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La Guerre d'Indochine

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La Guerre d'Indochine

Message par Invité le Sam 21 Nov - 9:13

La guerre d’Indochine s'est déroulée de 1946 à 1954 en Indochine française et a opposé les forces du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO), soutenues à partir de 1949 (victoire communiste en Chine) et surtout 1950 (guerre de Corée) par les États-Unis, aux forces du Viêt Minh (Front de l'indépendance du Vietnam) nationaliste et communiste, soutenu par la Chine (à partir de 1949) et l'Union soviétique. Elle s'est conclue par la victoire du Viêt Minh, sous la conduite d'Hồ Chí Minh. Celle-ci coïncide sensiblement avec le début de la guerre d'Algérie, qui durera huit ans elle aussi, et qui a peut-être été encouragée par cette défaite coloniale de la France.
Elle est la première d'une suite de trois guerres qui se sont
déroulées sur les territoires de l'ancienne Indochine française : elle
a été suivie par la guerre du Viêt Nam, puis par la guerre sino-vietnamienne. Ces deux derniers conflits sont parfois appelés, respectivement, 2e et 3e guerres d’Indochine
Pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale,
le haut-commandement japonais prit la décision de prendre le contrôle
total de l'Indochine et, le 9 mars 1945, fit un coup de force militaire
contre les autorités coloniales françaises. En effet, Le Japon
craignait que ses forces engagées en Birmanie, en Malaisie et en
Thaïlande (Siam) ne soient coupées par un débarquement américain sur
les côtes d'Indochine (auquel les Français auraient pu s'associer). Le
11 du même mois, Bao Daï, l'empereur d'Annam, déclara l'indépendance du
Vietnam. Sous la pression du Viet Minh, il dut pourtant abdiquer le 25
août pour se poser comme « conseiller suprême » du nouveau gouvernement
formé par Hô Chi Minh. Ce dernier proclamera l'indépendance du pays mais, cette fois, en tant que République démocratique du Viêt Nam le 2 septembre 1945 à Hanoï.
Mais la France, récemment libérée, tente de rétablir son autorité sur l'Indochine française pour reconstituer l'ancien Empire sous la nouvelle appellation d'Union française.
Les négociations entre le gouvernement du Viêt Nam, que la France ne
reconnaît pas en tant que tel, et celui de la France traînent en
longueur, celle-ci étant réticente - en dépit des recommandations du Général Leclerc
- à reconnaître au Viêt Nam son indépendance dans le cadre de L'Union
française, pour des raisons de politique intérieure. Des incidents de
plus en plus sérieux opposent les forces vietminh aux forces militaires
françaises. À la suite du bombardement du port de Haiphong le 23 novembre 1946
par la Marine française, qui marque un revirement complet de la
politique de la France à l'égard de la République démocratique du Viêt
Nam, une insurrection contrôlée par le Viêt Minh éclate le 19 décembre 1946. Celle-ci se transforme en une guérilla
menée contre l'armée française, puis en un véritable conflit, opposant
deux armées, lorsque le Viêt Minh reçoit le soutien logistique et
matériel de la Chine en 1950 et la France celui des États-Unis.
Alors que cette « sale guerre » est de plus en plus impopulaire en
métropole française, comme l'atteste les manifestations et actes de
sabotage dont l'affaire Henri Martin est la plus emblématique, c'est en 1954 que la bataille de Diên Biên Phu scelle la défaite de la France et l'oblige à se retirer de l'Indochine, en laissant sa place aux États-Unis.

Situation historique


En 1884, la France
(qui a volontairement morcelé le Viêt Nam en trois parties à la suite
des conquêtes successives commencées au Sud de Hué (les Ky`: le Sud
baptisé Cochinchine, parce que situé entre Cochin en Inde, et sur la
route de la Chine; le Centre qui recevait le nom de Annam, paix du
Sud, ; et le Tonkin, francisation de Dông Kinh, capitale de l'Est))
réunit la Cochinchine, l'Annam, le Tonkin, le Laos, et le Cambodge au sein de l'Indochine française.
Lors de la Première Guerre mondiale, sur la ligne de front et dans les usines françaises, les Annamites,
du nom donné aux Vietnamiens par les métropolitains jusqu’en 1945,
aidèrent à l'effort de guerre. Dans les années 1920, avec la révolte de
Vinh et la mutinerie de Yen Bay évoquées dans le film français Indochine, les bagnes, comme le bagne de Poulo Condor, ont contribué à développer des nationalismes de tendances très diverses :

  • Les royalistes de la Cour de Huê, comme la famille de Ngo Dinh Diem
    dont le père fonda l’École nationale "Quoc Hoc" de Huê fréquentée par
    Ngo Dinh Diem et le jeune Nguyen Tat Thanh, futur Nguyen Ai Quoc et
    plus tard Président Hô Chi Minh. Le premier d'entre tous est certainement le prince Vinh San (1899-1945) intronisé sous le nom dynastique de "Empereur Duy Tân" en 1907, détrôné en 1916, exilé à la Réunion
    par les autorités coloniales et mort mystérieusement en 1945 dans un
    accident d'avion opportun en Afrique centrale, au moment de la
    déclaration d'indépendance du Viêt Nam le 2 septembre 1945.


  • Les pro-Japonais qui fondèrent le Parti "Dai Viêt" à la suite de l’intellectuel nationaliste Phan Boi Chau, pionnier du nationalisme vietnamien du XXe siècle, exilé au Japon par l’administration coloniale française.


  • Les pro-Chinois du Parti nationaliste VNQDD (Viêt Nam Quoc Dan
    Dang) qui lancèrent la révolte ratée de Vinh et la mutinerie de Yen Bay
    dans les années 1920, évoquées dans le film Indochine, et qui a été proche du KMT (Kuo Ming Tang) ou Guomindang de Sun Yat-sen et Tchang Kaï-chek.


  • Les pacifistes de Phan Châu Trinh, le grand père de Nguyên Thi Binh.


  • Les communistes du PCI (Parti communiste indochinois) fondé par Nguyen Ai Quoc (futur Hô Chi Minh) en Chine et qui fut aussi l'un des fondateurs du PCF (Parti communiste français). Au Viêt Nam, le PCI était le plus important de tous les groupes nationalistes.

Conséquences de la Seconde Guerre mondiale


Durant la Seconde Guerre mondiale, l'occupation japonaise
montra aux Vietnamiens les faiblesses de leur colonisateur :
l'administration française, directement liée au gouvernement de Vichy,
collabora avec le Japon impérialiste par de multiples concessions
économiques et militaires. En effet, la faiblesse de la situation des
forces françaises en place, et leur isolement face aux Japonais ne
laissait guère le choix: négocier, se démettre ou se lancer dans un
affrontement qui ne laissait aucun doute quant à l'issue.
Cela contribua au développement du nationalisme vietnamien, qui luttait
à cette époque contre les Japonais aux côtés des Alliés (Hô Chi Minh était alors un agent travaillant avec les États-Unis), et à la déclaration d'indépendance en 1945, après la Révolution d'août et la capitulation japonaise.
Lors de l’Armistice de 1940 et la création du régime de Vichy, l’Indochine française était administrée par le général Georges Catroux
(nommé en août 1939) qui tentait de régler les problèmes avec le Siam
et le Japon. Mais ses choix déplurent au nouveau gouvernement
(notamment les facilités accordées aux Japonais) et il fut remplacé par
l'amiral Jean Decoux.
Finalement, étant complètement coupé de la France, avec des forces
militaires insuffisantes pour assurer un conflit sur l'ensemble de la
péninsule, le nouveau Gouverneur Général de l'Indochine finit par
céder, lui-aussi, de plus en plus aux Japonais. Ainsi, les armées
japonaises furent autorisées à circuler librement de la frontière de
Chine jusqu’au Siam (renommé Thaïlande en 1939). Il est à noter que le général Catroux se joignit par la suite au général de Gaulle.
Le 9 mars 1945,
l'administration vichyste, qui était toujours en place, et l'armée
française d'Indochine furent attaquées par les Japonais. Les postes
militaires français à travers toute l'Indochine (Viet Nam, Laos,
Cambodge) furent touchés. Les troupes japonaises prirent par exemple
les citadelles d'Hanoï et de Langson et en massacrèrent les Européens
et les troupes annamites malgré les promesses faites en cas de
reddition. Certaines unités réussirent à se dégager et à entreprendre
un long voyage vers la Chine (la colonne Alessandri
par exemple) ou à tenir la jungle (des hommes des Jetburghs, parachutés
pour monter des maquis anti-japonais et entrainés par les Anglais en
Inde et en Birmanie, certains de ces hommes reprirent plus tard les
villes de Vientiane et Savanaketh au Laos). Le gouvernement américain
interdit à ses troupes basées en Chine d'intervenir. Seul le général Claire Lee Chennault, dirigeant les fameux Tigres Volants,
tentera, contre les ordres reçus, d'aider les troupes en retraite. Les
civils français et les "Indochinois" sympathisants furent enfermés dans
des camps de détention dirigés par la Kampetai (police ou gendarmerie
militaire japonaise), torturés pour nombre d'entre eux, affamés et
abandonnés. Les Japonais proclamèrent l'indépendance du Viêt Nam le 10 mars 1945, en maintenant l'autorité de l’empereur Bao Dai et en maintenant Pham Quynh à la tête du gouvernement, puis en le remplaçant quelques jours plus tard par Tran Trong Kim
Par ailleurs, pendant la Seconde Guerre mondiale, l'état-major allié
(américain) en Asie avait décidé en 1942 de séparer l'Indochine en deux
zones géographiques de combat, étant entendu que le Nord serait occupé
par les Chinois nationalistes de Tchang Kaï-Chek et le Sud par les Britanniques. Cette séparation, approuvée ensuite par l'URSS, fut entérinée par les accords de Potsdam.


Retour des forces françaises


Le 24 mars 1945, le Gouvernement provisoire de la République française déclara vouloir créer une Fédération indochinoise au sein de l'Union française. Il envoya dès le début de 1945 trois émissaires (Pierre Messmer, Jean Sainteny et Paul Mus) en Indochine, encore sous le contrôle de l'administration pétainiste. Largués en parachute par les Britanniques de Colombo, seul Paul Mus réussit à s'échapper au Yunnan, les deux autres étant faits prisonniers par les Japonais.
Août 1945 : le Japon capitule. La conférence de Potsdam
a confié en Indochine le désarmement japonais à la Chine pour la partie
Nord et à la Grande-Bretagne pour la partie Sud. La France doit agir
vite pour réaffirmer sa présence. Le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, nomme l'amiral Thierry d'Argenlieu, Haut Commissaire de France et commandant en chef et le général Leclerc,
commandant supérieur des troupes, avec pour mission de rétablir la
souveraineté française sur l'Indochine libérée mais en faisant « du
neuf », c'est-à-dire en construisant une Fédération indochinoise
autonome au sein de la nouvelle Union française.
Le 2 septembre 1945, à Hanoï, sur la place Ba Dinh, en une cérémonie au rituel confucéen avec tous les corps constitués, Hô Chi Minh lut la déclaration d'indépendance, dont le préambule est copié sur la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen[1]. L’empereur Bao Dai choisit de s'associer en tant que « conseiller spécial » du premier gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam,
assurant ainsi la continuité du pouvoir vietnamien et la légitimité de
ce gouvernement. Ce geste vaudra à Bao Dai d'être exilé à Hong Kong par
les autorités françaises, avant que ces mêmes autorités ne le ramènent
de cet exil, peu de temps après, pour lui confier, à Saïgon, la création de l'État du Viêt Nam « indépendant »...
Lors de la capitulation japonaise, il avait été prévu la séparation
de l'Indochine française en deux zones de désarmement des troupes
japonaises, par les Chinois nationalistes de Tchang Kaï-chek
au nord et par les Britanniques au sud, la division indienne du général
Gracey ayant débarqué à Saïgon en août 1945, avec un détachement
français.
La reconquête française commença vers la fin de l'été 1945, qui fut
marqué par une terrible famine. Traditionnellement, le riz du Sud
venait faire la soudure entre deux récoltes au Nord. Les destructions
et le pillage des Japonais d'une part, et la pénurie des moyens de
transport d'autre part, n'ont pas permis de faire venir le riz en
provenance du Sud en quantité suffisante.
Octobre 1945 : Leclerc et D'Argenlieu sont à Saïgon.
Quatre mois plus tard l'autorité française est rétablie au Cambodge, au Laos et dans la partie du Viêt Nam appelée "Cochinchine" du temps de l'ancien Empire colonial français.
Pour établir les bases de la Fédération indochinoise voulue par la
France, il reste principalement ce que les Français appelaient l'« Annam » et surtout le « Tonkin »,
où Hô Chi Minh a proclamé à Hanoï le 2 septembre la République
démocratique du Viêt Nam. L'amiral Thierry d'Argenlieu a pesé lui-même
chaque mot de la convention signée le 6 mars 1946, à sa demande, par Jean Sainteny avec Hô Chi Minh, en plein accord avec le général Leclerc (accords Hô-Sainteny).
Les troupes françaises débarquèrent au port de Haïphong et entrèrent dans Hanoï sous la conduite du général Leclerc
sans tirer un seul coup de feu, grâce aux négociations avec Hô Chi Minh
qui avait été préconisées par Leclerc, qui alla jusqu’à recommander à
la France d'utiliser le mot "indépendance" (Doc Lap).
Après le bombardement du port de Haiphong le 23 novembre 1946
par la Marine française, qui marque un revirement total de la politique
menée jusqu'alors par le gouvernement français vis-à-vis de la
République démocratique du Viêt Nam, il apparaît clairement qu'Hô Chi
Minh ne jouera plus l'option de la Fédération indochinoise. Le 19 décembre 1946,
l'insurrection de Hanoï marque le début de la guerre : le gouvernement
de la République démocratique du Viêt Nam déclenche des hostilités dans
tout le nord du Viêt Nam, et entre dans la clandestinité.
« Les forces françaises sur place en Indochine, en 1946, étaient
trop fortes pour que la France puisse résister à la tentation de s’en
servir ; et cependant, elles ne l’étaient pas suffisamment pour
empêcher le Viêt Minh
d’essayer de résoudre définitivement l’impasse politique en rejetant
les Français à la mer. Le déchaînement de la guerre d’Indochine remonte
probablement à cette seule estimation erronée des deux côtés. »


— (Thanh H. Vuong, Théorie des contextes et relations internationales, p. 580, 1986)



La guerre


La guérilla


Le 19 décembre 1946 marque le début de la guerre d'Indochine : après le bombardement du port de Haiphong le 23 novembre 1946
par la Marine française, le Viet Minh, dirigé par Hô Chi Minh
(président de la République démocratique du Viêt Nam, dont
l'indépendance a été proclamée à Hanoi
le 2 septembre 1945), décide de lancer une offensive ayant pour but la
libération de la ville de Hanoï. À 20 heures, une explosion dans la
centrale électrique de la ville annonce le début de l'insurrection. Des
ressortissants français sont massacrés et des maisons pillées. Ho Chi
Minh appelle tout le peuple vietnamien à se soulever contre la présence
française :
« […] Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a une épée se serve de son épée… Que chacun combatte le colonialisme. »
Hô Chi Minh chercha alors le soutien des États-Unis par un
télégramme à Harry S. Truman, mais celui-ci tournait le dos à la
politique de décolonisation de Roosevelt. L'Union soviétique ne disposait pas encore de l'arme nucléaire, et la Chine restait sous la férule de Tchang Kaï-chek.
L’Indochine française de 1946 s'est néanmoins ainsi très vite retrouvée
au sein des prémisses de ce qui allait devenir plus tard la guerre froide, et c’est dans ce cadre que les États-Unis ont été, d'une certaine façon, impliqués très tôt en Indochine.
Aguerrie dans la guerre du peuple, l’armée populaire vietnamienne
se fondait sur la mobilité des dispersions d’évitement et
concentrations de frappe pour compenser sa faiblesse matérielle.
C’était « le combat du tigre et de l’éléphant » annoncé par Hô Chi
Minh : le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant figé
qui, peu à peu, se viderait de son sang et mourrait d’épuisement.
Cette fluidité permettait à la jeune armée populaire l’initiative du
refus ou de l’acceptation des combats, de fixer ici et déplacer là les
troupes françaises qui n’occupaient que les villes, les axes routiers,
les voies d’eau et la ligne du chemin de fer trans-indochinois. Les
pertes françaises devenaient de plus en plus grandes dans les attaques
de convois de ravitaillement, de postes isolés et d’épuisantes
patrouilles à la recherche d’un ennemi qui apparaissait et
disparaissait comme des fantômes. Souvent, l’attaque d’un poste avait
pour but la sortie d’une colonne de secours à détruire.
L’armée populaire vietnamienne était à la base constituée des
troupes locales d’autodéfense des hameaux et villages. Ces troupes
locales étaient à la fois l’académie militaire et l’école de guerre,
dont les membres méritants rejoignaient les troupes régionales qui
opéraient dans des districts plus vastes. Une concentration de troupes
locales pouvait prêter main forte à un élément des troupes régionales,
qui pouvaient également se disperser en troupes locales.
Le tournant de 1949


En 1949, la France, voulant créer un contrepoids politique à la République démocratique du Viêt Nam proclamée à Hanoi en 1945 et au Viêt Minh, crée à Saïgon un État du Viêt Nam « indépendant » sous la direction de l'empereur Bao Dai ramené à cet effet de son exil de Hong Kong,
afin de tenter de transformer une guerre de reconquête coloniale en une
guerre civile. Cette mascarade n'a toutefois trompé personne, à
commencer par l’empereur Bao Dai lui-même qui, avec grandeur et
finesse, a signé les accords franco-vietnamiens avec son nom civique
« Vinh Thuy » n’engageant que lui-même en tant que citoyen, et non avec
son nom dynastique « Bao Dai » qui pouvait engager tout le pays dont il
était le souverain. Du point de vue strictement juridique, l’État du
Viêt Nam « indépendant » semble ne jamais avoir existé.
Lorsque le Parti communiste chinois de Mao Zedong prend le contrôle de la Chine continentale, le Kuomintang de Tchang Kaï-chek se réfugiant à Taïwan,
la Chine devient un allié de la République démocratique du Viêt Nam et
du Viêt Minh, et lui envoie du matériel militaire pour lutter contre
l'armée française. L’arrivée de Mao Zedong
à Pekin fournit une "base arrière" au Viêt Nam, jusqu’alors isolé sur
les plans diplomatique et militaire, et amplifie la menace communiste
ressentie par les États-Unis. La France concède théoriquement à l'État du Viêt Nam
une souveraineté en matière de diplomatie, et crée une “armée
nationale” sous commandement français et agissant comme force
supplétive des forces françaises d'Indochine.
Le conflit au Viêt Nam prend alors une telle ampleur, alors que la France accorde leur indépendance aux royaumes du Laos et du Cambodge, de la même façon qu'elle l'a accordé au Viêt Nam.
Avec l'experience acquise au combat, l'armée populaire vietnamienne a infligé une série de revers aux troupes françaises dans la haute région de Cao Bang et Lang Son (bataille de la RC 4).
Le projet initial de « reconquête coloniale » s'est épuisé dans un
interminable enlisement, a entraîné une grande lassitude dans l'armée
française d'Indochine et dans le gouvernement français, ainsi qu'une
opposition croissante de l'opinion publique française à une guerre dont
les enjeux étaient de moins en moins clairs, dès lors que le Viêt Nam,
le Laos et le Cambodge étaient, au moins en théorie, devenus
indépendants, et que la « reconquête coloniale » n'était donc plus à
l'ordre du jour.
La “bataille des Routes Coloniales” (cette dénomination, à une
époque où les pays formant l'Indochine n'étaient déjà plus des
"colonies", en dit d'ailleurs long sur l'état de confusion mentale de
certains au moment des faits...) a semé la panique dans l’état-major
français en Indochine et au sein du gouvernement français à Paris. Le
général de Lattre de Tassigny
est envoyé en Indochine pour redresser la situation mais doit
immédiatement faire face à des offensives vietminh. Il parvient à
vaincre trois fois ses ennemis, notamment à Vinh yen et Mao khé,
écartant définitivement toute menace sur Hanoï,
mais ne peut les anéantir. Ayant assuré la construction d'une ligne de
défense, De Lattre commença à chasser les vietminh du Delta du Fleuve Rouge
et décida de lancer une contre-offensive qu'il pensait pouvoir être
décisive, mais malade, il dut repartir pour la France. Sous l'égide de
son successeur Raoul Salan,
cette offensive, concluante au début, s'épuisa d'elle-même et dut être
arrêtée sans résultat décisif. De plus, au même moment, de Lattre en
France, qui devait défendre son projet d'envoyer des renforts en
Extrême-Orient, vit sa santé se dégrader et mourut en janvier 1952.
Avec la guerre de Corée
qui a focalisé l’anti-communisme vers l’Extrême-Orient, la France tente
alors de transformer une guerre de reconquête coloniale dont elle a
elle-même reconnu l'échec en proclamant l'indépendance du Viêt Nam, du
Laos et du Cambodge, en croisade anticommuniste, cette fois-ci pour la
“Défense de l’Occident sur le Rhin et le Mékong”.
Dès lors, la France fait en Indochine une guerre avec les dollars
américains et le sang des troupes françaises et coloniales. Le
Président Harry Truman a signé avec l'État du Viêt Nam
des accords d’aide militaire, que la France s'est chargée de mettre en
œuvre. Ainsi, les États-Unis, pourtant profondément anti-colonialistes
mais agissant maintenant dans le cadre de la guerre froide, ont mis le
doigt dans un engrenage qui s'avèrera fatal, et ont en particulier
continué cette aide militaire après le départ des Français de
l’Indochine en 1955. Avec l’afflux de matériels militaires des deux
côtés, les combats se sont évidemment intensifiés.
Avec l'argent et le matériel américains et le sang des légionnaires
et des troupes d'Afrique, la France continuait à mener une guerre
s'inscrivant maintenant dans le cadre de la guerre froide, dans une
suite de "scandales" et d'"affaires", comme l'"affaire des piastres".
« En revanche, l’économie française tirait profit indirectement de
la guerre. Grâce aux apports en devises américaines, non seulement elle
n’était plus obérée par les charges militaires, mais encore elle
pouvait poursuivre son effort d’investissement et ses achats à
l’étranger. La plus grande partie des dollars donnés pour l’Indochine
était affectée à l’équilibre des comptes. C’est ce qui faisait dire à
un expert qu’on “avait transformé l’armée en une industrie
d’expansion”. C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement
français s’opposait fermement à ce que l’aide financière américaine fût
versée directement aux États associés, comme les Américains le
souhaitaient…” (Yves Gras, “Histoire de la guerre d’Indochine »


— p. 489, Plon, Paris, 1979)
En 1952,
l’armée populaire vietnamienne lançait des attaques contre les fortins
de la “Ligne de Lattre” derrière laquelle s'étaient retranchées les
troupes françaises. Tout en continuant les coups de main et les
embuscades, l’armée populaire s'est retirée pour se préparer à des
opérations sur une plus grande échelle. Le général Dwight Eisenhower devint président des États-Unis en 1953 ; il fut le premier à avancer la « théorie des dominos », et continua à soutenir la défense de l'Indochine contre le communisme.
De son coté, la menace sur les centres importants étant écartée, le
général Salan entreprit de prendre l'initiative. Il lança une série
d'offensives, et ne connut guère de défaites tactiques, mais le CEF
devait systématiquement se replier faute de moyens et d'avoir pu porter
un coup décisif.
Le général Navarre rapportait au gouvernement français qu’il n’y
avait pas de possibilité d’une victoire militaire étant donnée la
faiblesse des moyens du CEF, mais promit une grande offensive avec
l’opération “Castor”, qui consistait à occuper l’ancienne piste
d’aviation japonaise de Dien Bien Phu pour verrouiller le passage au
Laos de l’armée populaire, opération militaire qui avait pour but
politique de permettre à la France de négocier à Genève la fin de la
guerre en position de force. En dépit de l'héroïsme dont fit preuve le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (et l’Armée nationale vietnamienne), la bataille de Dien Bien Phu fut perdue en 57 jours. Le nouveau gouvernement, dirigé par Mendès France promit alors de conclure les accords de Genève au plus tard au mois de Juillet 1954, ce qui advint le 22 juillet 1954.

La guerre vue de la métropole française [modifier]



  • Manifestations et blocage de trains de munitions en partance pour
    l'Indochine par des communistes, sabotage de munitions et propagande
    pacifiste.
  • Affaire des Généraux (rapport Revers) de 1949-1950
  • "La sale guerre"
  • Affaire Henri Martin (Sartre) de 1950-1953



Le manque d'enthousiasme pour cette guerre était évident. L'opinion
publique acceptait mal son coût en argent et en hommes pour une terre
aussi lointaine au moment ou le rationnement était encore de rigueur
(du moins avant 1949) en métropole.
Ceci eut des conséquences importantes:
- la population ne se mobilisa pas pour la guerre ;- les volontaires étaient relativement peu nombreux ;- l'état-major et le gouvernement ne purent jamais engager le contingent comme ils le firent plus tard en Algérie.
Ceci fut un facteur décisif dans la décision de l'état-major de
créer une armée vietnamienne et celle du gouvernement d'entamer des
négociations.
La sortie de guerre


Les accords de Genève
reconnaissent l'indépendance du Laos, du Cambodge et le partage
temporaire du Viêt Nam en deux zones de regroupement militaire (l'Armée populaire vietnamienne au Nord du 17e
parallèle, et le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient au
Sud de cette zone de démarcation militaire), pour une évacuation totale
et complète de toute l'Indochine en 1955. La souveraineté de la République démocratique du Viêt Nam était reconnue par ces accords au nord du 17e parallèle, celle de l'État du Viêt Nam
au sud de ce parallèle, et la réunification entre les deux zones était
envisagée pour 1956, après référendum. Une Commission Internationale de
Contrôle (CIC) avait été créée pour surveiller l'application des
accords d'armistice. La CIC (Commission internationale de contrôle)
était constituée par le Canada, la Pologne et l'Inde.
Les accords de Genève prévoyaient des élections en 1956,
afin de former un gouvernement unifié pour tout le Viêt Nam. Toutefois,
en parallèle de la conférence de Genève en juin 1954, l’empereur Bao
Dai, chef de l'État du Viêt Nam a rappelé des États-Unis Ngô Dinh Diêm
pour en faire son Premier ministre. À la suite des accords de Genève,
dont l'État du Viêt Nam et les États-Unis n'avaient pas signé la
déclaration finale, et ainsi libéré des obligations de respecter ces
accords, Ngô Dinh Diêm
organisa avec l'aval des États-Unis un référendum manifestement truqué,
avec plus de voix favorables que d’électeurs, et créa la République du Viêt Nam le 26 octobre 1955, avec lui comme chef d’État. C'est contre cette dictature du régime de Diêm que s'est formé le Front national pour la libération du Viêt Nam
en 1956. Des éléments du Viêt Minh résidents au Sud ont alors repris le
combat contre ce gouvernement, menant alors à la deuxième guerre
d'Indochine de réunification, plus communément appelée guerre du Viêt Nam.
Crimes de guerre et camps de rééducation



  • assaut des convois d'évacuations sanitaires.
  • affaire Georges Boudarel
  • Le sort des prisonniers dans les camps de rééducation a longtemps été occulté.
  • L'Association Nationale des Anciens Prisonniers Internés et Déportés d'Indochine (ANAPI) développe d'une manière très complète sur son site le calvaire de ces prisonniers dans les camps d'Indochine

Opération "Passage to Freedom" (août 1954-mai 1955)


L’opération Passage to Freedom est une opération de transport entre 1954 et 1955 par l'United States Navy. Plus de 310 000 civils vietnamiens, soldats et membres les non-vietnamiens de l'armée française ont été transportés de la République démocratique du Viêt Nam (communiste) à la République du Viêt Nam (démocratique). Plus de 500 000 autres personnes ont été transportées par l'armée française, notamment l'Armée de l'air.
Ce transfert faisait suite à la défaite française lors de la bataille de Điện Biên Phủ et aux Accords de Genève décidant le sort de l'Indochine française, après les huit années de la guerre d'Indochine. Les accords ont abouti à la partition du Viêt Nam au 17e parallèle nord avec une période de 300 jours se terminant le 18 mai 1955,
pendant laquelle les personnes pouvaient circuler librement entre les
deux zones avant que la frontière soit fermée. La partition était
destinée à être temporaire, en attendant les élections en 1956
pour réunifier le pays sous un gouvernement national. Plus notable que
l'émigration du Sud, l'émigration fut massive chez les habitants du
Nord.
L'opération a été accompagnée par des aides humanitaires,
principalement financées par le gouvernement des États-Unis pour un
résultat particulièrement utile en termes de relations publiques car la
migration des Vietnamiens était intéressante pour la perception de
l'oppression du communisme.

Forces françaises en Indochine

Le CEFEO (Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient) a été constitué d'unités provenant de l'ensemble de l'Union française, aidé par les forces des états associés d'Indochine. Il passa de 80 000 hommes plus 35 000 Indochinois entre 1946 et 1949 à 235 000 hommes plus 260 000 indochinois en 1954 (environ 30 000 Africains du Nord servirent dans ce conflit)
Commandants en chef de la CEFEO
général Philippe Leclercaoût 1945 - 19 juillet 1946
général Jean-Étienne Valluy19 juillet 1946 - février 1948
général Raoul Salan10 février 1948 - avril 1948 (intérim)
général Blaizotavril 1948 - septembre 1949
général Marcel-Maurice Carpentierseptembre 1949 - décembre 1950
général Jean de Lattre de Tassignydécembre 1950 - janvier 1952
général Raoul Salan9 avril 1952 - 28 mai 1953
général Henri Navarremai 1953 - juin 1954
général Paul Elyjuin 1954 -
Perte du corps expéditionnaire français
Total (officiers)TuésBlessésDisparus
Corps expéditionnaire40 000 (1 600)70 0009 000 (314)
dont Légion étrangère10 068 (340)
1 000
Effectifs du corps expéditionnaire français 1946-1949
OrigineeffectifsPourcentage
Métropolitains43 70038%
Nord-Africains13 80012%
Africains8 0507%
Indochinois35 65031%
Légionnaires13 80012%
TOTAL115 000100%

Effectifs du corps expéditionnaire français 1954
OrigineeffectifsPourcentage
Métropolitains, Africains217 01192,1%
Légionnaires13 8005,8%
TOTAL235 721100%
États associés (Viêt Nam, Cambodge, Laos)261 729


La nécropole des guerres en Indochine se trouve à Fréjus; environ 34 000 noms y sont inscrits.


Références bibliographiques



  • Amiral Thierry d'Argenlieu "Chronique d'Indochine" (1985 Albin Michel)
  • Bernard B. Fall.
  • The Vietminh Regime (1954), Le Vietminh (1960, traduction française, Colin)
  • The Two Vietnams (1963), Les deux Viêt Nam (1962, traduction française, Payot)
  • Indochine 1946-1962 (1962, Laffont)
  • Viêt Nam Witness, 1953-66 (1966)
  • "Les Soldats Blancs d'Hô Chî Minh" de Jacques Doyon, 1973 chez Fayard
  • Hell in a Very Small Place: The Siege of Dien Bien Phu (1966), Dien Bien Phu, un coin d’enfer (1968, traduction française posthume, Laffont)
  • Anatomy of a Crisis: The Laotian Crisis of 1960-1961 (publié 1969)
  • Albane Berg, Parti pour l'enfer, 1956
  • Lucien Bodard, L'Enlisement La guerre d'Indochine I, Gallimard, 1963
  • Lucien Bodard, L'Illusion La guerre d'Indochine II, Gallimard, 1965
  • Lucien Bodard, L'Humiliation La guerre d'Indochine III, Gallimard, 1965
  • Lucien Bodard, L'Aventure La guerre d'Indochine IV, Gallimard, 1967
  • Lucien Bodard, L'Épuisement La guerre d'Indochine V, Gallimard, 1967
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la Guerre d'Indochine 1945-1954, Paris, Economica, Hautes Études Militaires, ISC, 2004.
  • Michel Bodin, Les Combattants français face à la Guerre d'Indochine, Paris, L'Harmattan, 1998.
  • Michel Bodin, Les Africains dans la guerre d'Indochine 1947-1954, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • Michel Bodin, La France et ses soldats, Indochine 1945-1954, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • Michel Bodin, Soldats d'Indochine, Paris, L'Harmattan, 1996.
  • Robert Bonnafous, Les Prisonniers de guerre du Corps expéditionnaire français dans les camps du Viêt Minh, 1945-1954, 1991, CNRS-ESID
  • Jean Lacouture, Hô Chi Minh, Seuil, col. Politique, Paris, 1967
  • Paul Mus, Viêt Nam. Sociologie d’une guerre, Seuil, Paris, 1952.
  • Jules Roy, La Bataille de Dien Bien Phu: Julliard, 1963 ; Albin Michel, 1989.
  • Thanh H. Vuong, Théorie des contextes et relations internationales: départ de la première Guerre d’Indochine, dans Études Internationales, Vol. XVII, No. 3, pp, 571-597, septembre 1986
  • Thanh H. Vuong, colonisations du Viêt Nam et colonialisme vietnamien, dans Études Internationales, Vol. XVIII, No. 3 pp. 546-571, septembre 1987.
  • Général Yves Gras, Histoire de la guerre d'Indochine, Plon, 1979.
  • Jacques Valette, La guerre d'Indochine, 1945-1954, Armand Colin, 1994.
  • Aldo Bragagnolo, Transports de troupes vers l'Indochine, 1999.
  • Alain Gandy, La légion en Indochine 1885-1955, Presses de la cité, 1988.
  • Erwan Bergot, Indochine 1951, l'année de Lattre, Presses de la cité, 1987.
  • Erwan Bergot, Indochine 52-53, Presses de la cité, 1990.
  • René Bail et Jean Pierre Bernier, Indochine 1945-1954, 4°partie: Le tournant, éditions Heimdal, 1989.
  • René Bail et Jean Pierre Bernier, Indochine 1945-1954, 3°partie: La guerre, éditions Heimdal, 1988.
  • René Bail et Jean Pierre Bernier, Indochine 1945-1954, 2°partie: Haiphong-Hanoi..., éditions Heimdal, 1988.
  • René Bail et Jean Pierre Bernier, Indochine 1945-1954, 1°partie: La reconquête, éditions Heimdal.
  • Christophe Dutrone, Indochine 1945-1946 le rendez-vous raté, Batailles hors série n°1, Histoire & Collections, 2004.
  • Christophe Dutrone, Indochine 1947 la guerre coloniale, Batailles hors série n°7, Histoire & Collections, 2005.
  • Les troupes aéroportées françaises en Indochine 1945-1956, Gazette des uniformes hors série n°17, 2004.
  • Alain Crosnier et Jean Michel Guhl, L'armée de l'air en Indochine, volume 1: Transport et bombardement 1945-1954, Sup Air, 1981.
  • Vital Ferry, Les ailes du dragons tome 1: dix ans d'aviation civile en Indochine (1946-1955), Le trait d'union n°162, 1995.
  • Hommes de guerre n°14 spécial Indochine, Histoire & collections, 1988.
  • Revue historique des armées n°177, guerre d'Indochine, SHAT, 1989.
  • Alain Crosnier et Jean Pierre Dubois, Douglas SBD-5 Dauntless et Curtiss SB2C-5 Helldiver, DTU, 1998.
  • Bernard Chenel, Les chasseurs Grumman de l'armée de l'air, Avions hors série n°6, éditions Lela Presse, 1997.
  • Jean Claude Soumille, L'aviation militaire française en Indochine 1946-1954, tomes 1 et 2, Association Airdoc, 1994-1996.
  • Bigeard, Ma guerre d'Indochine, Hachette, 1994.
  • Eric Roussel "Pierre Mendès France", Gallimard, 2007
  • Paul Bonnecarrere "Par le Sang Versé", éditions Fayard, 2000
  • P.A.J. Meulendijks, Verschuivende beelden van de Dien Bien
    Phoe-crisis van 1954 (Des images changeantes de la crise de Dien Bien
    Phu de 1954), Nimègue 2000, (thèse de doctorat)
  • P.A.J. Meulendijks, Shifting Images of the Dien Bien Phu crisis of
    1954, The Newsletter of the Society for Historians of American Foreign
    Relations (2001)








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Message par Admin le Sam 21 Nov - 9:41




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Message par Admin le Sam 21 Nov - 10:07






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Message par Invité le Sam 21 Nov - 10:12

Merci

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Message par Invité le Dim 6 Déc - 11:35


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