURICE et Alexandre LAMBERT de l’équipe logistique fournie par le 4e Bn Cycliste pour l’ATMB furent chargés de l’instruction du 8e bataillon commando katangais, assistés de mercenaires du 6e bataillon commando européen dont le Hongrois Zoltan VIDA et le Belge Christian TAVERNIER. L’animosité qui séparait les troupes commandées par le col TSHIPOLA de celles du major SCHRAMME ne s’était pas calmée à leur retour au Katanga et le convoi ferroviaire transportant les Léopards fut bloqué à Kolwezi par des Katangais d’origine Lunda armés de blindicides et de mitrailleuses qui bloquaient la voie. Le convoi ferroviaire transportant Jean SCHRAMME et ses hommes retourna à la station de Kanzenze et « Léopard leader » demanda de nouvelles instructions à Baka. Le 30 septembre, son unité fut transportée directement à Baka par camions de l’Union Minière du Haut Katanga et il fut reçu par le ltcol DIERICX, chef d’état major de la 5e Brigade Mécanisée. Selon le cpn BEM André CLOSSET, officier d’état major G2/G3 qui assistait à l’entretien avec son collègue le cdt Emile GRAILLY (G4), le chef des Léopards tenait beaucoup à son indépendance. Il n’aimait pas recevoir des ordres et il voulait être cantonné à l’écart des Katangais du col TSHIPOLA avec lesquels ses commandos ne s’entendaient guère. Il demanda d’être envoyé à Manono où ses hommes pourraient plus facilement partir en permission et revoir leur famille.

Pendant ce temps, des convois ferroviaires du BCK amenaient à Kamina Base les hommes de TSHIPOLA. Ces gendarmes katangais d’origine Lunda furent pris en charge par le ltcol Robert LAMOULINE de la 5e Brigade Mécanisée et l’équipe d’instructeurs de l’ATMB, commandée par le cpn Christian JOCHMANS, Il était prévu de former cinq bataillons commando ( les 11e, 12e, 13e, 14e et 15e bataillon) pour créer le régiment Baka, appelé aussi Katanga qui devait tenir garnison à Stanleyville après la capture de la ville par la 5e Brigade Mécanisée. Un convoi ferroviaire de 18 wagons transportant de l’équipement, des munitions de 7,92 mm et 7,62 mm et de l’armement parvint également d’Angola. Outre des armes neuves, dont des pistolets-mitrailleurs LF 57 Franchi 9mm et des fusils automatiques espagnols Cetme modelo B en 7,62 mm, le convoi contenait des vieux fusils Mauser et des mitrailleuses usagées Astra de 7,92 mm, dont certaines ne tiraient qu’au coup par coup. Cet armement hétéroclite avait été déclassé par l’armée espagnole qui avait adopté le calibre 7,62 mm et vendu en 1962 par des margoulins au prix du neuf à Moïse TSHOMBE avec de l’équipement polaire et des vieux casques anglais. Ce fut un véritable casse-tête pour le lt GÖTZEN, officier armurier de l’ATMB attaché à la la 5e Brigade.

La place de Manono

Le major avi André PROTIN de l’ATMB avait repris la localité minière de Manono le 3 septembre 1964 avec une vingtaine de mercenaires, noyau du futur 6e bataillon commando. Grâce à un accord conclu avec des chefs indigènes de la région, il avait pu recruter 200 jeunes Baluba pour former le 9e bataillon commando katangais. Ce bataillon composé de cinq pelotons était encadré par dix mercenaires du 60e peloton détaché du 6e bataillon commando européen, dont le cpn VERVAECKE, les lt GARDIEN, GERMANI et LAMBRETTE et les volontaires BOUCHER, JUNGELS, DE GROUWE, HENDRICKX et GARINOS. Le 10 octobre, la Brigade fournit des véhicules supplémentaires pour transporter le bataillon Léopard à Manono car il ne disposait que de trois jeeps et de trois camions. Il devint le 10e bataillon commando katangais, mais ses effectifs, qui comptaient 500 Katangais et sept mercenaires au départ d’Angola, avaient fondu de 50 % suite aux désertions et le mercenaire CORROY et trois Tunisiens, déserteurs de l’ONU, demandaient de quitter l’unité. Jean SCHRAMME compléta ses effectifs avec deux pelotons de jeunes recrues baluba et le 63e peloton de mercenaires, dont les adjudants HAMMAQUE et DE RIDDER, fut détaché du 6e bataillon commando, pour l’encadrement. L’armement du 10e bataillon commando se composait de quatre mitrailleuses .50 sans détente ni trépied, de quatre mortiers de 81 mm et d’armes d’origine italienne et espagnole : 21 bazookas, des fusils-mitrailleurs, des mitrailleuses Astra de 7,92 mm, des Breschia et des fusils Cetme. Dès son arrivée à Manono, le major SCHRAMME eut des rapports tendus avec le QG de la 5e Brigade à Baka. Sous prétexte que son chef était Moïse TSHOMBE, il refusait d’obéir aux ordres donnés par son supérieur, le major PROTIN. L’origine de cette mésentente provenait en grande partie de l’animosité que les Katangais du 10e bataillon commando avaient envers les soldats congolais du 14e bataillon d’infanterie ANC que commandait le major MBADU. Le chef des Léopards n’avait aucune sympathie pour l’ANC et s’il avait pu, il aurait chassé toutes les troupes ANC du Katanga. L’intervention du major PROTIN pour calmer la situation n’avait fait qu’empirer les choses. Le 20 octobre 1964, le ltcol DIERICX télégraphia au col BEM VANDEWALLE que la mésentente régnait entre les majors PROTIN, SCHRAMME et MBADU. De retour d’un voyage à Manono, le consul de Belgique Robert GUILLOT informa le col BEM VANDEWALLE qu’il existait une véritable haine entre Jean SCHRAMME et le major PROTIN. Le chef des Léopards se plaignait que l’officier de l’ATMB s’était permis de prendre des sanctions disciplinaires à l’égard de ses hommes et il prétendait que les attributions de cet officier devaient se limiter à la logistique et à la transmission des communications.
Comme il ne disposait que de trois camions, achetés en Angola avec la solde de ses hommes, « Léopard leader » voulut jouer un bon tour au major PROTIN avec la complicité d’un mercenaire qui avait servi sous ses ordres au groupe vert en 1962. Cet ancien du commando Kansimba accepta de rejoindre le 10e bataillon commando avec un camion chargé d’armes appartenant au 9e bataillon commando, mais il fut découvert et menacé du conseil de guerre. Renvoyé à Baka, il fut incorporé dans le peloton blindé de « Lima 2 » commandé par le cpn KOWALSKY. Le major SCHRAMME fut convoqué au QG de la 5e Brigade à Baka et le col BEM VANDEWALLE lui expliqua qu’il avait reçu un mandat du premier-ministre TSHOMBE et du général MOBUTU pour commander la zone d’opérations. Il exigea que le chef des Léopards suive la voie hiérarchique, mais Jean SCHRAMME s’obstina. Suite à ses actes d’insubordination, il fut menacé d’arrestation immédiate par la Police Militaire de l’adjudant HENRARD appelée sur les lieux. Le col BEM VANDEWALLE ajouta que s’il n’acceptait pas d’obéir aux ordres, son bataillon serait détruit par l’aviation. Le major SCHRAMME accepta temporairement de se soumettre. Afin d’armer les bataillons katangais formés à Baka et les nouveaux bataillons congolais mis à l’instruction à Kitona, la Belgique offrit 3000 fusils SAFN et le 20 octobre 1964, la Fabrique Nationale de Herstal livra 50 mitrailleuses, 200 fusil-mitrailleurs Falo et 500 fusils Fal, armement dont bénéficièrent en majorité les mercenaires. Les Lockheed C-130 de l’USAF devaient amener de Liège 200.000 cartouches de 7,62 mm et 1000 chargeurs pour FAL, tandis que le cargo « Mokaria » déposait sur les quais de Matadi 200.000 cartouches de 7,62 mm et 50.000 cartouches de .50 destinées à l’offensive en préparation.
Vers la mi-octobre, le ltcol LIEGEOIS regroupa la colonne « Lima 1 » à Kongolo et le 61e peloton blindé du lt BERO le rejoignait par la voie aérienne le 27 octobre. Il devait ouvrir la route de Kindu avec l’appui d’un peloton du 5e Bn commando. Quant au 10e bataillon commando katangais, une partie fut transportée par avion à Kongolo avec le lt Michel HENRICHS, tandis que le major SCHRAMME le rejoignait par la route avec le reste de l’unité et son charroi. Le QG de la 5e Brigade à Baka demanda à Jean SCHRAMME d’être opérationnel pour le 1er novembre. Son bataillon comptait deux compagnies de quatre pelotons, chaque peloton comptait une quarantaine d’hommes et était désigné par une lettre A, B ,C ou D. Le peloton A2 était le 1er peloton et le B2 était le 2e peloton de la 2e compagnie. Il reçut comme cantonnement les anciens entrepôts à coton abandonnés par la Cotanga, société cotonnière du Tanganyika dont les activités étaient en sommeil depuis l’indépendance. La défense de Kongolo était confiée au major de HUCCORNE, alias « Long short » ou « Corned-Beef », ancien officier des Guides qui commandait la place, aidé par l’adjudant ALEN de l’ATMB. Il disposait d’un maigre bataillon formé de Bahemba, de policiers militaires, de troupes auxiliaires composées de guerriers bahemba, de six mercenaires, dont les volontaires DEHAENE, MOENS, ALBERTI et ROVILLO, et du cpn HERMAN, dit « Bwana cinq tonnes » ou « Matumbo » chargé du peloton de génie lourd composé de trois mercenaires et de onze Congolais. Après le départ de l’Ommegang vers Kindu, via Samba, le cpn HERMAN fut chargé de récupérer le pont d’équipage installé sur la rivière Mulongoie pour le réinstaller sur la rivière Luika afin de permettre le passage de véhicules vers Mazomeno. Le major SCHRAMME reçut la mission de participer à la défense de Kongolo, de garder le point de passage de la Mulongoie, les avant-postes de Lubunda, Sola, Mbulula, Makutano et le point de passage de la Luika sur la route de Mazomeno, important nœud routier situé à 69 kilomètres de Kongolo, sur la rive droite du fleuve Lualaba. Pendant que la colonne « Lima 1 » du ltcol LIEGEOIS, partie de Kongolo le 1er novembre, progressait le long de la rive gauche du Lualaba, le 9e Bn commando katangais du major PROTIN, composé de cinq pelotons, devait remonter vers Kindu par la rive droite du fleuve en passant par Nyunzu, Kabeya-Maï et Kongolo, mission initiale du 10e Bn commando katangais.
Le 5 novembre, la colonne du ltcol LIEGEOIS s’empara de Kindu et à Kongolo, le cpn BEM CLOSSET, officier d’état major de la 5e Brigade, ordonna au commandant en second du 10e Bn commando d’effectuer une mission en faveur de la colonne « Lima 1 ». Le lt Michel HENRICHS refusa en prétextant qu’en l’absence de son chef, il n’acceptait d’ordres de personne. Quelques jours après l’arrivée de la colonne « Lima 1 » à Kindu, une fusillade opposa les soldats de la petite garnison de Kongolo commandée par Charles de HUCCORNE aux commandos Léopard qui voulaient s’approprier le camp militaire et il fallut dépêcher la Police Militaire sur place. Suite à ses démêlés avec le QG de la 5e Brigade, le 10e bataillon commando fut laissé en réserve. Le col BEM VANDEWALLE installa provisoirement le Quartier Général avancé de la 5e Brigade à Kindu le 6 novembre et un pont aérien amena les troupes et le matériel pour la poursuite de l’offensive vers Stanleyville. L’aérodrome de Kindu était sous la protection de deux pelotons UDA du cpn SERVAIS et les hélicoptères H21B de la Fatac survolaient la région à la recherche d’Européens isolés. La liaison ferroviaire du CFL (Chemin de Fer des Grands Lacs) fut rétablie entre Kindu et Kongolo le 8 novembre par le train blindé formé par l’adjudant HENRARD à Kindu. Ce convoi y retourna avec le 7e Bn commando du lt TAMBWE, dont le conseiller européen était le cpn MICHALSKY, et le 21 Bn d’inf ANC que le major FALLU commandait en l’absence de son chef, le ltcol BANGALA parti se faire soigner à Elisabethville, loin du front. Des véhicules destinés à la colonne « Lima 2 » du ltcol Robert LAMOULINE furent également chargés sur des wagons plats du CFL pour rejoindre Kindu par chemin de fer. Pendant ce temps, les rebelles reprenaient l’offensive et s’emparaient de la bifurcation de Lulimba, mettant en déroute le 2e commando composé de 150 Katangais et tuant leur chef, le cpn NIEMBO. Une bonne partie de ces hommes s’emparèrent d’un train pour retourner dans leur foyer, mais ils furent repris en main par la 5e Brigade. Le major MBADU, successeur du ltcol KAKUDJI comme commandant de place à Albertville, était en pleine panique car les Simba menaçaient de reprendre la ville et le major PROTIN fut chargé de rétablir la situation. Comme la majorité des officiers de l’ANC, le major MBADU préférait la quiétude de l’arrière et fréquentait régulièrement les bars de l’endroit. Le 9e Bn commando dut abandonner sa première mission et le 7 novembre 1964, son charroi fut dirigé par train vers Albertville, tandis que les hommes du 9e Bn commando y étaient transportés par quadrimoteurs DC-4 d’Air Congo le 10 novembre.

Opération Kabambare

Dès l’arrivée du 9e Bn commando, le major PROTIN fit installer des supports de mitrailleuses sur les jeeps par un garagiste italien d’Albertville et il rassembla toutes les troupes disponibles pour contre attaquer les rebelles de la région de Fizi-Kabambare. La colonne « Papa » se composait du 9e Bn commando katangais, confié au capitaine VERVAECKE, des 87 survivants du 2e commando katangais, de trois compagnies du 8e Bn d’infanterie ANC et de la centaine de Congolais du 4e commando ANC du major UTSHIDI. Ils ignoraient qu’un chargement d’armes chinoises était parvenu aux maquis rebelles du Sud Maniéma. Le village de Kabambare était défendu par un bataillon de l’APL commandé par le maj Augustin LUBENGA, Lubondja, situé 50 km de Fizi, était défendu par un bataillon renforcé de l’APL commandé par le maj André OMARI et le port de Baraka était défendu par un bataillon de 540 hommes commandé par le col WASOSHI et le ltcol Abedi KABWE formé en Chine Populaire. La colonne « Papa » se mit en route le 13 novembre vers Lulimba laissant Albertville à la garde du 14e bataillon d’infanterie ANC du major MBADU. Le carrefour Lulimba-Kabambare-Fizi fut réoccupé le 15 novembre avec l’appui des T-28D du WIGMO et laissé à la garde d’une compagnie du 8e Bn d’infanterie ANC de qualité médiocre. Le 17 novembre, le village de Kabambare fut occupé, mais Marcel HENDRICKX fut tué. Cette petite localité se composait du bâtiment du territoire, d’une ancienne station radio, de la mission catholique des révérends Pères Blanc et d’un centre commercial. Tout était à l’abandon après avoir été pillé et la population avait disparu. Des patrouilles explorèrent les villages des alentours, tandis que des chefs de village du Sud Maniéma se mettaient sous la protection de l’ANC. La colonne du major PROTIN s’empara d’une Land Rover, de quatre camions, d’un véhicule VW et d’armes diverses, dont des vieux Mauser, deux FAL, deux mortiers, une mitrailleuse .30 et douze fusils Simonov tout neufs. La colonne « Papa » repoussa une attaque des rebelles du major Augustin LUBENGA et le 18 novembre, le 9e Bn commando katangais effectua une patrouille vers Mazomeno. Cet important nœud routier, situé à 69 kilomètres de Kongolo, ne fut pas occupé par les commandos katangais de la colonne « Papa » qui retournèrent à Kabambare.
Le major PROTIN voulait poursuivre sa route vers Fizi car il avait reçu pour mission de tenir les Simba en haleine afin de préserver la ligne de communication de la 5e Brigade et le QG de Baka ordonna au 10e Bn commando katangais de rejoindre Kabambare pour y relever la colonne « Papa ». Après avoir balayé deux petites embuscades, les Léopards traversèrent lentement Mazomeno et empruntèrent l’axe routier menant vers Kabambare. La région était assez accidentée et la route traversait une forêt légère. Le major SCHRAMME poursuivit sa progression vers l’est sans grande hâte car l’animosité qui séparait les deux officiers belges ne s’était pas calmée. A ce moment, le major PROTIN redisposa ses forces avant de partir à l’attaque de Fizi et il voulut amener à Kabambare la compagnie ANC laissée à Lulimba pour qu'elle attende sur place l'arrivée du 10e Bn commando katangais. Kabambare fut laissée à la garde des commandos katangais de la colonne « Papa » et le 20 novembre, la compagnie du 8e Bn ANC composée de bons soldats se mit en route, escortée par trois mercenaires et un peloton du 9e commando. Le détachement fut surpris par des rebelles bien armés et très combatifs lors d’une halte dans le village de Pene Lunanga, près de Pene Mende. Cette localité située à 86 km à l’est de Kabambare, abritait une importante base des Simba. Une trentaine de soldats noirs fut tuée, ainsi que les mercenaires Paul GARINOS et Edouard LAMBRETTE. Plusieurs hommes furent touchés, dont le major PROTIN qui fut gravement atteint. Abandonnant des armes et des véhicules, les rescapés retournèrent à Kabambare avec les blessés, précédés du major UTSHIDI qui s’était emparé de la jeep du major PROTIN. Les commandos katangais, ceux de l’ANC et les survivants du 8e Bn d’infanterie ANC, se retranchèrent dans Kabambare et le Quartier Général de la 5e Brigade à Baka fut alerté par radio.
Les T-28D du WIGMO ne pouvaient intervenir car au même moment, ils assuraient la couverture aérienne de la colonne « Lima 1 » de la 5e Brigade Mécanisée en route vers Punia, précédée par le peloton blindé du lt BERO. L’Ommegang au complet se dirigeait vers Stanleyville et Kindu avait été laissée à la garde du 21e Bn d’infanterie ANC du major FALLU et d’un détachement du 7e bataillon Commando Katangais du cpn MICHALSKY, renforcé par deux mercenaires. Pour empêcher les Simba d’exploiter leur succès en s’emparant d’Albertville, la 5e Brigade mit en alerte le 13e Bn commando Katangais du major GILMANT, une des unités du régiment du col TSHIPOLA en cours de formation à Baka. Le 21 novembre, il fut envoyé par avion à Albertville pour renforcer la garnison du major MBADU, tandis qu’une autoblindée M-8 Greyhound y parvenait par chemin de fer. Les blessés de la colonne « Papa » furent évacués vers Kongolo par l’hélicoptère de la Fatac venu de Kindu, mais le Douglas C-47 qui les attendait à Kongolo rata son décollage et il fallut envoyer un second bimoteur. Le QG de Baka chercha à contacter le major SCHRAMME pour lui ordonner d’accélérer la progression, mais son poste radio était fort opportunément en panne (le schéma du réseau radio était ainsi constitué : 5e Brigade/Baka – Ops Albertville – Kabambare (colonne Papa) – Kongolo – Samba – 10 codo). Le message fut transmis au PC du major de HUCCORNE à Kongolo et c’est par un indigène envoyé à bicyclette que le chef du 10e Bn commando Katangais reçut le message de la QG de la 5e Brigade lui ordonnant de porter secours à la colonne « Papa ».
Les parachutistes belges sautèrent sur Stanleyville le 24 novembre à l’aube et ils furent rejoint vers 10h00 du matin par les colonnes Lima 1 et Lima 2 de la 5e Brigade qui procédèrent à l’occupation de la ville. Par représailles, de nombreux otages européens furent massacrés par les rebelles, dont de nombreux missionnaires. A Baraka, les pères Giuseppe CARRARA et Vittorio FACCIN furent assassinés par le col Abedi KABWE, chef des opérations du secteur (Abedi KABWE eut des ennuis en janvier 1965 parce qu’il avait abattu un jeune simba. Il passa en conseil de guerre et dévoila au chef d’EM Lambert SELEMANI plusieurs méfaits commis par ses collègues de l’APL, dont la mort d’un nationaliste tué à Kindu par le ltcol NDUNIA, le vol d’objets appartenant aux pères missionnaires et aux Arabes de Fizi, le détournement de 25.000.000 de francs congolais reçus de Stanleyville quelques mois auparavant pour payer la solde, la disparition de 350 vélos confisqués aux ennemis du peuple PNP. Il adressait une copie de sa supplique au ministre de la défense SOUMIALOT, à Laurent-Désiré KABILA, à Idelphonse MASENGO, au commandant en chef de l’Armée Populaire de Libération, le lieutenant général OLENGA, au général Mahulana SHABANI et à d’autres responsables du Front de l’Est. Les corps des deux pères missionnaires furent retrouvés en janvier 1966). Le 26 novembre 1964 à Kindu, le gouverneur du Maniéma TSHOMBA-FARIALA appela au secours les autorités de Léopoldville car il craignait une attaque des rebelles sur la ville. Il demandait d’urgence des policiers, trente mercenaires et des véhicules. Le commandant du bataillon ANC et le cpn MICHALSKY appuyaient son appel à l’aide. Les Katangais du 7e bataillon Commando, qui avaient participé à l’occupation de Stanleyville par la 5e Brigade, furent renvoyés à Kindu début décembre et le ltcol BANGALA fut chargé de défendre Kindu et les localités d’alentour avec une section de mercenaires, le 3e bataillon Commando ANC, le 7e Bn commando katangais regroupé et le 21e Bn d’infanterie ANC. Pendant ce temps, les 11e, 12e, et 14e bataillon commando katangais du régiment Baka étaient transportés par la voie aérienne à Stanleyville et cantonné au camp Ketele. Le col TSHIPOLA qui le commandait était assisté par le major MWAMBU et conseillé par le major SAINT de l’Assistance Technique Militaire Belge. Chaque bataillon était encadré de mercenaires détachés du 6e bataillon commando européen. Peu après son arrivée à Stanleyville avec le peloton du lt BERO, le lt François LATINIS demanda sa mutation pour le 10e Bn commando Katangais. Il rejoignit son ancienne unité à l’occasion d’un convoi de ravitaillement.

Le commandant de la place de Kongolo

Le major de HUCCORNE, commandant la place de Kongolo, ne manquait pas de courage et les Simba ne lui faisaient pas peur, mais il réclamait des armes, des munitions, des véhicules et un renfort de mercenaires. Selon les instructions reçues du QG de la 5e Brigade, il devait défendre la région de Kongolo, assurer l’acheminement du ravitaillement par chemin de fer en provenance de Baka vers Kindu et Albertville, via Kabalo, et appuyer logistiquement le 10e Bn commando en route vers Kabambare, mais la liaison radio était coupée et il n’avait plus de nouvelle de sa progression. Selon Jean SCHRAMME, l’avance de son bataillon fut longue et difficile car il dut subir plusieurs embuscades durant les septante quatre kilomètres qui séparent Mazomeno de Kabambare. Les camions du 10e Bn commando étaient lourdement chargés car il fallait emporter les munitions, les vivres et le carburant pour plusieurs jours d’opérations. Deux de ses pelotons marchaient en avant-garde et des éclaireurs progressaient dans la brousse parallèlement à la colonne car des Simba s’y camouflaient en embuscade. Deux pelotons protégeaient le charroi et deux autres formaient l’arrière-garde. En cas d’alerte, deux sections par pelotons se mettaient en formation de tirailleurs et les autres protégeaient les flancs de la colonne. Quelques jours plus tard, il balaya une nouvelle embuscade et ses Léopards atteignirent la petite localité de Lubao à 26 kilomètres de Mazomeno. Ils fouillèrent les cases, mais le village était vide d’habitants. A chaque bivouac, le bataillon se mettait en défensive et Jean SCHRAMME rassemblait ses chefs de peloton, tandis que des sentinelles montaient la garde à tour de rôle. Le lendemain, le commando « Kansimba » traversa le pont sur la Luaya que les Simba avaient tenté de saboter durant la nuit, mais deux embuscades les attendaient un peu plus loin. Ils furent bombardés au mortier sans subir de pertes car les tirs des rebelles manquaient de précision. Jean SCHRAMME ordonna à François LATINIS de mettre trois tubes de 81 mm en action et une trentaine d’obus mirent les maquisards en fuite vers Kaniki. Le jour suivant, les Léopards n’étaient plus qu’à 17 kilomètres de leur but, mais une nouvelle embuscade les attendait au carrefour de Kaniki. Les Simba qui s’opposaient à leur progression furent repoussés et la jonction avec la colonne du major PROTIN eut lieu le 12 décembre vers 13h00.
Avant de commencer l’évacuation des rescapés, le major SCHRAMME installa son bataillon dans l’ancienne école de la mission et deux de ses pelotons s’assurèrent de la défense de l’agglomération. Le poste radio fut « réparé » et une liaison fut établie avec le QG de la 5e Brigade, via Kongolo. Il prétexta que de nombreuse embuscades avaient ralenti sa progression et il demanda de renforcer son bataillon avec des Katangais du 9e Bn commando qui en avaient exprimé le désir, mais cela fut refusé. Il annonça également qu’il avait l’intention d’abandonner Kabambare. Le QG de la 5e Brigade lui intima l’ordre de se maintenir à tous prix dans la localité et il fut menacé d’une attaque par bombardiers B-26K s’il refusait de demeurer sur place. A leur arrivée à Kongolo par convoi routier, les rescapés du 9e Bn commando furent mis au repos, puis ils retournèrent à Albertville pour renforcer la garnison. A Kabambare, le major SCHRAMME s’accapara d’une partie du charroi de la colonne « Papa » pour les besoins de sa mission, ce qui lui valut une réputation de « voleurs de véhicule ». Le bataillon Léopard s’installa en défensive avec bunkers et tours de guet et un convoi de ravitaillement le relia une fois par mois à Kongolo. Début décembre, il reçut l’ordre de progresser vers Fizi et il atteignit le pont Bailey sur la Luama. Une de ses patrouilles avança jusqu’à Pene Lunanga sans rencontrer de résistance. Pour assurer la sécurité de Kabambare, le 1er peloton de la 2e compagnie (A2) commandée par l’adjudant Pierre fut chargé d’installer un avant-poste à Kimano, à 36 km à l’est de la position principale.
Le major SCHRAMME résista quatre mois dans la région de Kabambare avant d’évacuer son bataillon vers Kongolo le 5 mars 1965 à 6 heures du matin, prétextant qu’il manquait de carburant et de munitions malgré ses nombreux appels radios à Kongolo. Le charroi du 10e Bn commando s’était renforcé et se composait de trois jeeps armées de mitrailleuses, d’une camionnette et de dix camions. Craignant une attaque ennemie, il progressa prudemment vers Mazomeno où il subit une très forte embuscade. Le 15 mars, la garnison de Kongolo dut repousser une attaque rebelle et le 22 mars, l’armée populaire de libération claironna : « Les forces de l’ANC ont dû évacuer le poste de Kabambare, suite à une importante attaque de l’APL ». De retour à Kongolo, le 10e Bn commando réoccupa les anciens entrepôts de la Cotanga et chaque matin, au cours de la parade, Jean SCHRAMME haranguait ses hommes et leur expliquait le sens de leur combat. Le bon vieux temps des Forces Katangaises et des défaites infligées à l’ANC était fréquemment invoqué. Le charroi du bataillon Léopard fut renforcé par deux jeeps, une veille Minerva reconstituée à partir d’épaves abandonnées près du camp militaire et une Willys avec remorque ramenée d’E’ville par le lt DENUL sur lesquelles il fit installer des pieds de mitrailleuses. La Minerva, armée d’une mitrailleuse Astra et d’une mitrailleuse lourde de 12,7 mm protégée par un bouclier, lui fut réclamée par le major de HUCCORNE qui prétextait qu’elle lui appartenait car elle provenait du camp militaire. Tous les véhicules du major SCHRAMME portaient l’inscription « 10e codo » et l’emblème du léopard. François LATINIS, qui commandait la section d’armes lourdes, demanda à rejoindre la vie civile car il arrivait à la fin de son contrat. Il combattait depuis le mois d’août 1964 et avait été fort éprouvé par les combats. Il retourna à Elisabethville où il fut engagé dans le service pompier de la capitale du cuivre (il fut massacré par les sbires de MOBUTU en juillet 1967).

source JP Sonck
Amitiés Légio
Daniel


Dernière édition par Admin le Lun 3 Mai - 6:22, édité 1 fois
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Compagnons de l'Ommegang

Message par Admin le Jeu 12 Nov - 8:37

Bonjours a tous
je vous laisse lire l'histoire de ces Compagnon de l'Ommegang sur leurs site car c'est un site fait par eux et qui mieux que les protagonistes peut raconter leur Histoire qui a marquer a la fois le monde des Mercenaires mais aussi pour ce qui est de la Belgique la seule collaboration entre Para-Commando et Mercenaires
http://www.compagnons-ommegang.com/historiek_fr.html
cliquez sur ce lien et vous ne serez pas déçus
Amitiés Légio
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Jean Schramme

Message par Admin le Jeu 12 Nov - 8:47

voila encore un personnage hors du commun peu connu sauf des Belges et encore d'un certain âges et lié a l'histoire du Congo et en particulier du Katanga

Jean Schramme (25 mars 1929, Bruges, Belgique-14 décembre 1988, Rondonopolis, Brésil) était un chef de mercenaires belge.

Il s'installe au Congo à l'âge de dix-huit ans, où il dirige une plantation. Il traite bien ses employés, sans racisme (il adopte trois enfants noirs), et apprend le swahili, ce qui lui vaut l'admiration et la fidélité de beaucoup d'entre eux, qui forment une milice totalement à ses ordres.

Il ne quitte pas le Congo lors de l'indépendance du pays, en 1960. Il s'implique dans les guerres civiles du Congo, avec l'aide de ses miliciens, et abandonne sa plantation.

Ainsi, en 1967, il participe au coup d'état de Moïse Tshombé contre Mobutu, en collaboration avec les mercenaires de Bob Denard. Le putsch est un désastre, les populations de Kinshassa restant fidèles au président. Schramme, qui a rang de colonel dans l'armée kantangaise, fait retraite vers l'Est, à Stanleyville (aujourd'hui Kisangani), puis vers Bukavu, à la frontière rwandaise, qu'il occupe le 10 août. Là, son armée composée de cent vingt-trois mercenaires et de six cents gendarmes katangais affronte du 29 octobre au 5 novembre 1967 les troupes de l'Armée nationale congolaise, vingt fois supérieure en nombre. Pliant sous le nombre, manquant de munitions, trahie par Denard, épaulée par des soldats katangais complètement épuisés, l'armée de Schramme se replie au Rwanda où elle est démobilisée.

Schramme et certains de ses compagnons retournent en Belgique le 28 avril 1968. En 1986, il est condamné par contumace à vingt ans de prison pour l'exécution d'un espion. Il meurt en 1988.
et pour mieux comprendre le pourquoi du Katanga voici un résumé de son Histoire

À la suite de l'indépendance de la République démocratique du Congo en juin 1960, le Katanga fit sécession du gouvernement de Patrice Lumumba en juillet et déclara son indépendance sous l'impulsion de Moïse Tshombe et des milieux d'affaire pro-occidentaux. Lumumba fut destitué en septembre 1960 lors d'un coup d'État orchestré par Joseph Mobutu. Tshombe fait alors appel à des mercenaires, dont Tony de Saint-Paul, ex sous-lieutenant de l'armée française, et Bob Denard; de fin 1960 à janvier 1963, ils seront les "affreux".
Les forces militaires sous l'égide des Nations unies menèrent une campagne de deux ans pour réintégrer le Katanga au Congo, conclue par un plan de conciliation national en janvier 1963.

En 1966 le gouvernement nationalisa l'Union Minière du Haut Katanga, sous le nom de Gécamines. En 1971, le Katanga pris le nom de Shaba (cuivre en swahili). Au cours des années 1970, plusieurs insurrections furent matées par le gouvernement central avec l'aide de pays étrangers. En 1978 par exemple, le 13 mai, 4 000 rebelles venus d’Angola occupèrent la ville de Kolwezi, le principal centre minier de la province. L'armée nationale fut incapable de tenir le choc. Quelque 700 Africains et 280 Européens trouvèrent la mort lors de cette invasion. Le Zaïre demanda l'aide des États-Unis d'Amérique, de la France,du Maroc et de la Belgique pour restaurer l'ordre. Les 2 800 ressortissants européens restant furent sauvés par le 2e régiment étranger de parachutistes conduit par le colonel Erulin. Cependant il y a toujours la rumeur à Kolwezi que ce sont les services secrets zaïrois qui ont tiré sur les européens afin de faire intervenir les armées belge et francaise.

En 1993 après l’effondrement du bloc soviétique, la communauté internationale fait pression sur Mobutu afin qu’il démocratise le pays. À la suite d’une large consultation nationale initiée par le Président, une Conférence nationale dite souveraine fut organisée.A l'issue de cette Conférence présidée par Mgr Laurent Mossengo,Étienne Tshisekedi]], un luba du Kasai,est élu premier ministre.Cette élection provoqua des affrontements meurtriers entre les Katangais "d'origine" et les Kasaiens vivant au Katanga.Du côté katangais, l'inspirateur du mouvement fût le Gouverneur Gabriel Kyungu wa Kumwanza(un Luba du Katanga. Cette situation engendra des déplacement massifs des Kasaiens et leur perte d'emplois. Pendant une longue période,les deux communautés sont demeurées dans un antagonisme qui fût fustigé par la société civile et notamment la Conférence épiscopale de l'Eglise catholique du Katanga.

La province reprit le nom de Katanga en 1997, après l'exil de Mobutu.

Amitiés légio More Majorum
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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Mer 18 Nov - 9:54

comme dab :OK: :OK:

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Admin le Dim 2 Mai - 16:53

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Lun 3 Mai - 9:31

Merci Daniel

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Lun 3 Mai - 19:46

Complément:


Ayant découvert le goût de l’aventure militaire, Schramme.

Va créer début 1962, au Nord-Katanga, un commando Kansimba en pleine brousse. Kansimba étant le nom du village où il a installé son premier camp militaire. Ce commando deviendra plus tard le 10è Codo du Bataillon Léopard. Son insigne à l’épaulette collée représente un fauve bondissant depuis le grand lac Tanganyika.




Les premiers éléments de ce bataillon sont issus de deux tribus: les Baluba (guerriers, chasseurs et forgerons, ils bricolent le cuivre, l’étain et le fer), et les Batabwa (agriculteurs et pêcheurs). Les deux tribus cohabitent et se marient. Leurs dialectes sont proches et s’entendent très bien.
Schramme s’employait à recruter les enfants de 15 ans dans les écoles proches, les embarquait dans le camion jusqu’au camp d’entraînement. Ils recevaient des tricots, des shorts, des ceinturons, des sandales, des calots etc. Le camp d’entraînement prit le nom du village, « Kansimba ». Ainsi commençait la vie de militaire au rythme très dur pour ces nouvelles recrues naïves. Parmi les premiers officiers on notait entre autres:
- l’adjudant Norman (Bruxellois, ex-para-commando à Namur),
- l’adjudant René, un ex-étudiant de Louvain où il préparait un doctorat,
- Christian, ancien mineur et ancien maçon spécialiste des travaux de génie des
ponts (construction et démolition),
- François, artilleur, ancien planteur de café à Bukavu, il commandait les mortiers de 60 et de 81, puis toutes les gammes de canons 20, 40, 37, 120, 75 sans recul;
- deux Marcs, sergents chefs de peloton,
- Michel F. supervisait l’intendance,
- Henri, mécanicien belge, Stavro, mécanicien grec, Jean et quelques Katangais mécaniciens. Ceux-ci s’occupaient d’un véritable atelier récupérant toutes les ferrailles pour reproduire des véhicules neufs (Jeeps, camions etc.). Bref, une grosse compagnie a vu le jour. Elle allait peu à peu s’étoffer pour constituer le fameux Bataillon Léopard grâce à l’adhésion des volontaires et au recrutement des Katangais. Schramme a adopté un système quaternaire qu’il estimait efficace 2 :

- la section était composée de 11 hommes, commandés par un caporal;
- quatre sections formaient un peloton ayant à sa tête un adjudant assisté si possible d’un sergent;
- la compagnie groupait quatre pelotons dirigés par un capitaine, assisté d’un lieutenant adjoint et de deux sous-lieutenants ayant chacun deux pelotons;
- le bataillon regroupait quatre compagnies. Chaque peloton était désigné par une lettre: A, B, C ou D, suivie du numéro de la compagnie: 1, 2, 3 ou 4. Exemple: le peloton A2 est le premier peloton de la deuxième compagnie. Le chef de ce bataillon était, bien sûr, le major Jean Schramme lui-même, le bâtisseur de l’édifice.





Signification:
C'est avec cet écu que les " croisettes monétaires katangaises " firent leur entrée parmi les figures héraldiques. Cet objet en cuivre, qui servait de monnaie aux indigènes du Haut-Katanga jusqu'à l'arrivée des européens, se présente comme une petite croix légèrement pattée et aux extrémités arrondies, de 20 cm environ de côté. Cependant, en la représentant comme une petite croix grecque, les héraldistes officiels belges, mal informés, commirent une regrettable erreur.Au Katanga, elle est en effet traditionnellement représentée comme une croix de St André.
Les armoiries civiques (voir celles de l'Etat de Moïse Tshombé du Katanga) ou personnelles ultérieures respecteront mieux la tradition.

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Admin le Mar 4 Mai - 5:36

L'emblème : la croisette.
Le symbole par excellence du Katanga est le cuivre. Sa représentation la plus ancienne est la croisette de ce métal. C'est une monnaie d'échange à peine moins précieuse que l'ivoire. La fonte du cuivre était réservée à une secte masculine appelée "les mangeurs de cuivre". Elle avait ses rites et ses secrets. La production de cuivre était saisonnière (saison sèche pour la récolte de la malachite puis, en octobre, fonte dans un four en terre). La quantité de cuivre extrait de cette façon est estimée à +/- 15 tonnes par an. La coulée était faite dans un moule de sable en forme de croix de Saint-André. Puis, on l'étirait en fil de cuivre de différentes épaisseurs.


Un site qui en parle très bien :http://lubumbashi.free.fr/savoir/savoir10.htm



Bob quant a l'érreur que tu attribue je te cite : les héraldistes officiels belges, mal informés, commirent une regrettable erreur.Au Katanga, elle est en effet traditionnellement représentée comme une croix de St André.

alors que cest toi qui parle d'une croix grècque que c'est bien une croix de Saint André tel que sur le blason

et par contre sur le blason d'ELISABETHVILLE c'est bien posé en coix Grecque

il y avait aussi

Air Katanga

Document issu d'une série composée par
un spécialiste de l'aviation Katangaise

ou encore les plaques automobiles

la Monnaie
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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Mar 4 Mai - 7:44

Mon cher Daniel, erreur de ma part d'avoir mis en gras
(commirent une regrettable erreur.)
Il fallait lire
Signification:
C'est avec cet écu que les " croisettes monétaires katangaises " firent leur entrée parmi les figures héraldiques. Cet objet en cuivre, qui servait de monnaie aux indigènes du Haut-Katanga jusqu'à l'arrivée des européens, se présente comme une petite croix légèrement pattée et aux extrémités arrondies, de 20 cm environ de côté. Cependant, en la représentant comme une petite croix grecque, les héraldistes officiels belges, mal informés, commirent une regrettable erreur.
Au Katanga, elle est en effet traditionnellement représentée comme une croix de St André.
Les armoiries civiques (voir celles de l'Etat de Moïse Tshombé du Katanga) ou personnelles ultérieures respecteront mieux la tradition.

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Admin le Mar 4 Mai - 12:07

Ha la je comprend mieux mais au moins cela a le mérite de faire connaitre a nos lecteurs l'historique et la particularité de ce Katanga
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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Ven 7 Mai - 7:24

Le 23 juillet 1966, les Katangais du régiment Baka se mutinent pour une question de solde et les Diabos du 12e bataillon commando assassinent le colonel Tshatshi, commandant la 5e Brigade mécanisée. Le 27 juillet de la même année, un cessez-le-feu est obtenu entre les Katangais et les mercenaires du 6e bataillon commando européen du colonel Bob Denard, sous l'impulsion du premier ministre Général de Brigade Léonard Mulamba, accompagné du Ministre de l'intérieur Tshisekedi wa Mulumba. Deux mois plus tard, les Katangais sont chassés de la ville par les mercenaires de Bob Denard et font retraite vers le Katanga mais ils sont capturés par l’ANC et internés dans des camps d’extermination de l’Equateur.




Le 5 juillet 1967, les mercenaires conduits par Bob Denard et Jean Schramme se mutinent à leur tour pour tenter de ramener Moïse Tshombe au pouvoir et ils s’emparent de la ville après de durs combats, mais ils ne peuvent résister aux contre-attaques de l’ANC qui réoccupe la ville une semaine plus tard.

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Admin le Ven 7 Mai - 7:59

merci Bob pour un peu se situer



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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

Message par Invité le Ven 7 Mai - 14:05

Bonjour Daniel, un complément.

Colonel Schramme avec plus de 800, ces soldats de fortune constituent le fer de lance de l'Armée Nationale Congolaise (ANC) et jouent un rôle décisif dans la reconquête de l'Est du Congo. Mais une fois le "sale boulot" accompli, les Américains veulent éliminer ces alliés de Tshombé, perçu comme l'homme des Belges et des Français. Aussi, aident-ils Mobutu à renforcer les autres unités à leur détriment.



Cette politique, le massacre de mercenaires et de gendarmes katangais sur ordre de Mobutu ainsi que l'enlèvement de Tshombé, leur patron, poussent Schramme et ses hommes à la révolte. Le 5 juillet 1967, le bataillon Léopard s'empare de Bukavu et résiste jusqu'au 5 novembre avant de se retirer au Rwanda.
La défaite de Schramme et de ses hommes, est aussi le crépuscule d'une illusion: celle de la restauration du pouvoir de colons privés de l'appui de leur métropole, le rêve de l'Etat des volontaires étrangers, les "volos". A bien des égards, l'aventure de Schramme se distingue de celle des autres mercenaires, en ce sens qu'il a administré les territoires sous son contrôle et tenté de renverser Mobutu, proclamant même le 10 août 1967, un gouvernement provisoire dirigé par le colonel katangais Léonard Monga. Bref, Schramme roulait pour lui-même. Sur la fin, on peut même discuter que le qualificatif de mercenaire soit applicable à ce franc tireur, bercé par un impossible rêve.


Contrairement aux autres mercenaires, Schramme avait lié étroitement son destin à celui des gendarmes katangais qu'il commandait et sans doute était-il reconnu comme leur chef incontesté. Pendant près de deux ans l'homme s'est considéré comme le gouverneur du Kaniema. Il se targuait d'être parvenu à "pacifier" la région et même d'y avoir reconstruit des routes, des hôpitaux et d'y avoir relancé l'activité agricole. Schramme avait de fait installé son propre régime, bannissant même le Mouvement Populaire de la Révolution de Mobutu. " Je constituais un Etat dans l'Etat" écrit-il dans son récit autobiographique. Affreux peut-être, bien que sans doute moins fou que Kurtz, le colonel Schramme tient du héros conradien.

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Re: Les Commandos Katangais et Jean Schramme

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